Gombault, Christophe
Biographie
Né fils de Gombault, Hubert, sergent-major mort aux Invalides en 1819. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il adressait en effet à cette Commission, la lettre suivante qu’il avait fait parvenir en 1830 au ministre de la Guerre : « Entré à l’âge de treize ans dans la 196e compagnie des vétérans, j’en suis sorti pour être incorporé dans la 9e demi-brigade aussi de vétérans. J’ai été ensuite admis dans la garde de Paris et incorporé dans le ci-devant 5e régiment de ligne, avec lequel j’ai été fait prisonnier en Espagne, à l’île de Cabrera. Rendu ensuite à la liberté, j’ai été incorporé dans le 10e de ligne à Perpignan ; j’en suis sorti par ordre ministériel pour passer au 1er régiment de l’ex-garde royale en 1815 et ensuite en 1819 dans la garde nationale de Paris. Le 20 juillet 1824, j’ai cessé d’en faire partie et lorsque dans la glorieuse révolution qui vient de s’opérer cette garde a été rétablie je me suis empressé d’y rentrer et j’y rends maintenant avec l’approbation de mes chefs tous les services dont je suis capable en qualité de tambour dans la 3e compagnie du 2e bataillon de la IVe légion. J’ai l’honneur d’exposer à M. le ministre qu’on m’a vu combattre pour la nation dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, ce qui est attesté par les signatures ci-après. A mon entrée d’Espagne en France, j’ai reçu comme les autres prisonniers à Perpignan vingt et un francs à titre de gratification ; mais je n’ai jamais reçu les huit mois de paye pendant lesquels j’ai été détenu dans les prisons de l’île Cabrera, non plus que ma masse ; j’ignore à combien elle se montait alors. Je prie monsieur le ministre de la Guerre de me faire passer mon état de service en règle et tous mes papiers, que j’ai déposés au ministère à l’appui. Enfant de troupe, et par conséquent sans état, je prie monsieur le ministre de prendre ma position en considération et de faire pour moi dans sa justice ce qu’il croira m’être dû. » Suivaient les signatures de : Sédillot, lieutenant-colonel de la IVe légion ; Viard, capitaine ; Hamel, lieutenant ; Vivien, capitaine ; Selles aîné, lieutenant ; Montalivet, colonel ; Guinard, sergent-major ; Barbier, sergent ; Fédié, sergent ; Béchet, sergent ; Gros, commandant le 2e bataillon de la IVe légion ; Tirouflet, caporal ; Villard, chasseur ; Scocard, chasseur. Suivait l’apostille suivante : « Je, soussigné, major de la Ve légion, certifie que le 28 juillet, jour où je pris le commandement d’une colonne de la garde nationale de la IVe légion, première prise d’armes de cette garde, le nommé Gombault, tambour, n’a pas hésité à exécuter les ordres que je lui ai donnés de rappeler dans toute ladite légion, qu’il a montré beaucoup de zèle et de dévouement. » Signé : Hirne (voir Hirne, Jean, Protais, Théodore). Il joignait le certificat suivant : « Les soussignés certifient que le nommé Gombault, Christophe s’est trouvé le 23 février à l’attaque du poste de garde municipale situé en face du quai aux Fleurs et qu’il a contribué à la prise dudit poste, qu’ensuite il s’est transporté au pont Saint-Michel où une barricade a été établie rue d’Arcole et qu’il a passé la nuit sous les armes pour veiller à la défense de ce retranchement patriotique ; que le 24 février il est allé à l’Hôtel de ville où l’on ordonnait aux dragons qui stationnaient sur la place de se porter aux Tuileries ; qu’alors, le cri de désarmement de cette troupe ayant été proféré, il s’est jeté sur la trompette qui marchait en tête et l’a désarmé. Tout l’escadron a subi le même sort. » Signé : Brigaud ; Wadelet ; Alaine ; Leraton ; Cayla ; Berguet ; Pouget ; Rochette ; Chevalier, lieutenant ; Hète ; Jolivet, Alex. Il fut proposé pour une mention honorable à paraître dans le Moniteur. Il demeurait 11, rue de la Savonnerie en 1848. Archives de la préfecture de police AA 390.