Germain, Jean, Alexis
Biographie
Né le 26 mai 1806 à Paris. Machiniste. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il adressa, en effet, la lettre suivante à cette Commission : « Le citoyen Germain, Jean, Alexis, âgé de quarante ans, journalier, marié, ayant deux enfants de sexe masculin, l’aîné âgé de dix ans et le cadet de neuf, ayant fait partie de la 3e compagnie des sapeurs-pompiers de la Ville de Paris, entré comme enfant de troupe et quitté en l’année 1833, a l’honneur de vous exposer que le 28 juillet 1830, il se trouvait de garde à la préfecture de police, par leurs officiers furent conduits au Louvre et que par leurs ordres ils furent désarmés et leurs armes remises aux gardes suisses et de là forcés de rentrer à leur caserne !... Le soussigné quitta le détachement, composé de soixante hommes, pour aller se joindre aux citoyens qui se trouvaient sur le quai de l’Ecole, pour conquérir la liberté ! fit cause commune avec eux ! armé seulement d’une hache qui lui restait, parvint, se trouvant en uniforme dans le cas de conduire les citoyens qui le suivirent au Louvre et parvint avec son énergie à mettre les Suisses en déroute et s’empara des soixante fusils que lui et ses concitoyens y avaient laissés ! ¨Pour ce fait signalé, une Croix de Juillet lui fut décernée mais le colonel se refusa à ce qu’il l’acceptât. A la prise du poste du marché Saint-Jean, en date du 12 mai [sans doute 1839, jour de l’insurrection républicaine des 12 et 13 mai 1830, N.D.A.], il fut blessé par un garde municipal à cheval d’un coup de sabre au bras gauche et fut pansé en son domicile par le docteur Rimonot, rue des Fontaines-du-Temple. En février dernier, le 24, il se trouvait à la tête de soixante volontaires de la commune de Belleville. Il se transporta à la rue de Vendôme et se joignit et les siens à un détachement de la VIe légion et se rendit au Palais-Royal, où il combattit et se rendit au château des Tuileries, où il prit part à la prise […]. » Il joignait à sa lettre le certificat suivant : « Je certifie avoir vu le citoyen Germain aux affaires du 24 février 1848 près le Palais national [lire Palais-Royal, N.D.A.]. » Signé, le 15 mars 1848 : …il capitaine dans la VIe légion ; Aigour illisible, capitaine dans la VIe légion ; Veyrat, lieutenant. Suivaient plusieurs annotations. La première annotation : « Je reconnais avoir vu le citoyen Germain le jour du convoi, déployer tout le zèle d’un bon citoyen pour le maintien de l’ordre, depuis la Madeleine jusqu’à la Bastille. » Pillet, E., demeurant 9, rue de Tourtille à Belleville. La deuxième annotation : « Je reconnais avoir vu le citoyen Germain aux affaires du 24 février près le Palais national, déployer tout le courage d’un bon citoyen. » Signé : Richard, L., demeurant 9, rue de Tourtille à Belleville. La troisième annotation : « Je reconnais avoir vu partir le citoyen Germain pour le Palais national. » Signé : Micalet, Francisque ; Dhkiewco ou Dyskawic. Il fut recommandé par la Commission pour le signe honorifique qui devait être créé pour perpétuer le souvenir de la Révolution, mais qui ne fut jamais institué, et pour une place de portier consigne dans une caserne. Il savait lire et écrire faiblement. Il était marié et père de deux enfants en 1848. Il demeurait 23, rue de Tourtille à Belleville en 1848. Archives de la préfecture de police AA 389.