Germain, Louis, François
Biographie
Le 8 septembre 1830, il adressait la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « Je vous prie d’excuser la liberté que je prends de vous écrire. J’ai fait faire un certificat qui atteste que j’ai combattu pour la cause de la liberté, lequel est visé par le maire de Vaugirard, et l’ayant remis entre les mains de M. Payen, il y a un mois, il me remet de huit jours en huit jours, n’ayant pas la facilité d’instruire. Vu que je suis sans ouvrage et sans parent depuis l’âge de deux jours qu’ils m’ont abandonné audit hospice. J’ai vu sur les Petites Affiches que les personnes qui avaient combattu pour la patrie devaient s’adresser au maire de leur arrondissement et qu’il leur serait accordé une récompense. Je crois l’avoir gagnée, comme mes camarades qui en ont reçue. Etant dans une position très malheureuse, j’ai été obligé de payer un fusil quarante-cinq francs, que j’ai emprunté dans le garni où je demeure et il m’a été pris par trois vagabonds, en revenant de monter la garde le 30 juillet au dépôt central de l’artillerie, place Saint-Thomas-d’Aquin. Je me rendis chez mon maître, qui me renvoya vu qu’il y avait seize jours d’écoulés à la suite des journées des 27, 28 et 29 juillet. Depuis ce temps, j’ai été obligé, pour vivre, de vendre une grande partie de mes effets et pour m’acquitter du fusil, ce qui a été très nuisible pour moi. Je me suis présenté plusieurs fois pour avoir de l’ouvrage mais n’ayant pas d’outil j’ai été renvoyé. Je réclame vos bontés et vous prie de jeter sur mon exposé un regard favorable en m’accordant une gratification. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. Il demeurait chez Mme Soupinel illisible, logeuse en garni, 2, barrière de l’Ecole-Militaire en 1830. Archives de Paris VK3 45.