Gautier, Etienne, Guillaume
Biographie
Né le 31 décembre 1783 (dans son acte de naissance, dans ses états de service in Archives de Paris VK3 45 et dans son dossier à la Légion d’honneur ; le 1er janvier 1784 in Archives de Paris VK3 37 sur le registre de la mairie et parfois le 1er mai 1784) à Uzerche (Corrèze), fils naturel et légitime (??) de Gautier, Joseph, docteur en médecine et de Grevel, Marianne. Gautier, Joseph avait été député au Conseil des Anciens et au Corps législatif de l’an VIII à 1806, nommé sous-préfet de Brive le 8 juillet 1807 et remplacé à la Restauration. Entré au service au 18e régiment de ligne, chirurgien sous-aide le 24 ventôse an XII, chirurgien sous-aide à l’hôpital militaire de la Garde le 1er mai 1806, chirurgien major de 2e classe aux grenadiers à cheval de la garde impériale le 5 avril 1809, fait chevalier de la Légion d’honneur le 27 février 1814, il fit les campagnes des ans XIV, 1806 dans la grande armée, 1807 en Pologne, 1808 en Espagne, 1809 en Allemagne, 1812 en Russie, 1813 en Saxe, 1814 en France, il fut blessé d’un coup de feu et d’une poutre à la poitrine, en pansant des chasseurs à cheval à la révolte de Madrid, le 2 mai 1808 et au passage de la Bérésina. En 1817, il était adjoint au maire de Vaugirard. En juillet 1830, il était adjoint au maire de la commune de Vaugirard. On trouve aussi dans son dossier la lettre suivante adressée au grand chancelier de la Légion d’honneur : « Je, soussigné, certifie que M. Gautier, actuellement adjoint à la mairie de Vaugirard, est entré aux grenadiers à cheval de la vieille garde en 1806, en qualité de chirurgien, qu’il a fait avec ce corps toutes les campagnes jusqu’en 1815, avec le rang de chirurgien-major. Son zèle et son courage lui avaient mérité l’estime de ses chefs au point de le désigner pour l’obtention du titre d’officier de la Légion d’honneur. Mais les événements survenus à la suite de la bataille de Waterloo l’ont privé de cette faveur. La bataille mémorable des 27, 28 et 29 juillet dernier a encore fourni à M. Gautier l’occasion de prouver son patriotisme à la patrie, par l’empressement qu’il a montré à recueillir dans sa commune les militaires de toutes armes et de tous grades qui ont mis bas les armes. Le nombre a été de quatre mille au moins, qui y ont été nourris et traités pendant plusieurs jours par ses soins. Son seul désir, pour récompenser ses divers services serait d’être promu au grade d’officier de la Légion d’honneur. » Signé, le 9 août 1830 : Guyot, lieutenant-général, commandant la 10e division militaire. Gautier était porteur de plusieurs certificats. Le premier était ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que pendant tout le temps que j’ai été chargé du commandement du camp provisoire de Vaugirard, je n’ai eu qu’à me louer du zèle infatigable et du dévouement de M. Gautier, adjoint au maire de la commune de Vaugirard. Ce magistrat ne s’est point borné à me seconder de tous ses efforts dans les besoins du service, mais il a encore fourni à ses frais des vivres pour la nourriture des militaires qui arrivaient au camp. Je suis heureux de trouver l’occasion de lui témoigner ma reconnaissance pour le généreux désintéressement qu’il a montré dans cette circonstance. » Signé, le 13 août 1830 : Pouzolz, Antoine, Prosper, élève de l’Ecole polytechnique. Le deuxième était ainsi rédigé : « Je, soussigné, commandant des volontaires de Vaugirard, certifie que M. Gautier, adjoint au maire de la commune de Vaugirard, chevalier de la Légion d’honneur, a déployé une activité remarquable dans les mémorables journées des 28, 29 et 30 juillet, que c’est à ses soins que l’on doit la réunion des hommes qui ont pris les armes pour concourir à la défense de la capitale, que par lui je fus présenté à ces braves comme leur commandant. L’inévitable