Gérôme, Nicolas, Louis, François

Biographie


Né le 2 février 1802 (mais le 2 février 1799 in Archives nationales F/1dIII/39) à Paris. Tailleur (par erreur marchand de draps in Archives nationales F/1dIII/39 et aussi marchand tailleur in Archives nationales F/1dIII/39 et marchand de draps in Archives nationales F/1dIII/34). Tailleur. Les journaux de l’époque donnèrent la relation suivante de la conduite qu’il avait tenue pendant les journées de Juillet : « De prompts secours ont été distribués dans la maison de M. Pitois, rue du Coq-Saint-Honoré. C’est dans cette maison, située en face du Louvre, qu’ont été reçus les blessés des deux partis ; Suisses, gardes royaux, citoyens, tous ont été traités avec un empressement égal. M. Vaudois (lire sans doute Vaudin, selon le certificat médical délivré par lui à Guillain, Charles, Elzéard), M. Boyer (de Marseille) et M. Bézian (lire sans doute Bazignan, Jean-Baptiste selon le certificat médical délivré par lui à Guillain, Charles, Elzéard), tous trois docteurs en médecine, se sont à l’envi livrés au soin d’extraire les balles des blessures et de poser les premiers appareils. Au nombre des personnes qui se sont distinguées par leur zèle à donner des secours et leur empressement à offrir du pain et du vin à qui pouvait en avoir besoin, nous devons citer plus particulièrement MM. Jérôme (sic), tailleur, et Lamanou, pâtissier, qui occupent au rez-de-chaussée le devant de la maison. Toutes les dames de la maison, et celles des maisons voisines, n’ont pas tardé à surmonter leur frayeur pour imiter un si bon exemple : c’était à qui apporterait des compresses, de la charpie et du bouillon. » Dans une lettre adressée à la Commission, le 14 août 1830, Dupont, Albert, Léon, Jules (voir ce nom), étudiant en droit, donnait le récit suivante de la conduite de Gérôme : « Le 27 juillet, je me trouvais, ainsi que beaucoup de citoyens dans la rue des Bons-Enfants, où nos voix mêlées criaient unanimement Vive la Charte ! La gendarmerie à cheval fondit bientôt sur nous, le sabre nu, et je fus la première victime de leurs évolutions : un coup de pointe de sabre assez profond à l’épaule nécessita ma retraite. Je me retirais péniblement vers ma demeure, lorsque, passant dans la rue du Coq-Saint-Honoré un brave et honnête citoyen habitant cette rue vint à mon secours et me transporta chez lui, où je reçus de son médecin les premiers secours de l’art. Ce n’était que le prélude des bonnes actions dont M. Jérôme (sic), marchand tailleur (car c’est de lui dont il s’agit) s’est rendu l’auteur pendant les 27, 28 et 29 juillet. Car tous les blessés assez heureux pour en être aperçus ont été recueillis par lui avec un empressement et une humanité qui rehaussaient encore le prix de ses belles actions. Dans ces temps critiques, ce noble citoyen semblait se multiplier pour se rendre utile et, le 29 juillet, lors de la prise du Louvre, il fit une distribution de vivres aux braves qui venaient de s’en rendre maîtres. La belle conduite de M. Jérôme ne saurait être trop connue, aussi tous ses voisins lui en ont-ils manifesté leur reconnaissance et leur satisfaction. Quoique le fait qui me concerne et ce qui est relatif à M. Jérôme aient été déjà consignés dans le Constitutionnel du 31 juillet et dans le Moniteur du 1er août, j’ai, pour satisfaire à la reconnaissance que je dois à M. Gérôme (sic), pris sur moi de vous adresser la présente pour que votre patriotisme en fasse usage en temps et lieu. » Le même Dupont adressa une autre lettre à la même Commission et dans laquelle on trouve d’autres indications sur la conduite de Gérôme : « […] La conduite de M. Gérôme durant nos mémorables journées de Juillet est digne des plus grands éloges. Le dévouement dont il a multiplié les preuves, l’humanité qu’il a déployée, les soins désintéressés qu’il a prodigués aux malheureuses victimes de la tyrannie lui donnent des droits incontestables à la bienveillance du gouvernement. Son courage me sauva, frappé d’un coup de sabre dans la journée du 27, j’eus assez de force pour me traîner jusqu’à sa demeure. Il me vit couvert de mon sang, prêt à être foulé aux pieds. L’imminence du danger ne l’effraie pas. Sans calculer les suites terribles que pouvait avoir sa générosité si Paris succombait, il accourt, les soins les plus tendres et les plus affectueux me rappellent à la vie. Deux autres infortunés me succédèrent, même intérêt, même sollicitude. J’ai su depuis qu’un grand nombre de blessés avaient trouvé chez M. Gérôme un refuge contre les sbires d’une autorité sanguinaire. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie de cet arrondissement (il est pourtant sur la liste de la mairie du (ancien) IIe arrondissement in Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement, mêmes nom et prénoms, adresse mais il est aussi in Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement, marchant tailleur demeurant 3, rue du Coq-Saint-Honoré). En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il cosigna avec une vingtaine d’autres médaillés la lettre d’Eric, Bernard (voir ce nom), président de la commission des médaillés de Juillet, et qui, en date du 20 juillet 1831, demandait qu’il y ait une unité du ruban auquel devaient être suspendues les croix et les médailles, des médaillés ayant été poursuivis pour avoir porté le ruban bleu, ruban qui suspendait la Croix de Juillet, au lieu du ruban tricolore, ruban qui suspendait la médaille de Juillet. La demande était fondée sur ce que chaque citoyen avait le droit de porter le ruban national, et d’y suspendre une des nombreuses médailles qui avaient été frappées depuis la révolution. Il cosigna, de la même manière et avec cinq autres médaillés, une lettre en date du 23 décembre 1831, toujours présentée par Eric, Bernard, et qui demandait au ministère de l’Intérieur la présentation d’un projet de loi pour que la médaille de Juillet fût assimilée à la Croix de Juillet et considérée comme telle. Sa médaille lui fut délivrée le 27 juin, et son brevet le 26 août 1831. Il demeurait 3-5, rue du Coq-Saint-Honoré en 1830-1831. Le Constitutionnel, 31 juillet 1830 ; Le Moniteur universel, 1er août 1830 ; La Révolution de 1830, ou Histoire des événements qui ont eu lieu dans Paris, les 27, 28, 29 et 30 juillet, par un témoin oculaire, Paris, Philippe, libraire, 1830, p. 35 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis (sous le seul nom de Gérôme et sous celui de Gérôme, Nicolas, Louis) ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 (sous le seul nom de Gérôme et sous celui de Gérôme, Nicolas, Louis) ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 277 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement et noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement, lettre en date du 20 juillet 1831 et lettre en date du 23 décembre 1831.

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