Gœury, Pierre, Marie

Biographie


Né le 18 décembre 1785 à Nevers. Ancien capitaine de recrutement dans l’armée de la Loire, licencié en 1815 et devenu ouvrier bijoutier. Il fut blessé à l’oreille par un coup de baïonnette. Sa blessure fit l’objet du certificat médical suivant : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, certifie avoir été appelé le 12 août à l’effet de donner mes soins à M. Gœury, Pierre, Marie, ancien capitaine, domicilié rue du Martrois, hôtel du Saint-Esprit. A ma première visite, j’ai reconnu une petite plaie devant l’oreille droite faite par une baïonnette. Cette plaie a répandu beaucoup de sang. Elle a donné beaucoup de gêne dans la mastication. Le blessé s’est plaint de graves maux de tête, surtout à l’occiput. Une saignée et des sangsues ont pu dissipé cette affection. Les fatigues pendant les trois à quatre jours ont tellement échauffé la poitrine qu’il tousse et a beaucoup d’oppression. Cette affection de poitrine pourra être quelque temps à se guérir. » Signé, le 17 août 1830 : Lequeule. Et aussi cet autre certificat, délivré par son logeur : « Je, soussigné, certifie que M. Gœury, ancien capitaine, demeurant chez moi, rue du Martrois n° 24, est entré chez moi le 29 juillet dernier, qu’il avait une blessure à l’oreille droite. Je certifie en outre que par suite de cette blessure et des fatigues des journées antérieures, il est resté alité, qu’un médecin lui a prodigué ses soins. » Signé, le 20 août 1830 : Descoins Il reçut, après la révolution, un total de deux cents francs de secours auprès de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Il reçut quatre cent dix francs de secours en 1830. Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) IXe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IXe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que M. Gœury, ancien capitaine, s’est présenté chez lui le 29 juillet dernier sur les 5 heures du soir, armé d’un fusil, revenant des attaques du Louvre, qu’il a reconnu qu’il avait une blessure près de l’oreille droite et que sa figure et ses habits étaient couverts de sang. Le sieur Gœury m’a demandé de l’eau et une serviette pour se laver sa plaie et son visage, car, m’a-t-il dit, s’il se présentait dans cette situation devant son épouse qu’elle le croirait blessé à mort, qu’alors il voulait rétablir le désordre qui régnait sur lui. Tout annonçait en lui un homme qui avait pris une part très active à cette sanglante journée. C’est pourquoi, me plaisant à rendre justice à la vérité, je lui ai délivré le présent certificat pour lui servir et valoir ce que de raison. » Signé, le 20 août 1830 : Dallé, marchand de vin, demeurant 18, rue du Martroi. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussignée, certifie que le 29 juillet dernier, il est venu à la maison rue Saint-Thomas-du-Louvre n° 17, un monsieur qui m’a remis des papiers qui le gênaient pour se battre, en me priant de les garder jusqu’après le combat qui avait lieu dans la rue Saint-Honoré, heure de 2 de l’après-midi. La personne est revenue, un instant blessée à la tête par un coup de baïonnette ; sa figure et ses vêtements couverts de sang annonçaient qu’il s’était battu courageusement. Depuis il est revenu chercher ses papiers qu’il avait laissés en dépôt chez moi et depuis m’a demandé un certificat, que je lui remets pour valoir ce que de raison audit individu, qui s’est dit s’appeler M. Gœury, ancien capitaine. » Signé, le 20 août 1830 : Fromental, Louise. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie avoir pu passer devant ma porte le nommé Gœury, mentionné d’autre part, le jeudi 29 juillet, lequel m’a dit revenir de la rue Saint-Honoré près le Louvre, lieu où l’on se battait. Il retournait à son domicile pour se faire soigner de la blessure qu’il avait reçue à la joue, d’un coup de baïonnette. Il avait la figure, les vêtements couverts de sang. » Signé : Huillard, G., négociant, demeurant 38, rue de la Vannerie. Il reçut dix francs en 1834 comme décoré de Juillet, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution. En 1834, veuf depuis trois mois, père d’un enfant de dix-sept ans et d’un autre de quatorze, il sollicita des secours. Le préfet de police renseigna à son sujet : « Sa position ne paraît pas heureuse. On fait l’éloge de sa conduite et de sa moralité. » Il reçut cinquante francs de secours. En 1835, depuis plus de quatre mois « sans occupation, ainsi que ses deux fils, dont un a pris un engagement volontaire sous les drapeaux de Sa Majesté », dans une « situation difficile à décrire et très précaire », il sollicita un secours. La préfecture de police donna sur son compte les renseignements suivants : « […] Veuf, […] il a deux enfants qui ne sont plus à sa charge. Il exerce la profession de commissionnaire en bijouterie mais il gagne fort peu et paraît être dans une position extrêmement gênée. Sa conduite est régulière. » Il reçut, cette année-là, un secours de cinquante francs. Il fit partie de la délégation de soixante-treize décorés de Juillet, qui, le jour de la fête du roi le 1er mai, sans doute en 1839 (en tout cas après 1838), se présentèrent à son palais, pour le féliciter et l’assurer de leur entier dévouement ainsi qu’aux membres de sa famille (voir la liste des décorés à Grand, Pierre). Il demeurait hôtel du Saint-Esprit 24, rue du Martrois en 1830-1831, aussi 4, rue de Jouy chez M. Thevenet illisible in Archives de la préfecture de police AA 390 ; 17, rue Pavée-Saint-Sauveur, en garni hôtel Navarin un logement de treize francs par mois en 1834 ; en garni 37, rue du Vert-Bois en 1835 ; 163, rue de Sèvres illisible ou de Sève ? vers 1838. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IXe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 81 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, (ancien) IXe arrondissement, état des sommes payées aux combattants blessés et non blessés du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IXe arrondissement et dossier indemnitaires classés et non classés ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IXe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/57 ; Archives nationales F/1dIII/59 in dossier Jubin (sous le nom de Gienry, Pierre, Marie) ; Archives nationales F/1dIII/78 in dossier Yves ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IXe arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives nationales F/9/1154, secours aux victimes de Juillet 1831-1835 ; Archives nationales F/9/1155 ; Archives nationales AB XIX 15 papiers des Tuileries (trouvés lors de l’envahissement du palais par le peuple en février 1848, N.D.A.), décorés de juillet 1830, citoyens qui ont pris part aux événements de 1830 ; Archives de la préfecture de police AA 390.

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