Gauthier, Charles, Baptiste

Biographie


Ouvrier. Les journaux évoquèrent, nombreux, sa conduite en juillet, ainsi rapportée : « Le maire du septième arrondissement a fait connaître les traits suivants au Courrier français : Le citoyen Charles Gauthier, apprenti ouvrier, demeurant rue Sainte-Avoie, n° 58, s’est battu aux Tuileries avec le plus grand courage. Vainqueur, il est parvenu un des premiers dans les appartements. Il a trouvé sous des fauteuils, des bijoux, des bracelets d’une grande valeur, et s’est empressé de les remettre aussitôt à la mairie du VIIe arrondissement. Une aussi belle action ne veut aucun commentaire. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Le montant des bijoux était, selon la Commission, d’une valeur d’environ cinq mille francs. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement (sous le seul nom de Gauthier sur les listes du Bulletin des lois, sur celles du Moniteur universel et sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39). Il signa, le 15 décembre 1830, le certificat suivant en faveur de Castin, Charles, Nicolas : « Nous, soussignés, ayant fait partie des hommes qui se sont battus dans les rue de Paris les 27, 28 et 29 juillet 1830 et d’un détachement de la VIIe légion de la garde nationale qui s’est transporté avec la colonne à Rambouillet, certifions que ledit détachement était commandé par M. Castin, sous-lieutenant, et que dès le 28 juillet il avait pris son uniforme, avec lequel il s’est transporté partout où il a jugé que sa présence pouvait être nécessaire. M. Jean-Baptiste Grosjean (voir Grosjean, Jean-Baptiste), cocher de cabriolet, certifie de plus que l’ayant toujours accompagné pendant les mémorables journées de Juillet et blessé d’une balle au genou le 28 à l’instant où M. Castin l’emmenait avec d’autres personnes pour chercher des armes et des munitions qu’il avait à sa campagne, il y conduisit également, où il resta plusieurs jours, retenu par sa blessure, que là il a vu arriver, chaque nuit, M. Castin, à travers les dangers, pour rassurer sa famille et prendre de nouvelles munitions, que ses dames, aidées de deux neveux encore très jeunes, préparaient pendant son absence, au moyen de plomb que M. Castin avait arraché du toit de la maison et pour aller plus vite on le coulait dans un moule qui se trouvait à la maison, ainsi que dans une planche rainée, qu’ensuite ces dames coupaient par petits morceaux carrés, qui pouvaient servir pour pistolets et fusils. Le 29 juillet, accompagné du sieur Jacquot, son jardinier, il fut attaqué par un détachement de gendarmerie et, se trouvant à la tête d’un groupe d’hommes, il les repoussa et s’empara d’un poste qu’ils avaient encore conservé à la barrière de Clichy. En foi de quoi, nous lui avons signé le présent certificat, pour rendre justice à la vérité et lui servir à toute occasion, comme de rendre justice à son dévouement et son patriotisme. » Il signa le certificat suivant en faveur de Grosjean, Jean-Baptiste : « Nous, soussignés, certifions que le sieur Jean-Baptiste Grosjean, cocher de cabriolet, ne nous a pas quitté pendant les journées mémorables des 27, 28 et 29 juillet 1830 et qu’étant du nombre de ceux qui se rendaient avec M. Castin, officier, à sa campagne de Colombes pour prendre des munitions qu’il y faisait préparer il a été blessé d’une balle au genou en face la petite caserne de Chaillot dans les Champs-Elysées, le 28 juillet, que M. Gauthier était également du même détachement qui se rendait à Colombes et que malgré sa blessure il s’est rendu à la campagne de M. Castin mais qu’ayant été obligé d’y rester pour y être pansé par ces dames. Il n’a cessé de s’y occuper avec les personnes de la maison à y préparer des balles et cartouches. Au moment qu’il fut blessé, il était armé d’un sabre et d’une paire de pistolets, que M. Castin lui avait donnés avant de quitter la rue du Temple. