Gavarret, Louis, Dominique, Jules
Biographie
Né le 28 janvier 1809 à Astaffort (Lot-et-Garonne) (sous le nom de Gavarret, Louis, Dominique, Jules), fils de Gavarret, Joseph, Gabriel, André, médecin, et de Vidal, Jeanne, son épouse. Elève de l’Ecole polytechnique. Selon le rapport que fit Lannoy (voir Lannoy Raignault de, Camille, François), autre élève de la même Ecole et choisi pour établir les droits de chacun des élèves à une récompense honorifique, en fonction de la part prise aux combats de Juillet, et cette part prise en uniforme ou en habits bourgeois, il était du nombre de ceux dont Lannoy disait qu’ils « ont combattu en uniforme dans les journées de Juillet et me paraissent avoir mérité la décoration spéciale ». Il faisait partie lui-même de la sous-commission chargée d’examiner les droits à une récompense honorifique des élèves de l’Ecole et encore présents à l’Ecole ; cette sous-commission était composée, outre lui-même, de Baduel (voir Baduel, Louis, Henri), Bosquet (voir Bosquet, Pierre, Joseph, François), Solignac (voir Solignac, Napoléon, Marie, André, Alexandre). Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 9 avril 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Il a combattu en uniforme au Louvre et aux Tuileries. » Dans sa séance du 9 avril 1831, le jury de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement vota pour la croix, comme pour tous les élèves de l’Ecole polytechnique qui avaient « combattu en uniforme pour la cause de la liberté ». Dans la séance du même 9 avril, il affirma sur l’honneur avec Baduel (voir Baduel, Louis, Henri), Solignac (voir Solignac, Napoléon, Marie, André, Alexandre) et Bosquet (voir Bosquet, Pierre, Joseph, François) que ses condisciples suivants avaient combattu en uniforme de l’Ecole, le 29 juillet : Cotignon, Charles, Amand ; Gagneur, François, Joseph, Frédéric ; Bureau, Alize ; Loubens (voir Loubens, Gounonde, Etienne, Joseph, Victorien) ; Cantarès, Auguste, Romain ; Auger, Charles ; Roguin, Louis, Hippolyte, Jules ; Massu, Jean, Honoré, Théophile ; Laffitte, Jean-François, Armand ; Poyen, Charles, Marie, Eugène ; Vincent, Antoine ; Meinadier, Pierre, Jean, Ernest ; Serry Grillerdet, Marie, François, Jules ; Le Boulanger de Bois Frencourt, Charles, Hippolyte, Escar ; D’Ouvrier de Villegly, Louis, Antoine, Gustave ; Schwilgué, Sébastien, Alexandre ; Paul, Denis ; Mœvus, Frédéric, Xavier, Gustave ; Fabre, Hyacinthe, Henri ; Goy, Joseph ; Widmer, Jules ; Garnier Kernault, Edouard, Charles, Marie ; Fremont, Jean, Edme ; Requier, Jean, Edouard ; Susane, Louis, Auguste, Victor, Vincent. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement (sous le nom de Gavaret). Il délivra le certificat suivant en faveur de Gaudin, Césarine, Joséphine, femme Ouvrard, dite Victor : « Je, soussigné Jules Gavaret, élève de l’Ecole polytechnique, avoir vu madame Ouvrard, connue alors sous le nom de Victor, le 29 juillet 1830 au Louvre et au coin de la rue de Rohan, soigner les blessés pendant tout le temps que dura le feu. Immédiatement après, j’ai vu cette dame escortant un convoi des blessés qu’elle venait de secourir, les conduisant à la Bourse. La première, ce fut elle qui y établit l’ambulance. Chargé du commandement du poste, je l’ai vue tout le temps que j’y suis resté prodiguer les sons les plus affectueux aux victimes de Juillet et dirai plus même aux prisonniers, qui considéraient comme leur mère. » Il délivra le certificat suivant en faveur de Roizard, Edme, Léger : « Je soussigné Gavaret, élève de l’Ecole polytechnique, certifie que M. Edme, Léger, Roizard, de Troyes, s’est battu sous mes ordres le 29 juillet 1830 au Louvre et aux Tuileries, où il a reçu un coup de sabre à la joue gauche. Malgré cette blessure, M. Roizard resta dans les rangs des volontaires et, après avoir contribué de toutes ses forces à la prise de ces deux postes importants, il se dirigea vers la rue de Richelieu, où se faisait entendre la fusillade de la garde royale. Le 30 juillet, lorsque je pris le commandement du poste de la Bourse, j’y retrouvai M. Roizard, qui depuis la veille en faisait le