Gendrin, Augustin, Nicolas

Biographie


Né le 16 décembre 1796 à Châteaudun (Eure-et-Loir). Docteur en médecine, reçu le 19 mai 1821 à la faculté de Paris, titulaire de plusieurs prix, l’un à la Société de médecine de Paris en 1822, un autre à la Société médicale d’émulation en 1824, un troisième à l’Institut (Académie des sciences, concours fondé par M. de Monthyon) en 1827, membre de plusieurs sociétés savantes et auteur de plusieurs ouvrages ; la Société des médecins de Paris l’avait chargé de la rédaction d’un recueil périodique de ses travaux ; nommé par les médecins de Paris, en 1829, membre d’une commission chargée de préparer un projet de loi sur l’exercice de la médecine, investi par cette commission comme commissaire rapporteur. Il donna des soins à l’ambulance du 45-47, rue de Grenelle-Saint-Honoré, numéro où il demeurait en 1830. Ce numéro était le local du Tivoli d’hiver, l’ambulance étant décrite comme installée au Tivoli d’hiver et accueillit entre cent quatre-vingts et cent quatre-vingt-dix blessés. Les journaux de l’époque rapportèrent à son sujet : « MM. les docteurs Dubois, Gendrin et Brunet n’ont cessé de donner pendant toute la journée les soins les plus empressés aux blessés du n° 47 de la rue de Grenelle. » Dans son rapport, Sétier (voir ce nom et le rapport complet à ce nom) secrétaire de l’ambulance du 29, rue de Grenelle-Saint-Honoré, confirmait au sujet des trois médecins, qu’ils avaient soigné les blessés à l’ambulance du 45 de la rue de Grenelle, dans la salle de Tivoli d’hiver : « MM. les docteurs Brunet, Dubois et
Gendrin offrirent leurs services avec empressement, et
donnèrent aux blessés, pendant plusieurs jours, les soins
les plus assidus. » Gendrin fit le rapport suivant sur l’activité de l’ambulance au commissaire de police du quartier de la Banque de France, qui le lui avait demandé : « Le 29 juillet au matin, comme tout annonçait qu’il y aurait dans la journée une affaire sérieuse dans le quartier du Palais-Royal, j’ai résolu d’établir une ambulance destinée à donner les premiers secours aux blessés. La salle du Tivoli d’hiver, rue de Grenelle-Saint-Honoré, présentait un local convenable pour cette destination. Le citoyen Michalet, qui en est propriétaire, l’a mise à ma disposition. Elle a été immédiatement mise en communication au moyen de la réouverture d’une ancienne porte avec la cour de la maison que j’habite, laquelle offrait toutes les facilités désirables pour le pansement des blessés qui étaient ensuite déposés dans la salle du Tivoli ou rendus à leurs familles. Un écriteau indiquant l’établissement de l’ambulance a été placardé dans tout le quartier. Au moment des combats, on a été informés que les soldats qui tombaient blessés restaient sans secours sur place, soit parce que l’on mettait de la négligence à les relever soit parce que les régiments engagés se trouvaient séparés de leurs ambulances. Cette circonstance, malheureuse puisque tout homme blessé doit être également secouru quelle que soit la cause pour laquelle il combat, montrait la nécessité de trouver des infirmiers assez courageux pour aller recueillir les blessés au milieu des combattants. Il a suffi pour trouver ces hommes dévoués de signaler ce devoir à remplir aux braves désarmés ou manquant de munitions, qui circulaient continuellement dans les rues. J’ai inutilement tenté de connaître les noms de ces hommes courageux, tous se sont refusés à les donner. Je suis réduit à n’en citer qu’un seul qui s’est souvent chargé de diriger les autres, avec une intrépidité au-dessus de tout éloge, c’est le nommé Goujon (voir Goujon, Charles, Marie), lunetier, ancien sergent d’artillerie de marine, demeurant rue Pastourel n° 8 à