Germinet, Georges
Biographie
Né le 22 avril 1793 aux Aix-d’Angillon (Cher). Entré au service le 1er décembre 1812 au 66e de ligne, passé au 62e le 21 juillet 1814, licencié le 9 août 1815, admis au 5e régiment de la garde royale le 1er janvier 1816, congédié à Saint-Denis le 23 janvier 1822, comme voltigeur à la 1re compagnie du 5e régiment, la durée de son engagement étant expirée ; il avait participé aux campagnes de 1811, 1812, 1813 et 1814. Marchand de vins et traiteur. Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, maire adjoint de la commune d’Ivry et habitants du hameau des Deux-Moulins, même commune, certifions que le nommé Georges Germinet, marchand de vins, traiteur, demeurant audit Deux-Moulins, sergent de la garde nationale, a resté pendant trois jours et deux nuits consécutifs au poste de la barrière dudit Ivry pour y garder le dépôt de poudre qui non seulement lui fut confié mais que lui-même fit faire le 28 juillet, en arrêtant la poudre emportée par des pillards et qu’il en fit la distribution à qui de droit, notamment à différents élèves de l’Ecole polytechnique, qui en ont conduit plusieurs voitures où il y avait nécessité. C’est pourquoi je supplie monsieur le maire du (ancien) XIIe arrondissement de la Ville de Paris ainsi que messieurs les membres composant le conseil municipal de ladite mairie de vouloir bien lui accorder un fusil pour la défense de la patrie et puis le dédommager des pertes qu’il a éprouvées pendant ces journées 27, 28 et 29 juillet, en distribuant des nourritures aux défenseurs de la patrie qui se présentaient chez lui, n’ayant aucune ressource pour se sustenter. » Signé, le 18 août 1830 : Brigonnet, P., capitaine de la garde nationale ; Clairet, sous-lieutenant de la garde nationale ; Painsotte, J., sous-lieutenant de la garde nationale ; Prevost, J.-J., lieutenant de la garde nationale ; Houfroy, adjoint ; Archambault, maire ; Taillefer, chef de bataillon de la garde nationale, qui recommandait « fortement le sieur Germinet dont la conduite a été honorable pendant les journées des 27, 28 et 29 juillet dernier » ; Desgranges, colonel de la IIIe légion de la garde nationale, banlieue de Paris, qui recommandait Germinet « pour sa conduite très honorable dans les journées de juillet dernier ». Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux. Il sollicitait une place de sommelier, parce que connaissant depuis son enfance la partie des vins. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de l’arrondissement de Sceaux. Il signa, le 10 septembre 1831, le certificat suivant en faveur de Bellot, Jean, Charles, Marie : « Je, soussigné moi Germinet, étant chef de poste des Deux-Moulins, avoir donné de la poudre pour les combattants au sieur Bellot, dans lesdites journées mémorables de juillet 1830. » Il signa, le 23 septembre 1831, le certificat suivant en faveur de Demousseaux, Jean, Félix Aimé, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, certifions que M. Desmousseaux, Jean-Baptiste (sic), demeurant au hameau des Deux-Moulins, commune d’Ivry-sur-Seine, s’est conduit, dans les mémorables journées de juillet 1830, de manière à pouvoir faire valoir ses titres à la décoration accordée par le roi, et notamment qu’il a contribué de tout son pouvoir et de sa personne à empêcher la dilapidation de la poudre à la poudrière de la Salpêtrière, le 27 juillet (sic). » Il signa, le 8 septembre 1831, le certificat suivant en faveur de Rudel, Jacques, et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, habitants de la barrière de Fontainebleau et Choisy, certifions qu’il est à notre connaissance que le sieur Rudel, marchand de vin, demeurant barrière de Fontainebleau, route de Choisy, a, le premier, manifesté le vœu de se réunir pour protéger les personnes et les propriétés, prévenir le brigandage et que par suite les habitants s’étant rassemblés, ont pendant le cours des journées de Juillet, arrêté les voleurs du château des Tuileries et maintenu la tranquillité. » Il ajouta l’apostille suivante à ce dernier certificat : « Je soussigné, moi Germinet, chef de poste de la barrière des Deux-Moulins, [certifie] que le sieur Rudel faisait partie d’une patrouille le 28 juillet 1830. » Il signa, le 23 septembre 1831, le certificat suivant en faveur de Seurre, Jean-Baptiste, et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, certifions que M. Seurre, Jean-Baptiste, demeurant au hameau des Deux-Moulins commune d’Ivry-sur-Seine, s’est conduit dans les mémorables journées de juillet 1830 de manière à faire valoir ses titres à la décoration accordée par le roi et notamment qu’il a contribué de tout son pouvoir et de sa personne à empêcher la dilapidation des poudres à la poudrerie de La Salpêtrière le 27 juillet. » Il prêta son serment le 26 mai 1831 et reçut sa croix le 23 juin 1831 à la sous-préfecture de Sceaux ; le serment était ainsi rédigé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la sous-préfecture de Sceaux, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il était père de famille, et avait sa belle-mère aveugle à charge en 1830. Sa veuve reçut un secours de quarante francs, en 1851, en 1852 et en 1853, à titre de veuve d’un médaillé de Juillet. Il demeurait 32, rue Royale au hameau des Deux-Moulins à Ivry en 1830-1831 ; sa veuve 130, route d’Orléans en 1851 ; 6, rue Pernety à Plaisance en 1852 ; 20, rue Pernety, chez Mme Colas, à Plaisance, en 1853. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris DM13 1, sous-préfecture de Sceaux, état des sommes payées aux citoyens décorés de la croix ou de la médaille de Juillet, en vertu de la décision du 23 juillet 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet de l’arrondissement de Sceaux ; Archives de Paris VK3 37, état nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet, qui ont retiré leur croix des bureaux de la sous-préfecture de Sceaux après avoir prêté entre les mains du sous-préfet le serment prescrit par l’article 4 de l’ordonnance du roi du 30 avril 1831 ; Archives de Paris VK3 45 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIVe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Sceaux ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, arrondissement de Sceaux ; Archives de la préfecture de police AA 369, Envoi d’un état nominatif de décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, en date du 21 février 1851, minutes 164-166, idem, Proposition, en date du 6 mai 1851, d’accorder à 153 décorés, médaillés, veuves, combattants et orphelins de Juillet 1830, des secours s’élevant à la somme de 8.025 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 181-184 ; Archives de la préfecture de police AA 372 in dossier Bellot, Jean, Charles, Marie ; Archives de la préfecture de police AA 384 in dossier Demousseaux, Jean, Félix Aimé ; Archives de la préfecture de police AA 412 in dossier Rudel, Jacques ; Archives de la préfecture de police AA 414 in dossier Seurre, Jean-Baptiste, idem Proposition d’accorder à 128 décorés, médaillés, veuves, ascendants, orphelins et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant à 6.895 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, en date du 19 avril 1852, minutes 217-220, idem Proposition d’accorder à soixante-deux décorés et veuves de décorés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 3.425 francs, minutes 266-268, en date du 10 février 1853.