Gentilhomme, Nicolas, Alexandre

Biographie


Né le 15 septembre 1796 à Jussey (Haute-Saône). Architecte des bâtiments civils de l’Assistance publique de Paris depuis 1819. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 15 décembre 1830, à zéro voix pour la croix, deux voix pour la médaille, quatre voix pour une mention et une voix pour rien. Son nom est sur une liste alphabétique du (ancien) XIIe arrondissement de blessés qui comparurent devant le jury médical. Il sollicita, dès 1837, la croix de la Légion d’honneur. Il donnait, cette année-là, les indications biographiques suivantes comme autant de titres pour obtenir la décoration : « En 1814, j’ai été chargé à Combeaufontaine (Haute-Saône) pendant l’invasion des Alliés des magasins des vivres et fourrages. J’étais investi du droit de réquisition sur environ quatre cents communes du département. A la fin de ma gestion, j’ai rendu plus de deux cent mille bons de rations diverses que je n’avais point livrées et que j’avais rachetées pour une somme moindre de six cents francs, qui a été remboursée à mes parents. Ces fonctions ont été gratuites. Depuis 1818, je suis attaché à l’administration des hospices civils de Paris, dont je suis architecte depuis 1825. De 1819 à 1822, j’ai rempli les fonctions de commissaire de bienfaisance dans le (ancien) VIe arrondissement. De 1828 à 1837, j’ai été l’architecte de la Société des dames fondatrices des salles d’asile pour l’enfance ; sur les dix-huit salles actuellement en activité, j’en ai construit quinze. De 1829 à la fin de 1832, j’ai été administrateur du bureau de bienfaisance du (ancien) XIIe arrondissement. J’ai été pendant partie de ce temps adjoint à M. le maire pour la tutelle des orphelins de Juillet. En 1832, j’ai été membre d’une des commissions sanitaires dans le même arrondissement. Dans la même année, j’ai été chargé de l’appropriation des bâtiments de l’ancien couvent des Bonshommes à Passy et de ceux du séminaire Saint-Sulpice pour l’établissement d’hôpitaux temporaires. Cette appropriation a été faite à la satisfaction de l’autorité ; l’importance des travaux a été telle que j’ai eu plus de quatre cents ouvriers à diriger à la fois. J’étais encore chargé en même temps des dispositions à faire dans les cimetières des hospices pour l’inhumation des décédés du choléra. Depuis 1825 que j’ai été chargé à l’administration des hospices des bâtiments affectés aux secours à domicile et à l’instruction primaire, j’ai construit ou approprié cinquante-quatre établissements dont cinquante et un en qualité d’architecte et trois seulement en qualité d’inspecteur, savoir : quinze salles d’asile dont onze construites à neuf ; six écoles d’enseignement mutuel dont je citerai particulièrement celles de la rue de Longchamp, de la rue de l’Arcade, de la rue du Gros-Chenêt et de la rue Traversière-Saint-Antoine ; treize écoles de frères, notamment celles des rues des Francs-Bourgeois-Saint-Marcel, Saint-Dominique au Gros-Caillou, rue Saint-Bernard, rue de Chabrol, etc. ; dix écoles de sœurs ; dix maisons d’habitation de frères, maisons dites de secours et d’habitation de sœurs. » Sa demande était apostillée par le maire du (ancien) XIIe arrondissement et par Panis député de la Seine. Il joignait à sa demande le certificat suivant : « Nous, soussignés, certifions pour rendre hommage à la vérité que M. Gentilhomme, architecte de l’administration des hospices, chargé en 1832 de dispositions à prendre au cimetière des hospices pour l’inhumation des décédés du choléra, n’a pu organiser le service des terrassements et de la sépulture des cadavres qu’avec la plus grande peine ; que les ouvriers, craignant la contagion, refusaient leur concours et s’étaient éloignés du cimetière et que ce n’est que par son exemple en accomplissant