Paris. L’ambulance établie à la halle de Tivoli d’hiver est bientôt devenue le centre de réunion de tous les blessés provenant de la rue du Coq, de la rue Saint-Honoré, de la place du Palais-Royal. On y a apporté le plus grand nombre de ces blessés avant qu’ils n’aient reçu aucun soin. Quelques-uns y ont été apportés après avoir été pansés rapidement dans des allées ou des cours voisines du lieu où ils avaient été atteints. J’ai eu le bonheur d’être secondé par les docteurs Brunet (voir Brunet, Léonard), rue du Boulois n° 12 et Dubois (voir Dubois, Paul, Louis, Jean-Baptiste), hôtel des Fermes, qui se sont empressés de se livrer avec dévouement à secourir avec moi ces blessés. Le mouvement total de l’ambulance a été pendant toute la journée du 29 et la nuit suivante de cent quatre-vingt-dix blessés, dont une grande partie ont été immédiatement conduits à leurs domiciles ou dirigés dans les hôpitaux, après avoir été pansés, tant qu’il a été possible de trouver des hommes pour les y transporter et aussitôt que le passage des ponts a été libre. Les occupations que me donnaient les pansements continuels ne m’ont pas permis, ainsi qu’à mes collègues, de faire recueillir les noms de ces blessés qui n’ont séjourné que très peu de temps à l’ambulance. Le 29 au soir, on a procédé à un deuxième pansement des blessés restés à l’ambulance, qui pouvaient exiger soit de graves opérations soit l’application d’appareils compliqués. C’est alors que j’ai fait dresser la liste nominative des blessés que je joins à ce rapport. Les blessures ont été généralement très graves. Elles ont presque toutes été faites par la mousqueterie à une faible distance car dans les dix-neuf vingtièmes cas les parties touchées étaient percées de part en part sans déviation des projectiles. Les blessures des citoyens ont été généralement plus graves que celles des militaires, cela dépendait de ce que ces derniers chargeaient mieux leurs armes et tiraient peut-être aussi de plus près. Beaucoup de citoyens tiraient avec deux balles comme l’attesteraient les doubles plaies faites du même coup, toutes ces blessures étaient légères. Quelques-uns se sont servis de cartouches et plombs de chasse sur lesquels ils ajoutaient une balle. Nous avons reçu des blessures produites par des coups ainsi tirés, le trou de la balle était entouré de grains de plomb. Ces plaies ont été peu graves, là encore le tir a été affaibli. Nous n’avons eu qu’un seul blessé par le canon. C’était un vieillard, de son état peintre en bâtiment, qui avait la jambe gauche emportée par un boulet (son nom reste à retrouver). Nous n’avons reçu que quatre blessés à l’arme blanche, toutes ces blessures avaient été faites par la baïonnette sur des militaires, trois de ces soldats étaient des Suisses blessés au Louvre. Sur les quarante-deux blessés dont la liste est jointe, douze sont morts dans la nuit du 29 au 30. Une ambulance ne devant jamais devenir, sans de graves inconvénients, un lieu où l’on conserve des malades, je me suis empressé de faire évacuer les blessés sur les hôpitaux aussitôt que cela a été possible. Cette évacuation a été commencée le 30 à 3 heures du matin, elle était finie à 5 heures. Je l’ai fait effectuer par des hommes de bonne volonté, que j’ai réunis dans la rue et qui se sont acquittés avec zèle de cette pénible tâche. Tous ont refusé de se faire connaître et de recevoir aucun salaire de leur peine. Les blessés militaires ont tous été envoyés à l’hôpital militaire du Gros-Caillou et les blessés citoyens ont été portés soit chez eux pour ceux qui ont déclaré pouvoir y être soigné ou qui ont été réclamés soit dans les hôpitaux de l’Hôtel-Dieu et de la Charité pour ceux qui n’étaient pas dans ces