Gauthier, Victor, Joseph

Biographie


Ouvrier mécanicien. Sa veuve, Dionot, Elise, née le 20 novembre 1805 à Poligny (Jura), couturière, déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur la participation de son mari à la révolution de Juillet. Gauthier y était en effet présenté comme un « combattant de juillet 1830, de juin 1832 et de février 1848 » Elle joignait à sa demande la lettre de recommandation suivante : « Nous, soussignés, habitants du quartier du Luxembourg (ancien) XIe arrondissement municipal, déclarons avoir connu particulièrement le très honorable citoyen Victor Gauthier, mécanicien, âgé de trente-cinq ans, domicilié à Paris, rue de l’Ouest n° 11, y décédé le 16 juin dernier et qui laisse dans une situation très précaire une veuve et deux enfants, que nous recommandons à la bienveillance paternelle de la Commission de secours. L’excellent patriote, l’homme de bien, à la mémoire duquel nous rendons hommage, fut le premier de son quartier, qui, le 24 février, organisa l’ordre dans la résistance, à la tête d’hommes probes et dévoués pour la sainte cause de la république. Il fit protéger les personnes et les propriétés, la création d’un poste local lui fut dû et dès ce moment la sécurité du voisinage ne fut jamais troublée. Ceci fait, et tranquille sur les siens, il se mit le même jour en permanence et pendant cinq jours il ne quitta les armes et ne prit de repos que quand la république n’eut plus rien à craindre. C’est pendant ces cinq jours qu’il fut institué chef au poste important et périlleux de la préfecture et que de là il fut dirigé toujours avec ses hommes pour protéger l’ordre que l’on menaçait à l’hôtel des Invalides. Honnête, intrépide, dévoué et désintéressé, tel fut l’homme que nous regrettons. La république ne peut être ingrate envers sa veuve et nous la recommandons, ainsi que ses enfants, à son généreux appui. » Signé, le 1er septembre 1848 : Aubrun, forgeron, demeurant 358, rue Saint-Jacques ; Bontemps, demeurant 6, bd d’Enfer, Rousselau, demeurant 87, rue Notre-Dame-des-Champs ; Lefèvre, Félix, demeurant 6 bis, bd d’Enfer ; Robert, demeurant 33, rue des Jardins-Saint-Paul ; Grandval ; Chaillou, demeurant rue des Cor... ; Maury, demeurant boulevard... ; Pettex illisible, demeurant rue Notre-Dame-des-Champs. Dastigny (de Caen), recommandait la veuve et les enfants de son « pauvre ami, le républicain le plus désintéressé et le plus dévoué » qu’il eût jamais connu. Un certificat, à en-tête du Club des blessés des barricades Saint-Merri, 5 et 6 juin 1832, était ainsi établi : « Les soussignés certifient que le citoyen Gautier, Victor (sic) a été blessé au genou en combattant pour la cause républicaine aux barricades Saint-Merri le 6 juin 1832. » Délivré à la veuve, le 2 septembre 1848 : Philippe, président, demeurant 51, rue Saint-Antoine ; Bridard, membre de la Commission ; Coliquet illisible ; Migeau illisible ; Labbé illisible, demeurant 1, rue Pavée-Saint-Sauveur ; Collinet (voir Collinet, Germain, Benoist), vice-président. Gauthier laissait deux filles, âgées de neuf et deux ans en 1848. La Commission recommanda la veuve pour l’obtention d’un bureau du timbre et une pension de trois cents francs et sa fille âgée de neuf ans pour être admise dans une pension de l’Etat. Gauthier demeurait 11, rue de l’Ouest en 1848. Archives de la préfecture de police AA 388.

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