lui-même les opérations les plus repoussantes des travaux qu’il a entraîné les ouvriers et assuré le service. » Signé, le 5 septembre 1832 : Heuriquet, entrepreneur des travaux, demeurant 14, rue Royale-Saint-Antoine ; Chaumet, conducteur, demeurant 5, rue Saint-Paul ; Lelièvre, concierge du cimetière. En 1837, le préfet de la Seine donnait sur son compte les renseignements suivants : « Les renseignements que j’ai recueillis sur le pétitionnaire sont des plus favorables. Architecte des hospices depuis dix-neuf ans, il a été chargé de travaux fort importants et il s’en est acquitté de manière à mériter l’éloge de cette administration. Nommé successivement commissaire et administrateur du bureau de bienfaisance du (ancien) XIIe arrondissement, les services gratuits que M. Gentilhomme a rendus dans ces dernières fonctions le recommandent d’une manière particulière à la reconnaissance des autorités locales et de la classe pauvre, pour laquelle il montre le plus grand dévouement. C’est surtout pendant le choléra que cet honorable citoyen s’est montré animé d’un véritable amour du bien public. M. Gentilhomme est aussi un des officiers les plus recommandables de la garde nationale. On l’a toujours vu, pendant les troubles qui ont agité Paris depuis la révolution de Juillet, se rendre un des premiers aux postes les plus dangereux, où il a souvent, au péril de sa vie, défendu la cause de la royauté et de l’ordre public. A tous ces titres il faut ajouter que M. Gentilhomme est un des notables du (ancien) XIIe arrondissement, qu’il jouit de beaucoup de considération et qu’il est très dévoué au gouvernement actuel. » En 1839, à l’occasion d’une nouvelle demande, il donnait les précisions suivantes : « Je n’ai pas d’autres titres à vous présenter que ceux qui sont énumérés dans ma demande, sinon que depuis environ quatre mois je suis administrateur de la succursale de la caisse d’épargne du (ancien) XIIe arrondissement et que dans une élection toute récente d’officier de la garde nationale, où plusieurs de mes camarades me portaient au grade de capitaine, ma candidature a échoué par le seul motif que jai refusé de signer la pétition pour la réforme électorale et que jai refusé également de consentir à la proposition qui ma été faite de mengager à ne point sortir en uniforme de chez moi en cas démeutes ! » En 1862, il réclamait toujours la décoration de la Légion d’honneur et Fouché Lepelletier, député de la Seine, sur papier à en-tête de l’Administration générale de l’Assistance publique à Paris, donnait sur son compte le récapitulatif suivant des services que Gentilhomme avait rendus : « Médaillé de Sainte-Hélène, M. Gentilhomme compte plus de quarante-trois années de service dans l’Administration de l’Assistance publique, dont il est un des architectes. Dans cette longue carrière, il a construit près de cent établissements affectés aux secours, aux écoles primaires et aux asiles. Il a été chargé, en 1832, de la création de deux hôpitaux temporaires dans lesquels étant seul il avait plus de quatre cents ouvriers à diriger ; ces travaux lui ont valu un témoignage de la satisfaction du conseil général. Il était chargé en même temps des mesures à prendre pour l’inhumation des décédés du choléra ; plus de mille six cents cadavres gisaient au soleil (les ouvriers refusaient leur concours). Il n’a pu assurer le service qu’en travaillant lui-même de ses mains avec eux, pour leur inspirer la confiance. Il a été gratuitement l’architecte des dames fondatrices de asiles : quatorze des premières salles ont été établies par lui ; pendant neuf ans administrateur du bureau de bienfaisance de son arrondissement ; pendant quelques années tuteur des orphelins de Juillet, administrateur de la Caisse d’épargne ; pendant douze ans capitaine en premier