service. Ce jeune homme est resté à la Bourse sous mes ordres jusqu’au moment où, au 1er août, il a été rendu au commerce. » Il signa (bien sous le nom de Gavarret) le certificat suivant en faveur de Dupart, Paul, Amable : « Je, soussigné, Gavarret, élève de l’Ecole polytechnique, certifie que M. Dupart a fait avec beaucoup de zèle et d’intelligence le service de la Bourse depuis le 29 juillet au matin jusqu’au 1er août, jour où elle a été rendu au commerce. Dans ce poste, dont le commandement m’avait été confié, M. Dupart a contribué de toutes ses forces à l’organisation des compagnies qui ont été envoyées à Saint-Cloud et de celle du 29 juillet qui depuis a fait le service du Palais-Royal. » Il délivra le certificat suivant en faveur de Lapotaire, Marie, Denis : « Je soussigné, Gavaret, élève de l’Ecole polytechnique, certifie que M. Denis Lapotaire s’est battu sous mes ordres à l’attaque du Louvre et des Tuileries. Ce jeune homme, après s’être fait distinguer dans les rangs des volontaires par son courage et son intrépidité, a concouru de toutes ses forces à empêcher le pillage et à contenir les hommes du peuple. » Il fut, par ordonnance royale, en date du 22 novembre 1831, admis dans l’artillerie de terre, en qualité d’élève sous-lieutenant à l’Ecole d’application de l’artillerie et du génie à Metz. Il fut un médecin renommé, président de l’Académie de médecine en 1882. Nous empruntons à Nos médecins contemporains les indications biographiques suivantes : « […] En 1831, entra dans l’artillerie de terre. Mais bientôt il prit en dégoût la carrière des armes, et, abandonnant l’art de tuer pour l’art de guérir, il embrassa la carrière médicale. Dès 1840, il publiait avec Andral un remarquable travail sur Le sang et l’organisation physique de l’homme. L’année suivante parurent Les Principes généraux de statistique médicale, ou développement des règles qui doivent présider à son emploi. [Professeur à l’Ecole de médecine] D’un caractère droit, d’un jugement libre et indépendant, d’une bienveillance rare, M. Gavarret est sans contredit le professeur le plus aimé de l’Ecole. Je ne lui connais pas un seul ennemi, et je défie personne de lui en trouver. Officier de la Légion d’honneur, M. Gavarret est un des membres les plus remarquables de l’Association polytechnique. Il a toujours mis avec un rare désintéressement sa parole et sa plume au service de toute idée libérale et de tout ce qui lui semble un progrès. » Il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur le 23 avril 1847, officier le 19 août 1862, commandeur le 11 juillet 1885. Il épousa Binsse de Saint-Victor, Marie, Philippine, Eudosine, fille de Binsse de Saint-Victor, Jacques, Benjamin, Maximilien, dit comte de Saint-Victor, publiciste légitimiste. Il mourut le 30 août 1890 à Paris. Gavaret demeurait à l’Ecole polytechnique en 1831. Histoire de la révolution de Paris depuis le 26 juillet jusqu’au 31 août 1830, Paris, chez Philippe libraire, rue Dauphine, 20, 1830, p. 211 (sous le nom de Gavarret) ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 91 liasse 2 in dossier Lapotaire, Marie, Denis ; Archives de Paris VD6 277 in dossier Dupart, Paul, Amable ; Archives de Paris VK3 17, Témoignages, rapports, notes sur les élèves de l’Ecole polytechnique, aussi une liste d’Elèves présents à l’Ecole et dont les titres ont été examinés, aussi le rapport de Lannoy et aussi deux feuillets séparés de décorés de la Croix de Juillet auprès du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 9 avril 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 9 avril 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/9/1156 in dossier Gaudin, Césarine, Joséphine, femme Ouvrard et in dossier Roizard, Edme, Léger ; Archives de la préfecture de police AA 413 in dossier Saint-Denis, Etienne aîné (qui dit avoir combattu à ses côtés) ; Journal militaire officiel, n° 45 bis, année 1831, p. 249 (sous le nom de Gavarret, Louis, Dominique, Jules) ; Nos médecins contemporains, Labarthe, Paris, Lebigre-Duquesne, 1868, p. 85 et suivantes ; base leonore de la Légion d’honneur, dossier LH/1100/14.