Gauteron, Théodore

Biographie


Né à Saou (Drôme). Ancien contrôleur faisant fonction de receveur principal des droits réunis à Barcelone en Catalogne de 1812 jusqu’en 1814. La chronique de l’époque rapportait les faits suivants sur sa participation aux combats : « M. Théodore Gauteron, Dauphinois, ancien receveur principal des contributions indirectes, renvoyé sans traitement en 1815, pour cause d’opinion, a été vu sur la place du Palais-Royal, où, malgré le feu des gardes royaux et des Suisses, il portait pendant plus de deux heures, un drapeau tricolore et un noir. Ce brave était aussi à la prise des Tuileries et à celle du Louvre, où il est entré un des premiers ; il était encore rue Croix-des-Petits-Champs quand le général Walsh commanda au cinquième de faire feu, ainsi qu’au passage du Saumon. L’arme qu’il avait, il se l’était procurée en l’arrachant à un Suisse. » Le 12 septembre 1830, dans une lettre adressée à la Commission des récompenses nationales, il donnait les indications biographiques suivantes : « […] Si on se reporte à mes antécédents, on verra que, adjoint à la mairie de Saou (Drôme), avec quelques hommes de mon endroit, je marchai contre l’armée royale du Midi aux ordres du duc d’Angoulême, que j’étais à l’affaire de Montélimar le 28 mars 1815 et à celle du pont de la Drôme le 2 avril suivant, où je fus blessé à la partie droite de la tête, qu’à cette époque, je fus nommé par le peuple maire de ma commune et par l’Empereur capitaine des gardes nationales mobilisées sur Chambéry et qu’enfin mon père fut maire de la commune pendant les quinze premières années de la révolution, dont il fut un des chauds partisans […]. » Il combattit pendant les journées de Juillet mais ne réussit pas à faire valoir ses droits auprès de la Commission des récompenses nationales. Se plaignant de ce qu’il appelait une erreur ou même une injustice, il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] Ve arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la récompense honorifique. Il était alors employé à la comptabilité des hôpitaux. Il affirmait avoir reçu de vagues promesses de Crampel (voir Crampel, Louis, André), secrétaire à la Commission, « pour empêcher mes réclamations, M. Crampel, secrétaire je crois, m’a dit que je pouvais être tranquille à l’égard de ma demande, que la Commission m’avait accordé quelque chose, qui ne manquerait pas de me satisfaire mais que dans sa position il ne pouvait m’en dire davantage ». Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions et attestons pour rendre hommage à la vérité, que les 27, 28 et 29 juillet de la grande semaine, nous avons vu M. Théodore Gautheron Dauphinois, ancien contrôleur faisant fonction de receveur principal des contributions indirectes, renvoyé sans traitement en 1815 pour cause d’opinion, sous le feu de la garde royale et des Suisses, tenir pendant plus de deux heures un drapeau tricolore et un noir sur la place du Palais-Royal, exciter les citoyens à avancer, que nous l’avons vu, un des premiers, à la prise du Louvre et des Tuileries, qu’à l’Hôtel de ville il a déployé autant de sang-froid et de courage qu’on aurait pu en exiger d’ancien militaire accompli. Tout se réunit pour déclarer encore qu’il semblait mépriser la vie quand il ne l’avait pas exposée sur une chance contre mille ; qu’enfin la conduite de M. Gautheron (sic) dans cette circonstance est un sujet d’éloges et d’estime générale. […] Le fusil que portait M. Gautheron, il l’avait arraché à un Suisse, passage du Saumon. » Signé, le 2 août 1830 : Durand, H., étudiant en droit, demeurant 4, rue Contrescarpe-Dauphine, garde national à la 1re compagnie de la XIe légion ; Rodier de Mont-Louis, Charles, ex-sergent-major du 20e de ligne, demeurant 9, rue de la Bibliothèque, hôtel du Maine, voir Rodier de Mont-Louis en activité au 66e régiment d’infanterie de ligne, demeurant 11, rue Monsieur-le-Prince (sic). Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussigné, adjoint à la mairie de Saou, en l’absence du maire, voulant rendre hommage à la vérité, certifions et attestons que le sieur Gauteron, Théodore, natif de cette commune, ancien employé dans les droits réunis en Espagne (n’ayant pas été employé depuis sa rentrée en France), ex-adjoint de cette commune, a toujours jouit de l’estime publique, bienfaisant, humain et honnête homme et qu’il a toujours professé les principes d’un libéralisme pur et éclairé et qu’il n’a jamais cessé de manifester le désir le plus ardent de voir triompher la cause de nos libertés, qu’il appartient à une honnête famille, connue pour ses sacrifices à la cause libérale et au bien public. » Signé, le 20 septembre 1830 : Alvier, adjoint. Il demeurait 68, rue Dauphine en 1830 ; 7, rue Pierre-Lescaut en septembre 1830 ; à la comptabilité de l’hôpital Saint-Louis en 1831. Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, p. 304 ; Archives de la préfecture de police AA 388.

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