Godey, Jean-Baptiste

Biographie


Né le 26 février 1801 (mais le 25 février 1801 sur le registre quil signe in Archives de Paris VK3 27 et in Archives de Paris VK3 25 dans une liste de citoyens qui ont mérité la croix, liste qui est corrigée à la main) à Versailles (Yvelines). Entré au service en 1822 dans le 34e régiment de ligne, son régiment se trouvant à Lyon, en 1823, il sauva des flammes trois personnes, lors d’un incendie qui eut lieu rue Sala, libéré en 1825, établi garçon marchand de vin. Il déposa une requête (qu’il fit par la suite imprimer) auprès de la Commission des récompenses nationales, dans laquelle il sollicitait « la décoration de la Légion d’honneur […] ou l’emploi qui lui sera désigné ». Cette requête reprenait ainsi le descriptif de sa participation aux combats : « A l’honneur de vous exposer que, le 28 juillet 1830 au moment de la plus vive fusillade, sur la place du Palais-Royal, il fut chargé par un sergent de l’ex-garde qu’il renversa d’un coup de couteau ; qu’ensuite il se rendit dans la rue Saint-Denis et à la porte Saint-Martin, où il combattit longtemps ; que le jeudi 29, il se transporta à la caserne de la Nouvelle-France, faubourg Poissonnière, s’empara d’un sac rempli de cartouches qu’il rapporta jusqu’à la place de Grève, où il les distribua aux citoyens réunis pour combattre les soutiens du despotisme ; qu’il se mit à la tête de quelques tirailleurs et se dirigea sur le Louvre, où trois de ses compagnons furent tués, et où son fusil fut brisé entre ses mains par un coup de balle ; il pénétra un des premiers dans l’enceinte du Louvre, Puis, par la rue du Coq et la rue Saint-Honoré, il accourut sur la place du Palais-Royal, somma les gendarmes de se rendre, leur fit déposer les armes, et alla combattre aux Tuileries ; revint ensuite au Palais-Royal, soutint seul pendant longtemps un feu des plus vifs, entra le premier dans le café de la Régence, où les soldats de l’ex-garde s’étaient retranchés, fit bon nombre de prisonniers, ensuite se jeta avec une poignée de braves dirigés par un élève de l’Ecole polytechnique sur une pièce de canon placée au coin de la rue Saint-Nicaise, et la conduisit à la place de la Bourse. Le 3 août, il marcha sur Rambouillet avec les intrépides volontaires de Paris ; il se fit inscrire pour la garde nationale mobile ; enfin, il se porta partout où la présence des braves était nécessaire. » Sa requête était suivie des noms suivants de personnes, qui garantissaient l’exactitude des faits que Godey rapportait : Mauroy de, Ch., officier de sapeurs du génie (34, rue de la Sourdière), Joly (25, rue de Chartres), Motterai aîné, (12, rue de Grenelle-Saint-Honoré), Gally, marchand chapelier, Jacques, tailleur, (247, rue Saint-Honoré), Parisot, cordonnier (rue Saint-Thomas-du-Louvre), Parly fils, restaurateur place du Palais-Royal, Maldant aîné, (30, rue de Rohan), Letourneur (247, rue Saint-Honoré), Levavasseur, charcutier (27, rue de Rohan), Carré, limonadier, (218, rue Saint-Honoré), Everard (café de la Régence), Chatel, libraire (243, place du Palais-Royal), Romain, coiffeur, (40, rue Saint-Thomas-du-Louvre), David (2, rue Beaujolais). Boiselle, L. (30, rue des Bons-Enfants) et Poulton (voir ce nom), libraire et officier en retraite (4, rue Chilpéric) y certifiaient l’avoir vu sur la route de Rambouillet, lors de l’expédition. Dans le récit fait de la participation de Mauroy, Albert, Louis, Félix, Eugène aux combats, on trouve la mention suivante le concernant : « […] Jeudi, à la tête d’une quarantaine de citoyens tous dévoués à la mort, il [Mauroy] s’est battu sur la place Saint-Germain-l’Auxerrois, vis-à-vis le Louvre, à côté du brave Godey, a fait un feu roulant sur les Suisses, a contribué à la prise d’assaut du Louvre, sur lequel il a marché au cri de la liberté ou la mort […]. » Godey relatait, le 8 septembre 1830, ainsi sa participation aux combats : « A l’honneur d’exposer que, le 28 juillet dernier, au moment de la plus vive fusillade sur la place du Palais-Royal, il fut chargé par un sergent de l’ex-garde, qu’il tua d’un coup de couteau ; qu’ensuite il se porta dans la rue Saint-Denis et à la porte Saint-Martin, où il combattit longtemps ; que, le jeudi 29, il se transporta à la caserne de la Nouvelle-France, faubourg Poissonnière, s’empara d’un sac rempli de cartouches, qu’il rapporta jusqu’à la Grève, où il les distribua aux citoyens réunis pour combattre ; qu’il se mit à la tête de quelques tirailleurs et se dirigea sur le Louvre, où trois de ses compagnons furent tués, son fusil fut brisé dans ses mains par un coup de balle ; il pénétra un des premiers dans l’enceinte du Louvre puis par la rue du Coq et la rue Saint-Honoré il accourut sur la place du Palais-Royal, somma les gendarmes de se rendre, leur fit déposer les armes et alla combattre aux Tuileries, revint