circonstances favorables. Les morts ont été portés à l’église Saint-Eustache, où on a eu soin d’attacher aux cadavres des billets sur lesquels étaient consignés tous les renseignements que l’on avait pu recueillir, soit par les blessés eux-mêmes, quand leur état leur avait permis d’en donner, soit par ceux qui les avaient déposés. M. le colonel Zimmer, auprès duquel j’avais envoyé le 29 au soir [un billet] pour qu’il fît établir un poste à l’ambulance, avait bien voulu me donner un ordre à cette fin mais la confusion était si grande qu’il a été impossible de détourner les hommes de garde de devoirs qu’ils avaient à remplir dans les postes plus importants. Force a donc été de se borner à faire garder l’ambulance par ceux qui y avaient fait la police toute la journée. Parmi ces derniers, je dois citer particulièrement M. Fortin, plumassier rue de Grenelle-Saint-Honoré, n° 47, M. Fleury (voir Fleury, Jean-Jacques, Augustin), concierge de la maison, le nommé Goujon, ex-sergent d’artillerie de marine, que j’ai déjà cité. Les autres citoyens ont refusé de donner leurs noms. Je recommande surtout le nommé Goujon. Ce brave est, à ce qu’il paraît, dans l’indigence, après avoir affronté les plus grands dangers pour accueillir les blessés et n’a cessé de les soigner avec le plus grand zèle, le jour et la nuit. Il a fait depuis partie de la garde nationale envoyée à Rambouillet. Sa demeure est rue Pastourel n° 8. Le citoyen Fleury, concierge de la maison n° 47, est père d’une nombreuse famille, il nous a été du plus grand secours. Cependant il ne voulut accepter aucune indemnité mais il fait partie de la garde nationale, il n’a pas les moyens de s’équiper, il y aurait justice à lui donner un équipement. Je le demande pour prix de ses services auprès des blessés. Tous les habitants du quartier ont rivalisé de zèle en quelques instants nous avons été pourvus en abondance de linge, de charpie, de médicaments, de vin, de hure (?), de bouillon, etc. M. Valette, pharmacien rue de Grenelle-Saint-Honoré, a fourni tous les médicaments qui nous ont été utiles ; il m’a déclaré qu’il ne voulait en recevoir aucun prix et qu’il s’estimait heureux d’avoir ainsi contribué au soulagement des blessés. Je n’ai pas cru qu’en de telles circonstances mes soins dussent se borner à m’occuper des blessés. Il m’a semblé aussi bien important de veiller aux moyens de constater l’état civil des morts. J’ai trouvé le moyen d’y pourvoir en régularisant le dépôt de cadavres fait dans l’église Saint-Eustache. J’ai proposé à cet effet à M. le commissaire de police du quartier Saint-Eustache de faire enlever dans cette église pendant trois jours tous les corps qui y seraient portés et d’y établir un clerc à demeure pour y recueillir tous les renseignements, tant sur ce que présenteraient les cadavres que sur ce que les citoyens qui viendraient visiter les cadavres pourraient faire connaître. M. le commissaire de police s’est acquitté de ces pénibles fonctions avec un zèle qu’on ne peut trop louer. Il a dressé des actes de notoriété pour tous les morts sur lesquels il a recueilli des renseignements suffisants et il a fait successivement inhumer les corps dans les caveaux de Saint-Eustache. J’ai fait connaître ces dispositions, le 29 au soir, à la commission provisoire en obtenant de M. le colonel Zimmer un ordre pour faire cesser les inhumations qui se faisaient avec peu de précautions sur la place des Innocents et pour faire porter tous les morts provenant des combats livrés dans tous les environs à l’église Saint-Eustache. Il est bien à regretter qu’on n’y ait pas transporté tous ceux qu’on a inhumés sur la place du Louvre. Paris, le 6 août 1830 » Suit la liste des blessés présents