Gérard, François, Théodore

Biographie


Né le 11 novembre 1775 (mais le 11 novembre 1776 dans ses états de service in Archives de Paris DM13 1) à Montier-en-Der (Haute-Marne). Entré au service au 1er bataillon de la Haute-Marne, le 23 septembre 1790 ; passé dans le 11e régiment de chasseurs à cheval comme brigadier, le 16 mai 1793 ; passé dans la gendarmerie à cheval en l’an VIII ; gendarme d’élite dans l’ex-garde le 20 janvier 1808 ; passé comme adjudant sous-officier au 123e régiment de ligne, le 22 juin 1813 ; licencié à Saint-Omer le 23 juin 1814 ; enrôlé volontaire au 3e régiment d’infanterie de la garde le 20 novembre 1815 ; sergent le 19 décembre 1815 ; sergent de grenadiers le 1er février 1816. Il fit les campagnes de 1791, 1793 dans l’armée de la Moselle, celles de 1793 à l’an VIII dans l’armée du Nord, de l’an VIII à 1808 dans la Grande Armée, de 1808 à 1813 dans l’armée d’Espagne du Nord, 1813 et 1814 dans la Grande Armée. Il fut blessé d’un coup de feu à la jambe gauche et d’un autre coup de feu au genou gauche, d’un éclat de caisson au côté gauche à la prise de Liège en l’an II, de deux coups de sabre au bras gauche en l’an VII, d’un coup de lance en 1810 et de deux coups de sabre à la tête aussi en 1810. Il quitta le service en 1820, pour disait-il, « cause d’opinion ». Rentier. Le 30 août 1830, il faisait parvenir la lettre suivante au général Fabvier, président de la Commission des récompenses nationales : « Obligé de quitter le service en 1820, pour cause d’opinion, le corps mutilé d’honorables cicatrices et, depuis cette époque, je n’ai cessé de solliciter de l’emploi ou une pension, que je crois mériter et qu’aucune considération n’a pu me faire obtenir. D’après ce cours exposé, jugez, mon général, par vous-même, avec quelle impatience dans ma triste position j’attendais l’événement heureux qui vient d’arriver pour pouvoir me venger de ces lâches courtisans et de ces sangsues qui se gorgent avec une arrogance insultante du sacrifice de ma jeunesse et de mon sang versé pour ma patrie. Aussi avec quel enthousiasme je suis parti pour aller me battre contre ces forbans lorsque mercredi 28 au matin j’apprends que l’on se battait dans la capitale contre les tyrans de nos libertés. Arrivé à Paris, je me dirige de suite derrière l’Hôtel de ville. Je sollicite les moyens d’y entrer pour aller aider de mon courage les braves qui le défendaient, peines inutiles ; fâché jusqu’au cœur de ce contretemps, je sollicite des armes et j’obtiens un fusil, avec lequel je m’embusque au bout du trottoir qui aboutit à l’arcade Saint-Jean près du bureau de M. Duclos, écrivain public, et tant que j’ai eu des minutions de guerre je me suis battu et je puis affirmer sans craindre d’être démenti que tous mes coups portaient sentence, l’on peut s’en informer dans le quartier et l’on reconnaîtra l’exacte vérité […]. Le lendemain 29, j’étais un des premiers à la prise de la caserne de Babylone ; le garde national à cheval qui était à la tête de la colonne ne peut se refuser à ces vérités, je suis prêt à paraître devant lui, il ne peut manquer de se rappeler que je lui ai proposé de marcher avec lui en tête de la colonne pour aller prendre les Invalides par l’avenue de Breteuil. Je savais d’après des informations que j’avais prises qu’ils étaient sans défense de ce côté. C’est pour quoi, mon général, j’ai l’honneur de vous écrire, comme père et l’ami intime des vrais enfants de la patrie pour que vous voulussiez bien me rendre ou me faire rendre justice, en me nommant ou me faisant accorder le grade d’adjudant de place, sous vos ordres, ou une lieutenance de gendarmerie dans l’un des départements soit Seine-et-Marne, la Marne, la Meuse, l’Aube ou Loiret ou une pension qui puisse me mettre à même, avec mon épouse, de finir honorablement nos jours. Votre bonté, etc. » Il joignait le certificat suivant : « Nous, soussignés, certifions et attestons pour