Goguet, Pierre, Louis
Biographie
Né le 5 vendémiaire an V (26 septembre 1796) à Dieppe (Seine-Maritime). Commis en soieries. Il fut blessé le 29 juillet. Il reçut, après la révolution, un total de huit cent quarante-huit francs de secours auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il partit se soigner à Dieppe chez sa mère et sa sœur. Le 20 septembre 1830, le maire de Dieppe délivra le certificat suivant : « Attestons que Pierre, Louis Goguet, grièvement blessé en combattant pour la liberté dans les rangs parisiens pendant les mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet, est sans ressources ; que sa mère, âgée de soixante-quatre ans, dentellière, à cinq ou six sous par jour, qui ne subsistait elle-même qu’avec une partie du produit du travail de son fils avant son accident, est également dans la misère ; que personne n’a plus de droits que ces malheureux aux indemnités, pensions et autres distributions qui doivent être faites aux victimes des ces glorieuses journées et qu’on ne saurait trop promptement venir à leur secours. Nous les recommandons en conséquence à l’humanité et à toute la bienveillance de messieurs les commissaires chargés de ces distributions. » Il retourna ensuite à Paris mais peu de temps après son retour, il mourut à la Charité le 12 avril 1831. Le certificat médical suivant, en date du 14 avril 1831, expliquait les causes de son décès : « Je, soussigné, chirurgien en chef adjoint de l’hôpital de la Charité, certifie que le nommé Goguet, Louis, Pierre, âgé de trente-trois ans, est entré dans cet établissement pour y être traité d’un vaste abcès à l’aisselle droite, accompagné de symptômes généraux fort graves, auxquels il a succombé et que l’espèce d’accident éprouvé par le malade, les symptômes qui ont été observés chez lui à différentes époques par plusieurs gens de l’art, l’état maladif dans lequel il est resté constamment et la nature des lésions trouvées à l’ouverture de son corps doivent faire dépendre la formation de cet abcès des blessures reçues par lui le 29 juillet dernier. » Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Xe arrondissement. Il laissait une mère, Verdier, Rose, Anne, née le 10 mars 1766 à Dieppe, fille de Verdier, François, poissonnier, et de Baudoin, Anne, son épouse. Elle était veuve de Goguet, Michel, Thomas, tonnelier, lui-même né à Dieppe le 20 novembre 1792, et décédé à Abbeville (Somme) le 22 janvier 1824. Le maire de Dieppe, en date du 20 avril 1831, précisant que Goguet était le soutien tant de sa mère que de sa sœur, donnait les précisions suivantes sur l’état dans lequel se trouvait sa famille : « […] Elles ont été plongées d’abord dans le plus profond abattement. Leur douleur s’est ensuite manifestée par les cris les plus aigus, que des larmes abondantes ont apaisés peu à peu. Elles seraient dans une affreuse misère si vous en parveniez à faire retourner sur leur tête la pension que le malheureux Goguet avait obtenu ou devait obtenir […] » La demande de pension, présentée par la mère, fut rejetée. Elle reçut cependant, et suite à une autopsie faite par le docteur Roux et qui concluait que la mort de Goguet devait être attribuée aux blessures que ce dernier avait reçues dans les journées de Juillet, une inscription de rentes de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, à titre de cas exceptionnel. Les parents s’étaient mariés le 19 prairial an X (8 juin 1802) à Dieppe. Sur l’acte de mariage, Goguet, Michel est indiqué comme le fils de feu Goguet, Pierre, Jacques, Joseph (lui aussi tonnelier) et de feue Peltier, Marie, Anne, Elisabeth ; Verdier, Rose, Anne est indiquée comme la fille de feu Verdier, François et de Baudoin, Anne et comme étant dentellière. Goguet demeurait 13, rue Sainte-Marguerite en 1831 ; sa mère, à Dieppe en 1831. Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative du Xe arrondissement des personnes au nom desquelles il a été déposé des inscriptions de rentes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit, avant le 1er janvier 1834, terme de la déchéance, p. 120, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832 ; Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Citoyens douteux (lire dont la mort ne paraît pas liée à leur participation aux combats, N.D.A.) ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, dossiers individuels ; Archives de Paris VK3 25 (ancien) Ier arrondissement, liste de citoyens douteux (c’est-à-dire dont aucun acte de notoriété constate la mort dans les combats, acte qui permettrait l’inscription de son nom sur les tables du Panthéon, N.D.A.) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées ; Archives nationales F/1dIII/57 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Xe arrondissement, cas exceptionnels d’ascendants et aussi même référence liste nominative des personnes pour lesquelles il a été déposé des inscriptions de rentes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit jusqu’au 31 décembre 1833, (ancien) Xe arrondissement (sous le nom de Verdier, Rose, Anne).