le 29 juillet à 10 heures du soir à l’ambulance : Compère, Joseph, dit Maréchal, Auguste (voir ce nom), demeurant 27, rue du Chantre ; Vidalene, Pierre (voir ce nom), conducteur aux Messageries, demeurant 39, rue du Cadran ; Laguerre, demeurant 32, rue de la Huchette ; Richou, Achille, demeurant 32, rue aux Fers (voir sans doute Richoux, Jean, Adrien, Achille) ; Laveneu, Isaac, Jean (voir ce nom), demeurant 16, rue Saint-Denis ; Bourgoin, Jean, François (voir ce nom), demeurant 18, rue de la Petite-Villette ; Dantier ou Dautier, domestique chez M. illisible, 7, cour des Fontaines ; Alaignon, Pierre, Germain (voir ce nom), demeurant 2, rue des Trois-Couronnes ; Boissel, Louis, Auguste, Florentin (voir ce nom), demeurant 9, rue de la Coutellerie ; Marin, Joseph (voir ce nom), demeurant 25, rue Bellefond ; Vannier, Louis, Aristide (voir ce nom), demeurant 6, rue des Vieux-Augustins ; Duclos, demeurant 115, rue Saint-Martin ; Valletot, 5, rue de Grenelle dans la plaine de Grenelle ; Bauquinelle, demeurant 95, rue de Grenelle-Saint-Honoré ; Meunier, demeurant 10, rue Beaurepaire ; Grenier, Louis, Gilbert (voir ce nom), demeurant 14, rue de la Savonnerie ; Fontaine, demeurant 26, rue du Mail ; Renaud, demeurant 5, rue du Vieux-Versailles à Versailles ; Gaulthier, demeurant 96, rue de la Mortellerie ; Maison, demeurant à la barrière de Montreuil, 3 bis, rue de Charonne ; Brissac, demeurant 16, rue Montmartre ; Bonnet, Jacques, Louis (voir ce nom), demeurant 162, rue du Faubourg-Saint-Antoine ; Huet, demeurant 33, rue du Faubourg-Saint-Honoré ; Legoux, Dominique, Louis (voir ce nom), demeurant rue Vieille-du-Temple ; Ducrot, Antoine (voir ce nom), cordonnier, demeurant 12, rue de la Comtesse-d’Artois ; Arnon ou Arnou, demeurant rue Saint-Martin, numéro inconnu ; Bitaudier illisible, demeurant rue Saint-Antoine, numéro inconnu ; Rollet, Joseph, demeurant rue de l’Oratoire, maison du bonnetier ; Sannyot, demeurant 14, rue Maubuée. Plus les militaires dont les noms suivent : Sibelot, du 1er régiment de la garde royale, 5e compagnie, 2e bataillon ; Brandon, du 6e régiment de la garde royale, 1re compagnie, 3e bataillon ; Schender, du 7e régiment suisse, 2e bataillon de grenadiers ; Basset, Denis, Joseph, du 53e régiment de la ligne, 6e compagnie, 2e bataillon ; Mallet, né à Châteaudun (Eure-et-Loir), du 6e de la garde ; Terri ou Ters du 6e de la garde, 1re compagnie, 1er bataillon ; Stanks, né à Zurich, voltigeur au 7e régiment suisse ; Daigrefin, du canton de Vaud, voltigeur au 7e régiment suisse ; le comte de Kegler ou de Kesser, capitaine commandant une compagnie suisse. Cinq inconnus, décédés dans la nuit, ne purent donner aucun renseignement permettant de les identifier. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie de cet arrondissement (sous le seul nom de Gendrin sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel et in Archives nationales F/1dIII/39). Il signa, le 9 août 1830, le certificat suivant en faveur de Duteil, Antoine : « Je, soussigné, docteur en médecine, certifie qu’Antoine Dutheil a reçu à la jambe gauche une blessure par un coup de feu, qui exige dix jours de repos mais ne présente aucun danger. » Il délivra, le 3 août 1830, le certificat suivant pour constater la mort de Bourgoin, Jean, François : « Je soussigné, docteur en médecine, certifie avoir reçu le jeudi 29 juillet pendant le combat entre les citoyens et la garde royale à l’ambulance que j’avais établie dans le local du Tivoli d’hiver, rue de Grenelle-Saint-Honoré n° 47, le nommé Bourgoin, qui m’a déclaré se nommer ainsi et habiter rue de la Petite-Villette n° 18. Je certifie que ledit Bourgoin avait une blessure d’arme à feu des plus graves dans