rendre hommage à la vérité, parfaitement connaître le citoyen François, Théodore Gerard, ex-militaire, demeurant à Sceaux (Seine), lequel a pris les armes dans les mémorables journées des 28 et 29 juillet 1830. Ayant combattu pendant ces deux jours contre les oppresseurs de la nation, il a par son courage et sa bravoure donné des preuves si éclatantes de son patriotisme que nous nous empressons de satisfaire à sa demande, en affirmant l’avoir vu pendant une partie de la journée du 28 rester constamment sous l’arcade Saint-Jean, place de l’Hôtel de ville, exposé seul au feu meurtrier des ennemis de la patrie, recevoir des armes toutes chargées et risquer vingt fois sa vie pour la cause sacrée de la liberté. Nous certifions en outre l’avoir vu fournir à ses frais des moyens de subsistance aux défenseurs de la patrie et avoir appris que le lendemain 29 il avait assisté à la prise de la caserne de Babylone. » Signé, en août 1830 : Duclos, écrivain public, demeurant 8, rue du Martois ; Legrand, demeurant 146, rue de la Mortellerie ; Ouvray aîné, demeurant 146, rue de la Mortellerie ; Chaumont, mécanicien, demeurant 5, impasse Saint-Faraud dans la rue de la Tixéranderie ; Remusier illisible, demeurant 14, rue du Martois ; Perrene Carlonie illisible, demeurant 148, rue de la Mortellerie ; Leblanc, demeurant 14, rue du Martois ; Leconteur, marchand de bouteilles, demeurant 16, rue du Martois ; Gallimard, marchand, demeurant 1, rue du Monceau-Saint-Gervais ; Dollé, marchand de vins, demeurant 48, rue du Martois (mais 18, rue du Martrois dans dautres certificats quil signe, à corriger ?) ; Gallant, fondeur, demeurant 4, rue du Tourniquet-Saint-Jean ; Copin, garçon marchand de vin, demeurant 21, rue de Varennes ; Gagne demeurant 21, rue de Varennes ; Seguin, demeurant 18, rue de Varennes ; Jacquet, marchand de vin, demeurant rue Mademoiselle ; Daubin (voir Daubin, Jean-Baptiste), 1er sergent à la 1re compagnie du 1er bataillon de la Xe légion de la garde nationale, demeurant 36, rue de Varennes, qui ajoutait : « Je certifie que le sieur Gérard était présent et même se battait en brave à mes côtés à la caserne de Babylone. » Fromage, propriétaire, demeurant 8, rue Saint-Dominique au Gros-Caillou. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la sous-préfecture de Sceaux. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de l’arrondissement de Sceaux. Il prêta son serment le 16 mai 1831 et reçut sa croix le 23 juin 1831 à la sous-préfecture de Sceaux ; le serment était ainsi rédigé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » « Ayant plusieurs fois versé son sang pour sa patrie », il fut proposé par la Commission des récompenses nationales pour une place d’adjudant de place. En 1831, sans nouvelle, il écrivit au président du Conseil afin d’obtenir ce qui lui avait été promis ou une place équivalente. Le 15 octobre 1831, il fit retirer par son épouse certaines des pièces qu’il avait confiées à la Commission des récompenses nationales, « dont l’une du 3e régiment de l’ex-garde, une autre des gardes du corps à pied et une autre des autorités du Gros-Caillou ». Gérard demeurait 7, rue du Petit-Chemin à Sceaux (alors Sceaux-Penthièvre) en 1830-1831 ; 33, rue de Sèvres (mais 38, rue de Sèvres in Archives de Paris VK3 37 sur le registre) à Vaugirard (Seine) en 1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet de l’arrondissement de Sceaux ; Archives de Paris DM13 1 ; Archives de Paris VK3 13 ; Archives de Paris VK3 37, état nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet, qui ont retiré leur croix des bureaux de la sous-préfecture de Sceaux après avoir prêté entre les mains du sous-préfet le serment prescrit par l’article 4 de l’ordonnance du roi du 30 avril 1831 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, arrondissement de Sceaux ; Archives nationales F/1dIII/56.

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