ensuite au Palais-Royal, soutint, seul pendant longtemps, un feu des plus vifs, entra, le premier, dans le café de la Régence, où les soldats de l’ex-garde s’étaient retranchés, fit bon nombre de prisonniers, ensuite se jeta avec un petit nombre de braves dirigés par un élève de l’Ecole polytechnique sur une pièce de canon placée au coin de la rue Saint-Nicaise et la conduisit à la place de la Bourse. Le 3 août, il marcha sur Rambouillet avec les braves volontaires de Paris, se fit inscrire pour la garde nationale mobile, enfin il se porta partout où la présence des braves était nécessaire. En récompense de ce qu’il a fait, il sollicite comme une insigne faveur la décoration de la Légion d’honneur. De nombreux témoins s’empressent d’appuyer sa demande, en certifiant l’exactitude de l’exposé ci-dessus. Le pétitionnaire réclame en outre la bienveillance de la Commission pour obtenir une place de surveillant dans l’un des jardins royaux ou de concierge dans une caserne ou dans tout autre établissement de l’Etat. Il est plein de zèle et de dévouement pour la chose publique et serait très propre à ces emplois, en tout cas il se recommande à messieurs les membres de la Commission et si l’on pouvait lui donner une place du genre de celles qu’il a désignées, il espère que vu sa position de père de famille et de simple ouvrier, il lui sera accordé une pension. » Sa lettre était apostillée par : Joly, demeurant 25, rue de Chartres, qui ajoutait : « Le brave Godey a combattu à mes côtés à la prise du Louvre avec le plus grand courage et y est entré dans les premiers. » Mauroy (voir Mauroy de, Albert, Louis, Félix, Eugène), officier retraité des sapeurs-mineurs du génie, demeurant 34, rue de la Sourdière ; Maldan aîné, demeurant 30, rue de Rohan ; Levavasseur, charcutier, demeurant 27, rue de Rohan ; Carré, limonadier, demeurant au coin de la rue Saint-Honoré n° 218 et celle de Richelieu ; Evezard, demeurant au café de la Régence ; Chutet illisible, libraire, demeurant 240, place du Palais-Royal ; Letourneur, demeurant 247, rue Saint-Honoré ; Montera fils aîné illisible, demeurant 12, rue de Grenelle-Saint-Honoré ; Gally, marchand chapelier, demeurant 251, rue Saint-Honoré ; Jacquest, marchand tailleur, demeurant 247, rue Saint-Honoré ; Darly fils, restaurateur place du Palais-Royal ; Parinet illisible, cordonnier, demeurant rue Saint-Thomas-du-Louvre ; Tourné illisible ; Poulton (voir Poulton, Joseph, André), officier retraité et libraire, demeurant 4, rue Chilpéric ; Risnelle illisible, Henri, demeurant 5, rue des Bons-Enfants, qui précisait avoir vu Godey sur la route de Rambouillet pendant l’expédition ; Humez, coiffeur, demeurant 40, rue Saint-Thomas-du-Louvre ; Davy, demeurant 2, rue Beaujolais. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de cent vingt francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Au moment de décerner les décorations, une contestation s’engagea entre certains décorés de Juillet et l’administration ; celle-ci en effet imposa une prestation de serment de fidélité au roi, à la charte et aux lois, qui n’avait pas été prévue initialement. Certains décorés protestèrent contre une telle mesure, plusieurs refusèrent d’aller retirer la décoration, d’autres au contraire la soutinrent. Parmi eux, Godey, qui signa la Déclaration des citoyens du (ancien) Ier arrondissement, désignés pour la décoration de Juillet, en date du 12 mai 1831 et rédigée comme suit : « Le serment exigé par l’ordonnance du 30 avril dernier est devenu l’objet d’une polémique affligeante, dont le résultat a été de faire naître des doutes pénibles sur les véritables intentions des braves désignés pour la décoration de Juillet. Etre fidèle au roi des Français, garder obéissance à la charte sont des obligations communes à tous les citoyens, s’en affranchir serait un crime : telle est l’opinion des soussignés, qui considèrent comme un devoir de faire la déclaration suivante. L’amour de la patrie, le besoin de résister à l’oppression nous a spontanément fait prendre les armes, ainsi qu’à une foule de généreux citoyens, qui sans illisible et sans s’être concertés ont tous concouru au même but pendant les trois mémorables journées de Juillet. La hache du bourreau nous menaçait tous également ; si nous eussions succombé, elle se fut appesantie sur nos têtes, il fallait vaincre ou mourir. La cause sacrée de la patrie a triomphé mais en plein jour, au brûlant soleil de Juillet, sans avoir jamais conspiré dans l’ombre. Charles X et ses ministres ont été les seuls conspirateurs. Le roi citoyen veut aujourd’hui nous remettre lui-même le signe d’honneur que la nation nous a décerné comme récompense nationale. Nous le recevrons avec reconnaissance des mains royales du chef de l’Etat et nous lui prêterons serment ainsi qu’à la charte. Mais nous ne voudrions