l’abdomen et que je l’ai fait remettre à la requérante qui m’a dit de lui être sa femme, laquelle me déclare qu’il a succombé dans le trajet de l’ambulance à son domicile, issue funeste qu’il était facile de prévoir d’après le siège et la gravité extrême de la blessure. » Il signa, le 11 août 1830, le certificat suivant en faveur de Canon, Anselme, Isidore : « Je certifie que le nommé Canon, Anselme s’est présenté le 29 juillet à l’ambulance que j’avais établie rue de Grenelle-Saint-Honoré n° 47, pour y être pansé d’une forte contusion sur le pied droit, laquelle contusion provenait, suivant sa déclaration, de la chute d’une table du marché des Prouvaires renversée sur lui pendant le combat qu’il soutenait en tirailleur dans ce marché. Je certifie que cette blessure légère est maintenant guérie et n’exige que des ménagements dans la marche. » En 1831, il était médecin du bureau de charité du Xe arrondissement et des hôpitaux civils de Paris. Sa médaille lui fut délivrée le 12 juillet, et son brevet le 24 octobre 1832. En 1832, il était médecin à l’hôpital Cochin. A l’occasion du compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, il constata l’omission de la mention de l’ambulance qu’il avait aidé à établir et demanda que, dans ce qui était un document devenu public, ne soit pas oubliée cette ambulance qui avait « reçu un très grand nombre de blessés ». Il rappelait ainsi l’activité de cette ambulance : « […] C’est de cette ambulance que sont partis dans la nuit du 29 au 30 juillet les militaires blessés que j’avais recueillis et que j’ai fait transporter à l’hôpital du Gros-Caillou. C’est enfin de cette ambulance que provenaient la plupart des cadavres que j’ai fait déposer le 29 et le 30 juillet dans l’église Saint-Eustache, dans le dépôt que j’avais établi de concert avec le commissaire de police de la rue Jean-Jacques-Rousseau pour faciliter les recherches des familles. Cette ambulance a été abondamment pourvue de tous les moyens de secours par les dons des habitants du quartier. » Il apostilla, comme « médecin du bureau de charité du (ancien) Xe arrondissement et des hôpitaux civils de Paris », la réclamation de Fleury, Jacques, pour obtenir une récompense de la Commission des récompenses nationales : « J’ai obtenu des soins et des travaux continus et infatigables de M. Fleury, concierge de la maison que j’habite, les plus grands soins dans le service de l’ambulance que j’ai établie dans le local du Tivoli d’hiver pendant les journées de Juillet. Je crois que parmi les citoyens qui m’ont secondé pour recueillir et panser les blessés et pourvoir à leurs besoins. M. Fleury est un de ceux qui se sont montrés les plus zélés et les plus utiles. Je le recommande donc vivement à la bienveillance de l’autorité administrative et de la Commission des récompenses nationales n’entendant cependant par cette recommandation qui est due à toutes les peines qu’a prise M. Fleury certifier comme vraies plusieurs circonstances relatées dans sa demande mais tout à fait étrangères aux services rendus par ledit sieur Fleury. » C’est à la négligence du docteur Gendrin, à qui Fleury avait confié ses pièces pour les présenter à la Commission et qui avait oublié de le faire, que Fleury attribuait la perte de ses droits. Après les émeutes des 5 et 6 juin 1832, une ordonnance du préfet Gisquet (voir Gisquet, Henri), en date du 9 juin 1832, enjoignit aux médecins et aux chirurgiens, qui avaient soigné des blessés de déclarer leurs noms dans les vingt-quatre heures à la police. Médecins et chirurgiens refusèrent cette exigence à l’unanimité, sauf Gendrin. Nous empruntons à Larrey et Dupuytren au début de la Monarchie de Juillet, le passage suivant concernant