de la garde nationale ; membre des commissions sanitaires pendant toute leur durée et de la commission d’hygiène depuis sa création jusqu’à l’année dernière. L’agrandissement de Paris a été pour lui l’occasion d’un surcroît de travail considérable. Chargé seul de toutes les maisons de secours, M. Husson, directeur général lui a confié tout ce qui regarde les installations nouvelles de ces maison et les études d’asiles et écoles qui viennent s’y ajouter dans plusieurs localités. M. Gentilhomme est un ancien serviteur de l’Empire, un employé, un artiste comptant de bien longs et honorables services dans l’administration et en dehors un concours souvent répété à des œuvres d’intérêt public. En juin 1837, MM. les préfets de la Seine et de Police ont fortement appuyé une demande de la décoration de la Légion d’honneur faite en sa faveur : cette demande a été reproduite en 1857, 1858 et 1859. M. Husson a bien voulu le porter sur la liste de ses propositions en 1861. M. le cardinal Morlot a fait aussi la même demande pour lui en juin 1859, à l’occasion d’une chapelle construite rue de l’Eglise au Gros-Caillou. » On trouve dans son dossier l’inventaire complet, sans doute dressé en 1837, des établissements dont il avait été architecte. D’abord ceux construits à neuf : les asiles des rues de la Bienfaisance, de Ponthieu, de Longchamp, Neuve-Coquenard, des Petits-Hôtels, des Récollets, des Trois-Bornes, Traversière-Saint-Antoine, de Popincourt, Saint-Dominique au Gros-Caillou, des Grès, de l’impasse aux Bœufs ; des écoles d’enseignement mutuel des rues de Longchamp, de l’Arcade, du Gros-Chenêt, Traversière-Saint-Antoine, cour des Miracles ; des écoles de frères des rues de la Bienfaisance, Chabrol, des Récollets, Vert-Bois, Saint-Louis-en-l’Ile, Saint-Dominique au Gros-Caillou, Vanneau, des Francs-Bourgeois-Saint-Marcel ; des écoles de sœurs des rues Saint-Bernard, Saint-Dominique au Gros-Caillou ; des maisons de secours et d’habillement des rues de la Bienfaisance, Saint-Louis-en-l’Ile, Vert-Bois frères, du Faubourg-Saint-Marcel, Vert-Bois sœurs. Ensuite des établissements disposés dans d’anciens locaux : les asiles de la Halle aux draps, du quai d’Anjou, de la rue de Varennes, cour des Miracles, rue Saint-Paul ; des écoles d’enseignement mutuel la rue Vieille-du-Temple, impasse aux Bœufs ; des écoles de frères de l’impasse Mauconseil, des rues Saint-Bernard, de Reuilly, Saint-Benoît, des Bernardins, de la cour des Miracles ; des écoles de sœurs des rues Saint-Sauveur, Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, du Fauconnier, Poultier, Saint-Benoît, du Cloître-des-Bernardins, de l’impasse des Vignes et de la rue Saint-Jacques ; des maisons de secours et d’habillement des rues du Faubourg-Saint-Martin, du Cloître-des-Bernardins, Saint-Sauveur, Saint-Benoît, du Fauconnier. Chaix d’Est-Ange, procureur le recommandait très vivement. Il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur, le 14 août 1862. Il mourut le 17 janvier 1887. Gentilhomme était médaillé de Sainte-Hélène et précisait avoir été pendant neuf ans administrateur du bureau de bienfaisance du (ancien) IXe arrondissement, et pendant douze ans officier de la garde nationale (capitaine à la 2e compagnie du 3e bataillon de quelle légion ?). Il était père d’au moins trois enfants. Il demeurait 15, rue du Jardin des Plantes en 1831 ; 33, quai de la Tournelle en 1837-1839 ; 45, quai de la Tournelle en 1859. Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (cité deux fois dont la deuxième sous le numéro 128) ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 15 décembre 1830, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F 1dIV G 4 récompenses honorifiques ; Archives nationales LH/1113/2.

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