Gibon, Isidore, Benjamin.
Biographie
Né le 3 vendémiaire an XIV (25 septembre 1805) à Laigle (Orne), fils de Gibon, Jean-Louis, marchand quincaillier, et de Gille, Madeleine, son épouse. Enrôlé volontaire le 1er octobre 1823 au 3e régiment de chasseurs, nommé brigadier le 1er septembre 1825, maréchal des logis fourrier le 13 mai 1828, réformé pour infirmités le 25 septembre 1829 ; il fit les campagnes d’Espagne de 1824 à 1827, de Morée en 1828-1829. Il reçut un total de deux cents francs de secours auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement et aussi par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IVe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 5 janvier 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 27 au Palais-Royal et à la rue Saint-Honoré. Le 28, armé vers 2 heures à la mairie, n’a pu parvenir à la Grève et est resté de garde à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, où il a passé la nuit. Le 29 au désarmement de la caserne de l’Estrapade ; à Babylone, a commandé un détachement qui est arrivé le premier au feu. Rentré à la mairie, fut fait caporal du poste et a fait patrouille pendant la nuit du 29 au 30. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, apporta quelques précisions supplémentaires : « Le 27, il fit partie des rassemblements qui résistèrent contre les gendarmes à la rue Saint-Honoré et au Palais-Royal. Le 28, armé vers 2 heures à la mairie, il y fut retenu pour le service du poste et il y a passé la nuit. Le 29, au désarmement de la caserne de l’Estrapade, à Babylone il commandait le détachement qui est arrivé le premier au feu. Il s’est particulièrement distingué en portant des paillasses pour alimenter le feu, sous les balles de l’ennemi. Rentré à la mairie, il fit les fonctions de caporal pendant la nuit du 29 au 30. » Ce même jury se prononça, dans sa séance du 5 janvier 1831, à trois voix pour la croix, deux voix pour la médaille et une voix pour une mention puis par révision en date du 27 mars 1831, il se prononça à six voix pour la croix, trois voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement (sous le seul nom de Gibon sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il délivra le certificat suivant en faveur de Le Rasle, Gabriel (voir ce nom) : « Le 29 juillet, j’ai été appelé par quelques amis de mes camarades au commandement d’un détachement qui devait marcher contre la caserne de Babylone. M. Lerasle en faisait partie. Je certifie qu’il a constamment montré dans cette journée, l’enthousiasme et l’intrépidité qui ont distingué dans ces jours mémorables nos braves défenseurs de la liberté. » Heurtebise, Auguste, Prosper (voir ce nom), signa lui aussi un certificat en faveur de Lerasle, et ce certificat nous donne quelques indications sur la conduite de Gibon ; ce certificat contient les indications suivantes : « Le 29, je le (Lerasle, N.D.A.) vis encore à mes côtés dans le nombre de braves qui marchèrent à la prise de la caserne de Babylone. Là, son courage lui fournit des occasions de prouver ce qu’il pouvait faire pour la patrie. Il fut un des premiers de notre compagnie qui marcha sur les pas du brave M. Gibon, pour enfoncer la porte de la caserne, qui se trouvait rue Plumet. » Le 1er septembre 1830, il intégra les lanciers d’Orléans (aux 6e lanciers d’Orléans, caserné à Melun) comme maréchal des logis. Le 19 décembre 1830, sur le rapport de la Commission des récompenses nationales, il fut compris dans la liste des cent neuf citoyens nommés au grade de sous-lieutenant (dans la proportion de deux par régiment), pour s’être « particulièrement distingués dans les journées de juillet ». Il fut affecté à l’Ecole de cavalerie de Saumur. Il avait reçu deux cents francs, le 10 novembre 1831, comme somme à valoir sur son indemnité de première mise auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il reçut mille francs de supplément d’indemnité de première mise, par suite de la décision de M. de Montalivet, en date du 26 septembre 1831. En 1835, il était sous-lieutenant de cavalerie au 7e chasseurs à Provins. Il était le neveu du professeur Gibon ou Gibbon, professeur de philosophie au collège Henri-IV, et inquiété dans l’affaire Fieschi. Parent de Morey (sa femme, alors décédée en 1835, était la