Goisier, Didier
Biographie
Né vers 1796 à Laignes (Côte-d’Or). Ancien adjudant au 10e régiment d’infanterie en 1813-1814, il était attaché à la Gazette de France en 1830. Ses faits et actions honorables furent ainsi consignés par la mairie de l’ancien IVe arrondissement : « Le 27, le sieur Goisier n’a pris part aux événements que comme spectateur. Le 28, se trouvant à la place du Châtelet, il suivit le mouvement de cinquante à soixante hommes qui s’emparèrent du poste de la gendarmerie. Il y prit un fusil dont il s’arma ; de là, se transporta au corps de garde de la Conciergerie, ou une plus vive résistance fut opposée, et ensuite à l’Hôtel de ville, où il prit une part active à tous les événements qui s’y passèrent. Le 29, se trouva à la prise du poste des Petits-Pères, de celui du Musée d’artillerie rue du Bac ; se dirigea ensuite plus avant dans le faubourg Saint-Germain, rencontra un détachement de cent hommes environ armés et commandés par un élève de l’Ecole polytechnique, auquel il se joignit et qu’il seconda dans la prise du poste du Palais-Bourbon occupé par la troupe de ligne ; se rendit ensuite avec la même troupe aux ministère de l’Intérieur pour se procurer des armes que l’on supposait devoir s’y trouver, qui furent effectivement trouvées et que l’on distribua à ceux qui n’en avaient pas ; trois à quatre cents hommes armés composaient alors le détachement dont faisait partie le sieur Goisier, qui en prit le commandement en second pour se rendre à la caserne de Babylone et s’en emparer ; en route il empêcha sa troupe de prendre l’artillerie des Invalides que l’on voulait aller enlever ; arrivés rue de Sèvres, il se joignit avec les siens à deux mille hommes environ de bourgeois armés et ayant une pièce de canon ; parvenus à la caserne de la rue de Babylone et plusieurs négociations entamées avec les Suisses n’ayant pu amener la reddition de ces derniers, l’attaque de la caserne fut résolue ; le sieur Goisier prit alors le commandement de son premier détachement qui se trouvait, avec une pièce d’artillerie, près d’une rue qui se trouve en face de la caserne et s’écria Soldats ! C’est un ancien officier de 1813 et 1814 qui vous commande, suivez-le, il vous conduira à la victoire ! On entra alors dans les deux petites rues aboutissant à la caserne, le tambour battant la charge et la pièce d’artillerie faisant feu sur la caserne. Enfin, après une heure et demie de combat, on fut réduit à brûler de la paille au pied de la caserne pour y mettre le feu, afin d’en faciliter l’entrée. Après la reddition des Suisses le sieur Goisier, exténué de fatigue et ne pouvant plus soutenir d’autres combats, se retira chez lui où, étant arrivé, il resta trois heures sans connaissance. » Les observations suivantes sont annotées à son dossier : « Tous ces faits ci-contre sont constatés par un certificat revêtu de cinq signatures. » En 1830, il était marié et sa femme était enceinte de huit mois. Il demeurait 16, rue du Chantre en 1830. Archives de Paris VD6 288 n° 7, Rapport sur les faits et actions honorables et les accidents éprouvés, et sur les autres renseignements recueillis et relatifs aux événements des 27, 28 et 29 juillet 1830 dans les rues […] faisant partie du IVe arrondissement municipal de la Ville de Paris.