Gendarme de Bévotte, Guy, François, Louis, Auguste

Biographie


Né le 13 août 1810 à Genève (Suisse). Elève de l’Ecole polytechnique. Selon le rapport que fit Lannoy (voir Lannoy Raignault de, Camille, François), autre élève de la même Ecole et choisi pour établir les droits de chacun des élèves à une récompense honorifique, en fonction de la part prise aux combats de Juillet, et cette part prise en uniforme ou en habits bourgeois, Gendarme de Bévotte ne semblait pas avoir participé aux événements de Juillet au point d’être récompensé par une quelconque distinction honorifique. Le 19 avril 1831, le commandant en second de l’Ecole polytechnique rapportait sur lui qu’il faisait partie d’une « liste nominative de ceux des élèves de l’Ecole polytechnique qui, n’ayant pas été désignés par les quatre [Baduel, Bosquet, Solignac et Gavaret, membres de la sous-commission chargée d’examiner les droits à une récompense honorifique pour chacun des élèves encore présents à l’Ecole polytechnique en 1831, N.D.A.] que vous avez entendus dernièrement, m’ont cependant déclaré avoir pris une part plus ou moins active aux événements de juillet 1830. J’ai la conviction qu’un plus grand nombre a concouru à ces événements mais que, par une modestie honorable, ils n’en veulent tirer vanité ni recevoir récompense ou même éloge. Je doute même beaucoup que tous ceux cités d’autre part se rendent, ainsi qu’ils y ont été invités devant la Commission réunie à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ». Il adressait, le 22 avril 1831, la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « Lorsqu’à mon grand désir, il me fut enfin permis par la position des troupes relativement à ma demeure de parvenir jusque sur le théâtre des événements, je trouvai les Tuileries prises et assistai seulement la marche triomphante des vainqueurs. Ce fut le lendemain que je pus, en me rendant à l’Hôtel de ville, témoigner quels regrets j’éprouvais de n’avoir point exposé ma vie pour le renversement de la tyrannie. Je le témoignai en recherchant toutes les occasions dans lesquelles je pourrais rendre quelques services ; dans le trouble, dans la confusion de choses, ces occasions purent se rencontrer ; elles satisfirent toujours mon patriotisme. M. le colonel Paixhans étant venu offrir ses services à l’Hôtel de ville, je lui fus adjoint pendant quelque temps et fut par-là même chargé pendant deux jours de ce qui avait rapport aux armes, aux munitions qu’on apportait et qu’on réclamait. Le ministère de la Guerre s’étant réorganisé, cette partie du service rentra dans l’ordre accoutumé. Je fus alors chargé, conjointement avec des élèves qui s’y trouvaient déjà, de surveiller les postes des Tuileries, où je séjournai pendant deux fois vingt-quatre heures, sans le quitter que pour aller une fois pendant la nuit chercher des munitions dont le besoin se faisait ressentir par la crainte d’une attaque. Arriva l’expédition de Rambouillet, pour laquelle je fus chargé d’un convoi de munitions. Conjointement avec deux élèves, je fus chargé de conduire mille huit cents cartouches, dont je fis la distribution pendant toute la nuit qu’on passa au bivouac. Les jours suivants, je les passai dans deux ou trois postes différents jusqu’à ce qu’enfin je quittai Paris, environ le 12 août. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça à aucune voix pour la croix, aucune voix pour la médaille, trois voix pour une mention et trois voix pour rien. Il était encore élève de l’Ecole en 1831. Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, il prononça le discours d’inauguration du canal de Cadenet, dans le Vaucluse, en 1861. Il mourut en 1887. Histoire de la révolution de Paris depuis le 26 juillet jusquau 31 août 1830, Paris, chez Philippe libraire, rue Dauphine, 20, 1830, p. 211 ; Archives de Paris VD3 8, révolution de 1830, lettres de polytechniciens, rapports divers, etc. ; Archives de Paris VK3 17, Témoignages, rapports, notes sur les élèves de l’Ecole polytechnique ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Discours prononcé par M. Gendarme de Bévotte, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées à la cérémonie de linauguration du canal de Cadenet, imprimerie Jean, Apt, 1861.

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