Gohierre de Longchamps, Alexis
Biographie
Né en juillet 1810 à Brienon-l’Archevêque (Yonne). Etudiant en médecine. Il est cité par les journaux de l’époque et par Sétier, secrétaire de l’ambulance qui fut établie au 29, rue de Grenelle-Saint-Honoré, pour avoir passé la nuit à panser les blessés de l’ambulance ; ce dernier, dans une note rédigée et conservée dans le dossier de Gohierre, Longchamps, Alexis, donne l’avis suivant : « Je crois que M. Gohierre, Longchamps mérite la médaille. » Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier était ainsi établi : « Nous, docteurs en médecine, soussignés, certifions que M. Gohierre, Longchamps, étudiant en médecine, nous a secondés avec beaucoup de zèle et d’intelligence dans les nombreux pansements que nous avons faits à la rue de Grenelle-Saint-Honoré, n° 29, le 29 juillet, qu’il y a passé la nuit auprès des blessés et que les jours suivants il s’est transporté avec nous au domicile de plusieurs d’entre eux pour nous aider à leur donner les soins que réclamait leur état. » Signé, le 9 septembre 1830 : Robion (voir ce nom) ; Bouchenet, François, Paul, Théodore, Jacob (voir ce nom) ; Brunet, Léonard (voir ce nom). Viguier, Auguste (voir ce nom), adjoint au maire du (ancien) IVe arrondissement, donna sur son compte l’appréciation suivante : « M. Gohierre, Longchamps fils, s’est beaucoup distingué pendant nos journées de Juillet, par son courage et par son zèle. M. Setier, qui l’a vu à l’ouvrage, le recommande comme digne d’attirer l’attention de la Commission. Si, comme il le désire, ce brave jeune homme entre dans la carrière militaire, ce sera un brave officier, qui fera toujours honneur au corps dans lequel il sera admis. » Un autre certificat était signé de Houyau, A., F. demeurant 36, rue Bellefond, et ainsi rédigé, le 23 octobre 1830 : « […] Certifie que le 28 juillet 1830, arrivant de voyage et me trouvant rue Dauphine obligée d’aller rue Bellefond, je me préparais à traverser le Pont-Neuf lorsque M. Gohierre, Longchamps, qui en ce moment se faisait distinguer par le courage avec lequel il répondait au feu des Suisses, voyant le danger auquel j’allais m’exposer puisqu’un grand nombre de citoyens avait succombé en cet endroit, courut à ma rencontre, me conjurant de ne pas m’exposer à une mort certaine et m’offrant, avec ce dévouement dont il donnait des preuves si éclatantes, de me rendre après le combat le service d’aller rassurer ma famille. » Et ce certificat, lui faisant pendant : « Nous, soussignés Auguste Lanou illisible, demeurant rue du Faubourg-Saint-Martin, n° 81, et Alexis Hochedet, demeurant rue Bellefond n° 30, certifions que le 28 juillet dernier, sur les 9 heures du soir, M Alexis Gohierre, Longchamps, encore vêtu de ses armes et sortant du combat, est venu nous tirer de la plus vive inquiétude sur le sort de notre parente arrivant le même jour de voyage et obligée, par ces circonstances, de rester rue Dauphine. » Paris, le 29 octobre 1830. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie de cet arrondissement (sous le nom de Gohière, Longchamp, Alexis sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel et in Archives nationales F/1dIII/39). En 1831, il était militaire au 6e régiment de chasseurs, en garnison à Lunel (Hérault) mais à Vienne dans le Dauphiné in Archives nationales F/1dIII/39 et in Archives de Paris VD6 281 n° 1. Sa médaille et son brevet lui furent délivrés le 5 septembre 1831, par procuration de Denis illisible, demeurant rue Guénegaud. Il épousa Eudes, Adèle, Thérèse et ils eurent pour enfant au moins Gohierre de Longchamps, Gaston, Albert, décoré de la Légion d’honneur en 1890, professeur de mathématiques spéciales au lycée Charlemagne, né le 1er mars 1842 à Alençon, En 1842, il était directeur des Messageries royales à Alençon. En 1846, on trouve la trace de Gohierre de Longchamps dans les Souvenirs de madame de Camescasse : « Parmi les fonctionnaires de la Compagie du Nord attachés à la gare de Douai, deux laissèrent, à vingt-cinq ans d’intervalle, un charmant souvenir dans les salons de la ville. Alexis Gohierre de Longchamps, chef de service à Douai, nommé en 1846, était un joli homme, grand, brun, mince, au profil de médaille, à l’allure aristocratique. A cette époque, ma mère, alors âgée de vingt-deux ans, jeune mariée, devint la danseuse préférée de ce fonctionnaire et le resta jusqu’à son départ de Douai qui eut lieu l’année de ma naissance [1854, N.D.A]. Il aimait à dire combien il appréciait son esprit, sa distinction et sa bonne grâce éclairés par ses beaux yeux. » Il était le grand-père de Gohierre de Longchamps, Raymond, né le 4 avril 1874, autre décoré de la Légion d’honneur. Il donnait comme adresse 29, rue de Grenelle-Saint-Honoré chez M. Sétier (voir ce nom), imprimeur-libraire en 1830. Le Courrier français, 3 août 1830 ; La Liberté reconquise ou histoire complète et détaillée de la révolution de Paris en juillet 1830, J.-B. Ambs, troisième édition revue et corrigée, Paris, Terry jeune, libraire, Palais-Royal, galerie de Valois, n° 185, 1830, p. 256 ; Ambulance de la rue de Grenelle-Saint-Honoré, n° 29, et souscription pour les blessés de la journée du 29 juillet. Rapport du secrétaire, présenté à la commission de l’ambulance et soumis à l’autorité municipale, imprimerie de Sétier, s.d. p. 4 ; Bibliothèque historique de la Ville de Paris, manuscrits, 8-ms-1025, ouvrage de Victor Crochon, f° 856 (sous le nom de Gophier Longchamp fils) ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 277 ; Archives de Paris VD6 281 n° 1, Etat nominatif des militaires décorés de la croix spéciale ou de la médaille, inscrits sur les listes du (ancien) IVe arrondissement de Paris ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Liste des militaires ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Souvenirs de madame de Camescasse, Douai au XIXe siècle, Salons parlementaires sous la IIIe république, Paris, Plon, 1924, p. 182 ; Base leonore de la Légion d’honneur, dossier LH/1164/29, et dossier 19800035/0157/20027.