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom de Gauthier, Charles, Baptiste) auprès de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il s’enrôla volontaire, le 21 mars 1831, à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, puis fut nommé, le 1er avril 1831, sergent sur proposition de la Commission des récompenses nationales et affecté au 3e régiment de ligne ; il fut fait sergent-fourrier le 12 décembre 1838, sergent-fourrier de carabinier le 10 juin 1839, sergent-major le 29 juillet 1839, remis sergent sur sa demande le 10 mars 1843, remis sergent-major le 10 novembre 1843. Il s’était réengagé le 15 mars 1838 à Lyon, pour deux ans, le 20 mars 1840 à Avignon pour deux ans, le 15 mars 1842 à Bône pour deux ans, le 20 mars 1844 à Avignon pour deux ans, le 20 mars 1846 à Oran pour deux ans, le 20 mars 1848 à Nîmes pour deux ans. Il avait la campagne d’Afrique du 11 mai 1841 au 14 novembre 1843 et du 8 avril 1845 au 22 septembre 1847. Il sollicita, le 17 avril 1848, devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février pour obtenir le grade de sous-lieutenant, faisant valoir sa conduite, son aptitude et son ancienneté, terminant ainsi sa lettre : « […] Si nous avons été trompé par un gouvernement déchu, je n’en ai pas moins combattu pour la liberté, l’indépendance et la gloire du pays […]. » Sa demande fut rejetée par la Commission. Il demeurait 58, rue Sainte-Avoye (mais 58, rue Sainte-Anne in Archives nationales F/1dIII/33 ; bien 58, rue Sainte-Avoye in Archives de la préfecture de police AA 376 in dossier Castin, Charles, Nicolas et in AA 391 in dossier Grosjean, Jean-Baptiste) en 1830-1831 ; à Rodez (Aveyron) en 1848. La Tribune des départements, 2 août 1830 ; Le Courrier français, 3 août 1830 ; Le National, 4 août 1830 ; Le Constitutionnel, 7 août 1830 ; Evénements de Paris des 26, 27, 28 et 29 juillet 1830, par plusieurs témoins oculaires, cinquième édition, Paris, Audot libraire, 1830, p. 122-123 ; Evénements de Paris des 26, 27, 28 et 29 juillet 1830, par plusieurs témoins oculaires, Paris, imprimerie et fonderie de Fain, 1830, p. 79 ; Révolution mémorable des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, Cousin d’Avalon, Paris, Stahl, imprimeur-libraire, quai des Augustins, n° 9, p. 71 ; Histoire de la mémorable semaine de juillet 1830, avec les principaux traits de courage, de patriotisme et dhumanité qui ont brillé au milieu de ces grands événements, et un appendice de ce qui sest passé jusquà la proclamation de Louis-Philippe Ier, par Ch. Laumier, seconde édition, Paris, Blanchard, 1830, p. 140-141 ; Histoire de la révolution des quatre-vingt-seize heures, de ses causes et de ses effets, Auguste Imbert, 2e édition, Paris, Guyonnet éditeur, 1830, p. 199 ; Souvenir glorieux du Parisien, précis historique des journées des 26, 27, 28, 29, 30 et 31 juillet 1830, par P. G. Prosper L***, nouvelle édition revue et augmentée, Paris, chez l’auteur, place Saint-André-des-Arts, n° 26 et chez les principaux libraires, p. 106 ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, Nom des personnes qui se sont distinguées dans les mémorables journées p. 289 (sous le nom de Gautier), 373 ; Histoire de la révolution des 27, 28 et 29 juillet 1830, Fayot, tome premier, Paris, Hocquart jeune éditeur, 1830, p. 134 ; La Révolution de 1830, ou Histoire des événements qui ont eu lieu dans Paris, les 27, 28, 29 et 30 juillet, par un témoin oculaire, Paris, Philippe, libraire, 1830, p. 57 ; Les Barricades immortelles du peuple de Paris, relation historique, militaire, anecdotique des journées des 26, 27, 28 et 29 juillet 1830 et du voyage de Charles X jusquà son embarquement, par P. C., Paris, Leroi, 1830, p. 339-340 ; La Liberté reconquise ou histoire complète et détaillée de la révolution de Paris en juillet 1830, J.-B. Ambs, troisième édition revue et corrigée, Paris, Terry jeune, libraire, Palais-Royal, galerie de Valois, n° 185, 1830, p. 120 ; La Quinzaine mémorable. Evénements arrivés à Paris du 26 juillet au 9 août 1830, avec la nouvelle charte constitutionnelle adoptée le 7 août ; ouvrage dans lequel on trouvera de nombreux faits avérés mais peu connus, Simon Blocquel, Paris, Delarue, s.d, p. 65 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1 couverture du dossier de Réal ; Archives nationales F/1dIII/33, Commission des récompenses nationales, liste générale de présentation et de nomination de sous-officiers ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) VIIe arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 376 in dossier Castin, Charles, Nicolas ; Archives de la préfecture de police AA 388 ; Archives de la préfecture de police AA 391 in dossier Grosjean, Jean-Baptiste.

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