pas porter cette honorable décoration si elle devait jamais être considérée comme un signe de ralliement contre l’ordre constitutionnel. Les combattants de Juillet veulent avant tout l’ordre, la paix publique, la liberté et non la licence, la prospérité de la France et la consolidation de toutes nos institutions nationales. Ils se font gloire d’être la légion sacrée de notre jeune royauté et ils en seront toujours les premiers défenseurs parce qu’ils sont convaincus qu’en France maintenant le roi ne veut que ce que veut la loi et que la charte jurée ne cessera jamais d’être une vérité. » (La liste des décorés de la Croix de Juillet du [ancien] Ier arrondissement qui la signèrent était composée de : Godey, Jean-Baptiste ; Truck, Charles, Ferdinand ; Magistel, Antoine, Jean, Louis, Nicolas, Etienne ; Lecocq, Louis, Octave, Amédée ; Guimbal, Guillaume ; Montdidier, François ; Gavier, Louis, Charles ; Boyé, Henri ; Fréchon, Hippolyte, Jean ; Moiton, Alexis ; Blandin, Joseph ; Girard, Jean, Narcisse ; Danse, Charles, Olivier ; Balmet, René ; Lepagnol, Charles, Théodore ; Micheau, George, François ; Poutrait, François, Claude ; Tissandier, Joseph ; Bottet, François, Alexandre ; Viger, Henri, François, Paul ; Bador, Jean, Antoine ; Mocquant, François, Joseph ; Destains, Victor ; Fillias, Pierre, François). Il prêta son serment de décoré de Juillet, en mai 1831 à la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il reçut sa croix le 21 juin 1831, et son brevet le 12 août de la même année. Il signa, comme « l’un des combattants à la prise du Louvre », le certificat établi en faveur de Mauroy, Albert, Louis, Félix, Eugène pour relater la participation de ce dernier aux combats. En 1831, à l’occasion du premier anniversaire des journées de Juillet, il reçut de la Commission de souscription nationale, en tant que blessé et décoré, une indemnité de cinquante francs et un habillement. En 1831, Il partit pour le 2e régiment des chasseurs d’Afrique, en garnison à Oran. Il demeurait 25, rue de Chartres en 1830-1831 ; 252, rue Saint-Honoré en 1831 in Archives de Paris VK3 45 ; 253, rue Saint-Honoré en 1831 in Archives de Paris VK3 27, in Archives de Paris VK3 28 et in Archives de Paris VK3 10 et in Archives de Paris VK3 18 et in Archives de Paris VK3 24 dans le registre quil signe ; 1, rue de Chartres in Archives de Paris VD6 173 n° 1 in dossier Mauroy, Albert, Louis, Félix, Eugène mais 25, place du Palais-Royal, au coin de la rue de Chartres, dans la lettre quil rédigé à la Commission in Archives de Paris VK3 45 et cest sans doute ladresse la plus vraisemblable. Requête présentée à MM. les membres de la Commission des récompenses nationales, à Paris, le 22 novembre 1831, Godey, Lyon, imprimerie de Boursy ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du Ier arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 66 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VD6 92, liste des décorations du (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VI1 1, (ancien) Ier arrondissement, décorés de Juillet, états pour la distribution de gratifications et secours à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet ; Archives de Paris VK3 10 ; Archives de Paris VK3 18, Bordereau nominatif des combattants de Juillet qui ont reçu à la mairie du (ancien) Ier arrondissement sur les fonds de la souscription nationale, le paiement des 120 francs accordés par ladite souscription, idem (ancien) Ier arrondissement, Ville de Paris, liste des individus blessés, décorés ou médaillés auxquels l’indemnité et l’habillement ou l’indemnité seulement ont été accordés ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet (sous le nom de Godey, Jean-Baptiste, Marguerite) ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Ier arrondissement (sous le nom rectifié de Godey, Jean-Baptiste, Marguerite) ; Archives de Paris VK3 26, Commission de la souscription nationale, mairie du (ancien) Ier arrondissement de Paris, état nominatif des blessés de la 1re classe dont les bulletins individuels ont été remis le 19 octobre 1831 au bureau de la Souscription nationale à la préfecture de la Seine (sous le nom de Godet, Jean-Baptiste) ; Archives de Paris VK3 27 Mairie du (ancien) Ier arrondissement, décorations de Juillet, registre et certificat de prestation de serment (une fois sous le nom de Godey, Jean-Baptiste, Margte) ; Archives de Paris VK3 28 (ancien) Ier arrondissement Souscription nationale, blessés de la 1re catégorie de la 2e classe ; Archives de Paris VK3 45 ; Archives de Paris VD6 173 n° 1 in dossier Mauroy, Albert, Louis, Félix, Eugène ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) 1er arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) Ier arrondissement, blessés de 1re classe.

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