activité de ce magistrat a continuellement maintenu la plus parfaite tranquillité dans la commune. Son dévouement à la cause sacrée que nous avons défendue n’a pas manqué d’influencer ceux qu’un reste d’hésitation pouvait retenir. » Signé, le 7 août 1830 : Labillois (voir Labillois, Charme, Jean-Baptiste), ex-officier démissionnaire du 10e régiment de dragons, chef du dépôt des Favorites. Le troisième : « Ayant eu le bonheur de recouvrer la caisse qui avait été saisie dans votre commune, je m’empresse de vous témoigner toute ma reconnaissance pour le zèle que vous avez mis à nous conserver ce dépôt. Le plus sûr moyen d’assurer la conservation était d’en confier la garde à l’administration municipale de Paris, c’est ce que vous avez eu la prudence de faire et ce qui nous en a procuré la restitution. Recevez mes sincères remerciements. » Signé, le 3 septembre 1830 : Gasnier illisible, supérieur du séminaire de Saint-Joseph. Gautier reçut (sous le seul nom de Gautier) un total de cinq cent cinq francs de secours auprès de la sous-préfecture de Sceaux, sans doute pour distribution à des blessés ; il reçut deux mille francs de la part du général Fabvier, pour le fonctionnement du camp de Vaugirard ; il reçut de la même manière soixante francs, en remboursement de sommes délivrées à douze blessés, lors de la cérémonie d’inauguration du drapeau tricolore à Vaugirard ; de la même manière, deux cents francs en remboursement de deux bons d’habillement de cent francs chacun. Il fit partie avec Bixio Giacomo Alexandro, Vincent, Labillois Charme Jean-Baptiste, Crépin Romain Antoine François, Moreau (demeurant à Vanves, mais lequel il y en a deux… à retrouver…), de Château Giron René Charles Hyppolyte, Leullier Armand, Lejemptel Guillaume Louis, Dumas, Alexandre (voir ces noms), des dix membres composant le jury de la Commission des récompenses nationales pour le (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux. Il fit partie, pour le (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux, des vingt-quatre jurés (deux par arrondissement) spécialement nommés pour apprécier les droits des membres mêmes de la Commission des récompenses nationales à une récompense. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de l’arrondissement de Sceaux (sous le nom de Gauthier, Etienne, Guillaume sur les listes du Bulletin des lois, sur celles du Moniteur universel et sur celle de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39). Il délivra un certificat en faveur de Guény, Hubert, pour attester que ce dernier était sans ouvrage. Il délivra plusieurs certificats en faveur de Labillois, Charme, Jean-Baptiste ; dont celui-ci, le 29 septembre 1830, en tant que maire de Vaugirard : « Nous, maire de Vaugirard, chevalier de la Légion d’honneur, certifions que M. Labillois, Charme, Jean-Baptiste, ex-officier démissionnaire du 10e régiment de dragons, réside dans notre ville depuis près de deux ans, que nous ne pouvons donner que les meilleurs témoignages sur sa conduite, tant comme particulier que comme chef des voitures dites Favorites, établies à Vaugirard, et qu’il s’est concilié l’estime et la considération de tous ceux qui le connaissent. Nous attestons en outre que le 28 et le 29 juillet dernier M. Labillois a été mis par nous à la tête du premier détachement d’hommes armés qui se sont dirigés sur la capitale pour contribuer à sa défense, qu’il a déployé dans cette circonstance périlleuse le plus grand zèle et le dévouement le plus honorable et qu’enfin nous nous proposions, pour lui donner un témoignage de notre reconnaissance de lui confier le commandement de la garde nationale de Vaugirard mais que les occupations actives et continues dont il se trouve chargé par son emploi se sont opposées à ce qu’il pût remplir les fonctions de commandant. » Et cet