Glenat, Joseph

Biographie


Né le 8 mars 1800 à Mayence (ancien département de Mont-Tonnerre, maintenant en Allemagne), enfant de troupe du 7e régiment, comptant sept ans et demi de services militaires, fils de Glenat, Jean-Baptiste, Claude, entré au service le 6 septembre 1784 au 1er régiment d’artillerie, « ayant fait les campagnes de la république aux sièges de Quesnoy, Namur, Landreis, Valenciennes, Erenbreistein et celles de l’armée de Jourdan ». Compositeur d’imprimerie depuis 1823 chez Casimir, 12, rue de la Vieille-Monnaie, qui lui délivra un certificat comme quoi il était « un homme laborieux et honnête » et qu’il n’avait qu’à se « louer de lui sous tous les rapports ». Il fut blessé aux genoux en sautant par-dessus une barricade, alors qu’il se rendait de l’Hôtel de ville au Louvre. La chronique de l’époque rapportait les faits suivants sur sa participation aux combats : « Le nommé Glenat, compositeur d’imprimerie, s’est bien montré pendant les trois journées des 27, 28 et 29 ; il a eu son chapeau percé d’une balle. » Dans une lettre adressée à la Commission, le 11 septembre 1830, il donnait le récit suivant de sa participation aux combats : « […] A concouru des premiers à la défense des libertés nationales, en criant aux armes et en faisant distribuer des sabres le 27 juillet, que le 28 il empêcha des furieux de faire du mal aux gendarmes qui avaient rendu les postes et leurs armes ; qu’il s’est joint à des gardes nationaux qui s’étaient divisés pour les réunir ; que partout où il y avait du danger, il s’est exposé au feu des troupes avec plusieurs défenseurs zélés à la cause de la patrie. Que le 29 au matin, il travailla aux barricades, alla ensuite à la Bourse, à la place des Victoires et revint avec le général Dubourg à l’Hôtel de ville, de là se porta au Louvre, commandant un peloton qui marchait de front, en escaladant une barricade où l’exposant a eu son pantalon déchiré et le genou atteint de plusieurs plaies, ce qui ne l’a pas empêché de contribuer à débusquer les gardes royaux des étages qu’ils occupaient rue Saint-Honoré et où il a fait preuve de courage à la tête des hommes de bonne volonté, dont un fut victime au premier pas qu’il fit, et de là, le soussigné courut braver les mêmes dangers sous les galeries du Théâtre-Français, à la rue Saint-Honoré, à la Petite-Rue-du-Rempart, où il a tiré longtemps seul et enfin rue de Rohan où il a rejoint les camarades qui étaient aux coins des rues adjacentes et ils ont fait mettre bas les armes en forçant les maisons envahies. L’exposant, victime ainsi que sa mère sous le dernier gouvernement, avait fait valoir les honorables services de son père en faveur de sa mère, près de Louis XVIII, qui ne daigna pas y faire droit. » Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier était ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie avoir été le témoin que le citoyen Glenat faisait partie des ouvriers qui ont resté plusieurs heures sous les feux de la garde rue de illisible Saint-Honoré et qu’il ne l’a quitté que lorsque tout était terminé et que nous étions maîtres de toutes les maisons où cette garde s’était embusquée. Je puis attester l’avoir vu traverser pour prendre position au milieu des balles qui pleuvaient en cet endroit. » Signé : Dumiel illisible, imprimeur chez M. Fournier. Le deuxième : « Je certifie de mon côté avoir vu le dénommé du certificat ci-dessus dans la rue Saint-Honoré au moment où la garde royale occupait les maisons d’où ils tiraient sur le peuple et qu’il a reçu une balle qui a traversé son chapeau. » Signé : Niolet, Martin (voir ce nom), demeurant 24, quai des Célestins. Le troisième : « Je certifie comme ci-dessus avoir vu le nommé Glenat dans la rue Saint-Honoré, qu’il a traversé à deux reprises au coin du café de la Régence malgré les balles qui pleuvaient de ce côté et d’où il a reçu une balle dans son chapeau et a montré beaucoup de courage dans cette affaire. » Signé : Dogué, peintre, demeurant 10, rue Saint-Bon. Le quatrième : « Nous, gardes nationaux, certifions que notre voisin Joseph Glenat, demeurant rue du Puits n° 15, lors de notre arrivée à la Bourse avec le fils du général Lafayette et un jeune homme de l’Ecole polytechnique nous invita à le suivre, monta le perron, se plaça au milieu de la porte afin de barrer le passage et d’empêcher d’entrer pour éviter les dégâts et le désordre qui s’en serait suivi et de permettre à nos chefs de s’entendre sur les mesures à prendre dans une pareille circonstance, que personne n’y est entré au mépris même des menaces des personnes qui voulaient forcer le passage. Il nous quitta à l’Hôtel de ville pour aller du côté du Louvre, d’où nous le vîmes revenir ses genoux blessés d’une chute et son chapeau traversé d’une balle. » Signé : Champly illisible, demeurant 22, rue de la Grande-Friperie ; Feuilliard, (voir sans doute Feuilliard, Orosmane, Nicolas ?), vannier, demeurant 18, rue de la Grande-Friperie. Il sollicita une place fixe à l’Imprimerie royale ou à la direction de la Librairie. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie de cet arrondissement. Sa médaille lui fut délivrée le 30 juin 1831. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il demeurait 15, rue du Puits à la halle en 1830-1831 ; 18, rue de la Grande-Friperie en 1831 sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/35 A. Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, p. 330 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 277 ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement (sous le nom de Glenat, Joseph) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement.

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