Gillet, Jean-François
Biographie
Jardinier. Le 21 octobre 1830, de Vernon aîné, faisait parvenir la lettre suivante le concernant à Lannoy (voir Lannoy Raignault de, Camille, François), membre de la Commission des récompenses nationales : « Tu m’as fait l’amitié de me dire quelquefois, mon brave ami, que je pouvais compter sur ta bienveillance en tel temps que ce soit, et je réclame aujourd’hui l’effet de cette promesse, en faveur d’un brave de nos mémorables journées. Son dévouement, dont j’ai été témoin ainsi que plusieurs personnes de ma connaissance, mérite véritablement, surtout par son désintéressement, que la Commission dont tu fais partie s’intéresse à sa position, qu’une famille nombreuse rend souvent précaire. Il a eu le bonheur d’échapper à la mort dans notre terrible lutte, quoiqu’il ait prouvé qu’il ne la craignait pas ; et si son corps ne présente même pas de blessure les services que je l’ai vu rendre, ainsi que bien d’autres, m’avaient déterminé dans le temps de notre puissance au Palais-Royal à lui donner un gage de notre estime et fondent du moins d’une manière très légitime la modeste démarche qu’il n’eût même pas osé faire près d’un membre d’une Commission si généreusement conçue et dont le caractère patriotique autant que généreux inspire une entière confiance. La récompense qu’il attend de votre justice n’est pas au-dessus de ce que l’on peut faire pour lui ; une gratification une fois donnée le mettrait à même de pouvoir apporter quelque soulagement à sa famille et comme les services reconnus dignement en entraînent toujours de plus efficaces, c’est pourquoi je me suis fait un devoir d’attirer sur ce brave ton attention particulière. Je sais que tu le peux et, ce faisant, tu obligeras grandement celui qui demeurera toujours ton plus fidèle et dévoué ami. » Signé : de Vernon aîné. De Lannoy fit en conséquence le courrier suivant à Saint-Firmin, autre membre de la Commission : « M. Gillet est veuf et a un enfant en bas âge. Il a droit à ce que vous savez. Comme il est de la mairie de Montmartre, je vous le renvoie pour le faire payer par qui de droit. » Le certificat suivant était joint à son dossier : « Nous certifions que Jean-François Gillet, jardinier à Montmartre, a constamment combattu à nos côtés, qu’il ne nous a point quitté un seul instant pendant tout le temps qu’a duré le danger et qu’il s’est empressé de se réunir à nous avec la troupe qu’il avait recrutée, pour nous suivre rue de Richelieu, le 29 du mois dernier, où nous avions reçu l’ordre de M. le comte de Laborde et le colonel Bro de nous rendre pour repousser l’ennemi qui occupait cette position, qu’il s’est comporté en brave défenseur de nos libertés et qu’après le résultat glorieux que nous avons obtenu dans cette journée, il s’est transporté à Montmartre, pour s’opposer avec les siens aux désordres qui régnaient de ce côté, et que c’est à son seul zèle et à celui de M. Quartry, Goubert, Languet, Moreau, que l’on doit la conservation de la barrière Blanche, qu’ils ont gardée nuit et jour, sans prendre un seul instant de repos, et qu’ils ont mérité tout ce que M. le préfet de la Seine daignera faire pour eux, relativement aux établissements qu’ils possèdent au cimetière du Nord. M. Gillet, chef d’une nombreuse famille, n’a pas craint de s’exposer aux plus graves dangers pour faire preuve du zèle patriotique dont il est animé. » Signé, le 7 août 1830 : de Vernon, Ed., commandant du poste du Palais-Royal ; de Vernon, V., aide de camp du général Pajol, ayant eu le commandement de la barrière de Clichy ; de Rumigny, Théodore. Gillet demeurait à Montmartre en 1830. Archives de Paris VK3 45.