Germain, Pierre, Jean

Biographie


Né le 7 novembre 1790 à Mézières (Calvados). Ecrivain. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants, 10, rue Bourg-Labbé, afin d’obtenir la Croix de Juillet et un emploi dans les travaux. « […] A l’honneur d’exposer que dans les trois journées mémorables de Juillet il aurait manifesté son zèle de patriotisme sans pour cela en avoir exigé aucune indemnité. Il aurait obtenu un certificat signé d’un grand nombre d’individus, constatant la manière de son dévouement pour la liberté. Il aurait présenté ce certificat à M. le ministre des Finances, dans le courant d’octobre dernier, joint à une demande de la place d’une perception dans le département du Calvados, lieu de sa naissance. Le ministre des Finances l’aurait transmis à M. le préfet de cet arrondissement et depuis ce moment le soussigné n’en n’a point pu avoir la remise. Il s’est de nouveau adressé à l’auguste monarque qui gouverne les Français pour obtenir soit une place de concierge, garde ou surveillant d’une compagnie d’ouvriers dans les travaux du gouvernement. Sa Majesté lui a répondu qu’il avait transmis sa demande à M. l’administrateur des biens de la Couronne. Jusqu’à ce moment, rien de nouveau. L’exposant, dans les trois journées immortelles, aurait exposé dangereusement sa vie, en combattant et étant presque toujours sous la mitraille. Il a arrêté un aide-de-camp à la barrière de l’Etoile, à coups de pierres, en présence de tous les gendarmes, qui n’ont point bougé, fort heureusement, que les tailleurs de pierre sont venus à son secours, sans quoi cet aide-de-camp portait la main à ses pistolets et s’est enfui du côté de Saint-Cloud. Il était à l’arrestation du duc de Bellune et faisait partie de ceux qui ont fait l’inspection de sa voiture et lui fit crier Vive la Charte ! Vive la liberté ! De plus, il aida à faire rendre dix gardes royaux, qui remirent leurs fusils et cartouches. D’après cela, on les fit passer par les croisées des commis de la barrière Longchamp et on leur paya du vin. Ayant aperçu une compagnie de Suisses, on les somma de se rendre ; le chef ayant fait résistance, il fut tué et traversé de plusieurs balles. Les autres se rendirent et finalement arrivé dans la rue Saint-Honoré, presque en face le Palais-Royal où étaient renfermés plusieurs Suisses, il tira plusieurs coups de feu sur les croisées. C’est aux fins que dessus que le soussigné a l’honneur de faire sa réclamation pour être mis au nombre des combattants de Juillet si toutefois elle est par ces messieurs regardée méritoire parce que sur les barricades nous étions tous frères et égaux. En accueillant la demande du soussigné, vous rendrez justice à celui qui a l’honneur etc. » Il citait les personnes suivantes comme pouvant donner des renseignements sur la conduite qu’il avait tenue pendant les combats de Juillet : Graffet, Pierre, François, (voir ce nom), décoré de la médaille de Juillet, demeurant plaine de Champerret aux Ternes ; Puthomme, Irénée (voir ce nom), décoré de la médaille de Juillet, demeurant 2, barrière du Roule ; Lemanissier (voir Lemanissier, Frédéric), sculpteur, demeurant 13, barrière du Roule ; Miller, Nicolas (voir ce nom), médaillé de Juillet, demeurant 10, rue des Acacias aux Ternes ; Olivier, tailleur, demeurant 8, rue des Acacias aux Ternes ; Barbel, marchand de vin, sur la pelouse à l’Etoile de Passy. Il joignait à sa lettre le certificat suivant : « Nous, soussignés, certifions qu’il est à notre connaissance que le nommé Germain, Pierre, Jean, écrivain, rue des Acacias n° 10, aux Ternes, dans les grandes journées de Juillet, se serait beaucoup occupé à faire des barricades sur les routes du Roule, de l’Etoile et la rue des Acacias, qu’il aurait lancé plusieurs coups de pierre sur un aide-de-camp, en présence des gendarmes de l’Etoile (il faisait partie de ceux qui ont arrêté le duc de Bellune et fait l’inspection de sa voiture pour savoir s’il ne portait point quelque ordonnance contre la liberté), fit se rendre dix gardes royaux, qui lui déposèrent leurs fusils et cartouches et les conduisit par la barrière Longchamp et leur paya du vin et ils entrèrent tous dans Paris par la croisée du bureau des employés de la barrière. » Signé, le 1er juillet 1831 : Duval ; Graffet, Pierre, François, (voir ce nom), décoré de la médaille de Juillet, demeurant plaine de Champerret aux Ternes ; Gadiffert ; Lemanissier (voir Lemanissier, Frédéric ), sculpteur, demeurant 13, barrière du Roule ; Lemonnier, Jacques ; Colard. Il avait signé, en décembre 1830, le certificat suivant en faveur de Dautricour, Grégoire, François : « Nous, soussignés, certifions à tous [ceux à qui] il appartiendra que le nommé Dautricour, François, Grégoire, menuisier, demeurant hors la barrière du Roule n° 6, bis, aux Ternes, commune de Neuilly, s’est conduit comme un brave citoyen dans les trois journées immortelles de juillet dernier à Paris, qu’il a combattu en exposant dangereusement sa vie, il a eu la lèvre supérieure fendue d’un coup de sabre, qu’il a reçu plusieurs coups de pied, de poing et beaucoup de bourrades de fusil, ce qui lui a occasionné de rester au moins trois semaines sans pouvoir travailler. » Selon Lemanissier, Frédéric, dans le récit qu’il faisait de sa propre participation aux combats, il était l’une des personnes auxquelles on pouvait demander des renseignements sur son compte. Germain signa d’ailleurs, le 1er juillet 1831, le certificat suivant en faveur de Lemanissier, Frédéric : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Lemanissier, Frédéric, sculpteur, demeurant aux Ternes dans les journées immortelles de Juillet, aurait beaucoup travaillé à faire des barricades dans la rue Saint-Honoré, qu’à la barrière de l’Etoile il fit l’arrestation du duc de Bellune, fit la perquisition de sa voiture et de ses poches pour savoir s’il ne portait point des ordonnances contre la liberté. Il lui fit crier Vive la charte, vive la liberté ! Il fit ensuite rendre dix gardes royaux qui remirent leurs fusils et leurs cartouches. Il les conduisit par la barrière Longchamp, où ils passèrent par la croisée du bureau des employés pour entrer dans Paris et leur paya du vin. » Il était indiqué comme « sans fortune » sur les fiches de la Commission. Il demeurait 7, rue des Acacias (aussi 10, rue des Acacias, il y a les deux adresses dans le dossier) aux Ternes en 1831. Archives de la préfecture de police AA 382 in dossier Dautricour, Grégoire, François ; Archives de la préfecture de police AA 389 ; Archives de la préfecture de police AA 399 in dossier Lemanissier, Frédéric.

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.