autre, en date du 5 août 1830 : « Nous, maire adjoint, chevalier de la Légion d’honneur, certifions que M. Labillois, Charme, Jean-Baptiste, né le 31 mars 1794, ex-officier démissionnaire du 10e régiment de dragons, maintenant chef du dépôt, agent comptable des voitures dites Favorites à Vaugirard, y étant domicilié, s’étant présenté, a été mis par nous les 28 et 29 juillet à la tête du premier détachement d’hommes armés qui se sont dirigés de cette commune vers la capitale pour contribuer à sa défense, qu’il s’est acquitté du commandement de cette troupe avec un zèle et une attention remarquables, qu’il a constamment fait preuve du plus grand courage, qu’il est toujours resté à la tête de son détachement, dont l’intrépidité s’est fait remarquer sur la place de l’Odéon, à la caserne des Suisses (Babylone), au Louvre et aux Tuileries, où plusieurs des siens furent blessés, et qu’enfin il mérite beaucoup d’éloges pour la conduite qu’il a tenue dans ces circonstances. » Il adressa, le 8 septembre 1830, au lieutenant-colonel Dulac (voir ce nom), commandant la garde municipale à cheval, la lettre de recommandation suivante : « Mon cher et brave colonel, je vous adresse et vous recommande particulièrement pour être admis dans la garde municipale les nommés Michel, Germain (voir ce nom), Commaille (voir ce nom), Miellot, Pierre (voir ce nom), Aubaton, Auguste (voir ce nom), tous quatre anciens militaires porteurs des certificats de services les plus honorables, tous quatre domiciliés dans ma commune et qui pendant les mémorables jours de juillet ont commandé les pelotons d’ouvriers de Vaugirard qui ont concouru à la défense de Paris avec un courage exemplaire. Je profite de cette occasion pour vous renouveler l’assurance de mes sentiments les plus affectueux. » Signé : Gautier (voir Gautier, Etienne, Guillaume). Dulac, à son tour, fit parvenir cette recommandation au lieutenant-colonel Vascot. Il prêta son serment le 10 juin 1831 et reçut sa croix le 13 juillet 1831 à la sous-préfecture de Sceaux ; le serment était ainsi rédigé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il signa, le 17 février 1832, la pétition de Henry, Nicolas, qui sollicitait la croix en remplacement de la médaille qu’il avait obtenue. En 1831, il était maire de Vaugirard. Il fut nommé officier de la Légion d’honneur, le 19 octobre 1831. Il mourut le 31 janvier 1861. Il demeurait Grande Rue de Bercy à Vaugirard… en 1831 sur les listes – peu fiables – de la mairie in Archives de Paris VD6 3 mais à Vaugirard in Archives nationales F/1dIII/39 et in Archives de Paris VK3 37 sur le registre de la mairie. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet de l’arrondissement de Sceaux ; Archives de Paris VK3 37, état nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet, qui ont retiré leur croix des bureaux de la sous-préfecture de Sceaux après avoir prêté entre les mains du sous-préfet le serment prescrit par l’article 4 de l’ordonnance du roi du 30 avril 1831 ; Archives de Paris VK3 45 ; Archives de Paris VK3 46 in dossier Guény, Hubert ; Archives de Paris VK3 47 in dossier Labillois, Charme, Jean-Baptiste) : Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIVe arrondissement, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Sceaux (cité trois fois) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, arrondissement de Sceaux ; Archives nationales F/1dIII/50 in dossier Commaille, Jean dit Frédéric ; Archives nationales F/1dIII/58 in dossier Henry, Nicolas ; Archives nationales F/1dIII/62 in dossier Legouay, Charles, Louis (pour lequel il signe, en tant que maire, un certificat) ; Archives nationales F/15/2557-2559, état nominatif des membres de la Commission des récompenses nationales et des membres des jurys ; base leonore de la Légion d’honneur, dossier LH/1095/18.