Gendrin : « Dans sa célèbre leçon du 12 juin 1832, Dupuytren déclarait : “Depuis le 13 vendémiaire an IV que je suis attaché aux hôpitaux, sous la République, sous l’Empire, sous la Restauration, jamais je n’ai vu mettre à l’index les blessés d’un parti vaincu, jamais l’autorité n’a eu la pensée de faire juger par des conseils de guerre des malheureux qui avaient expié leurs fautes par des blessures, par la perte d’un membre, par le risque de la vie. Je ne connais pas d’insurgés dans mes salles, je n’y vois que des blessés.” […] Nous ne connaissons, en effet, qu’une seule exception à cette attitude, celle du Dr Gendrin (1796-1890), médecin de l’Hôtel-Dieu. Il fut attaqué avec violence et même on lui reprocha, ce qui était inexact, d’avoir été à l’origine de cette ordonnance. En 1840, candidat à une chaire, il n’obtint de ce fait aucune voix, et, détail amusant, il intenta un procès à Amédée Latour qui avait exposé les raisons morales de cet insuccès. Ce dernier fut condamné à deux mille francs de dommages et intérêts. Comme l’écrivait Esculape : “C’était de l’argent gagné sans sueur, celui-là. Avec cela que M. Gendrin assure qu’il n’est pour rien dans l’ordonnance en question. De mieux en mieux ! Ce sont deux mille francs sur table pour n’avoir rien dit, rien fait et s’être laissé calomnier.” » Gendrin demeurait 47, rue de Grenelle-Saint-Honoré en 1830-1831 ; 25, rue Neuve-des-Bons-Enfants en 1832-1833 ; 14, rue Gramont en 1838-1854 ; Le Moniteur universel, 31 juillet 1830 ; Le Courrier français et le Journal du commerce, 30 juillet 1830 ; Ambulance de la rue de Grenelle-Saint-Honoré, n° 29, et souscription pour les blessés de la journée du 29 juillet. Rapport du secrétaire, présenté à la commission de lambulance et soumis à lautorité municipale, imprimerie de Sétier, s.d. p. 6 ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, Nom des personnes qui se sont distinguées dans les mémorables journées p. 273 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 277 ; Archives de Paris VD4 11 pièce 3161 Liste des médecins et chirurgiens, docteurs en médecine et en chirurgie, officiers de santé et sages-femmes qui ont fait enregistrer leurs titres aux secrétariats de la préfecture de la Seine et des deux sous-préfectures du département de la Seine, jusquau 31 mai 1833 ; Archives de Paris VD4 11 pièce 3164 Préfecture du département de la Seine, Liste des médecins et chirurgiens, docteurs en médecine et en chirurgie, officiers de santé et sages-femmes, dressée le 31 décembre 1838 ; Archives de Paris VD4 11 pièce 3166 Préfecture du département de la Seine, Liste des médecins et chirurgiens, docteurs en médecine et en chirurgie, officiers de santé et sages-femmes, dressée le 31 décembre 1843 ; Archives de Paris VD4 11 pièce 3173 Préfecture du département de la Seine, Liste des médecins et chirurgiens, docteurs en médecine et en chirurgie, officiers de santé et sages-femmes, dressée le 31 décembre 1854 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/46 in dossier Bourgoin, Jean, François ; Archives nationales F/1dIII/55 in dossier Fleury, J.J, ; Archives nationales F/1dIII/56 ; Archives nationales F/1dIII/88 in dossier Fleury, J.J. Augustin ; Archives de la préfecture de police AA 376 in dossier Canon, Anselme, Isidore ; Archives de la préfecture de police AA 387 in dossier Dupertuis, David, Samuel ; Archives de la préfecture de police AA 391 in dossier Guesde, Pierre, Mathieu, Henri et Fleury, Jacques ; Larrey et Dupuytren au début de la Monarchie de Juillet, professeur Hillemand et docteur Gilbrin, p. 256 ; La Gazette médicale, Deuxième Série, tome huitième, année 1840, p. 246.

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