cousine de la dame Mouchet), il dînait, le 28 juillet 1835, chez Morey. Ils restèrent à table jusqu’à 9 heures. Il témoigna : « Je connais M. Morey depuis dix ans. Je lui suis attaché par la reconnaissance pour les services qu’il me rendit lorsque je vins m’établir à Paris. Je dînai, le 28, chez lui. Du reste, je ne sais rien relativement à l’attentat ; je ne puis ni le servir ni le compromettre. A ce dîner, il me parut fort calme, il manifesta les sentiments que tout le monde à peu près manifestait alors. » Gibon oncle demanda la remise en liberté ou du moins la permission de le voir pour la dame Mouchet. Il n’avait pas de fils, mais ce neveu, Isidore, Benjamin Gibon. Autre témoignage sur les activités du professeur Gibon, celui de la reine des Français : « 17 août [1827]. A 11 heures, nous avons assisté au collège Henri-IV à la distribution des prix. M. Gibbon, professeur de seconde, a fait un très bon discours sur la nécessité et les avantages de l’étude à tous les âges et en toutes les circonstances. D’une façon très aimable, il a fait allusion à mon mari mettant à profit les études au temps de sa mauvaise fortune. Nemours a remporté le deuxième prix de grec, le cinquième accessit de version latine, le quatrième de thème et le troisième d’histoire. » Journal de Marie-Amélie, reine des Français, Perrin, 1981 (sous le nom de Gibbon). Interrogé à son tour, Isidore Gibon dit n’avoir vu Morey que deux fois dans sa vie : « La première, quelques jours après les journées de Juillet, au baptême d’un enfant de mon oncle, la seconde, il y a quatre ou cinq mois, autant que je puisse m’en souvenir. Ma tante m’a engagé à l’aller voir. » Il fut nommé lieutenant le 27 avril 1838, capitaine adjudant-major le 20 février 1842, passa au 4e régiment de chasseurs d’Afrique comme capitaine le 11 mars 1845, capitaine commandant le 27 juillet 1845. Il les campagnes d’Afrique en 1845, 1846 et 1847. Chef d’escadron commandant le dépôt de remonte de Mérignac, il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur le 22 septembre 1846, officier le 11 août 1855. Il mourut le 29 mai 1863. Il demeurait 14, rue des Postes en 1830-1831 ; sa mère, et Gibon, Isidore, Benjamin habitait chez elle quand il était en permission, demeurait 51, rue de Vaugirard en 1835 ; le professeur 36, rue des Noyers-Saint-Jacques en 1835. Le Moniteur universel, 20 décembre 1830 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (cité trois fois dont la deuxième sous le numéro 280, la troisième sous le numéro 544 et le seul nom de Gibon) ; Archives de Paris VD6 278 in dossier Le Rasle, Gabriel ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Liste des militaires ; Archives de Paris VK3 17, deux feuillets séparés de décorés de la Croix de Juillet auprès du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 5 janvier 1831 et le 27 mars 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), idem en date du 26 mars 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F/1dIII/33 sous-lieutenants (1831-1833), état nominatif des sous-lieutenants de Juillet envoyés, sur la demande de la Commission des récompenses nationales, à l’Ecole de Saumur, avec indication des destinations qu’ils ont reçues, des sommes qu’ils ont touchées à titre de supplément d’indemnité de première mise et de celles qu’il y aurait encore lieu de leur payer en exécution de la décision prise par M. de Montalivet, le 30 juillet 1832 et aussi état des sous-lieutenants nommés sur la présentation de la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, Bordereau des sommes payées pour premières mises accordées aux sous-lieutenants par la caisse du (ancien) XIIe arrondissement et état des sommes payées aux combattants blessés et non blessés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, état nominatif des sous-lieutenants présentés par la Commission des récompenses nationales, promus à ce grade le 19 décembre 1830, actuellement à l’Ecole de Saumur, réclamant la première mise qui leur a été accordée par l’arrêté du 2 janvier 1831 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales CC//674 D Morey p. 1, 32, 35 ; Procès de Fieschi et de ses complices, chez A. E. Bourdin, Paris, 1836, tome 2, p. 299, tome 3, p. 151 ; base leonore de la Légion d’honneur, dossier LH/1130/87.