Gosselin, Edouard, Benjamin

Biographie


Né le 22 juillet 1801 au Havre (Seine-Maritime). Pharmacien 176, rue Saint-Honoré (pourquoi ce numéro partout ailleurs cest 165 ? mais pas dans sa comparution devant le juge de paix du (ancien) IVe arrondissement). Un rapport de la mairie relatait ainsi sa participation aux combats : « Il fit partie du rassemblement à la Bourse le 26. Le 27, il a harangué le peuple à la place des Victoires et à la rue Saint-Honoré. Un homme étant grièvement blessé à la rue Croix-des-Petits-Champs, il le transporta chez lui, où il est mort malgré ses soins. Le 28, il a travaillé à la barricade des Deux-Sergents et a combattu rue Saint-Honoré. Le 29, il établit une ambulance et a escaladé deux fois la même barricade pour aller chercher chez lui des médicaments et les linges nécessaires au pansement des blessés, service qu’il a fait avec zèle et tout en combattant. » Il était membre de la commission chargée de recueillir les faits honorables du IVe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement, en date du 12 janvier 1831, ne contient pas de faits nouveaux autres que ceux déjà relatés dans le rapport de la mairie ; celui en date du 22 février 1831, fait part du fait suivant : « Un chef de division au ministère de l’Intérieur lui répondit lorsqu’il s’annonça comme combattant de Juillet que ce n’était pas ce qu’il avait fait de mieux. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 12 janvier 1831, à cinq voix pour la croix, trois voix pour la médaille et aucune voix pour une mention, puis, par révision, il se prononça à sept voix pour la croix, deux voix pour la médaille et aucune voix pour une mention (au crayon à papier sa mention est indiquée comme imposteur, sans quon sache si cette mention nest pas malveillante… Morey et Dutraigneau sont aussi lobjet de commentaires peut-être seulement malveillants, mais il ne semble pas malveillant pour Dutraigneau…). Il fut lui-même décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. La Commission des récompenses nationales l’avait recommandé pour un emploi de pharmacien major dans le service de santé, poste qui ne lui fut pas accordé. Il signa, le 11 septembre 1830, le certificat suivant qui constatait les circonstances dans lesquelles Loutreuil, Philippe, Gabriel, dit Alexandre avait trouvé la mort : « Nous, soussignés, domiciliés à Paris, certifions sur l’honneur que les faits suivants sont à notre parfaite connaissance. Que Philippe, Gabriel Loutreuil dit Alexandre, employé comme cocher de cabriolet chez M. Chauvet, loueur, demeurant rue de Chabrol n° 12, faubourg Poissonnière, a été tué à la porte Saint-Denis, le mercredi 28 juillet 1830, en distribuant des cartouches qu’il avait fabriquées pour les citoyens armés ; que dans la nuit du 26 au 27 déjà il s’occupait à confectionner des cartouches et reçut dans son domicile pour y passer la nuit des citoyens avec leurs armes, auxquels il donna des munitions ; qu’il continua le mardi et le mercredi à fondre des balles et faire des cartouches, qu’il allait lui-même distribuer aux citoyens qui combattaient, jusqu’au moment où, remarqué par des soldats de la garde royale au moment où il distribuait ses munitions, il tomba mort sous leur décharge. Il laisse une femme sans enfant mais une mère pauvre et âgée qui retombe à la charge de sa veuve, Catherine Challier, employée comme femme de confiance chez M. D’Aubignos, rue d’Enghien n° 17 à Paris. » En 1833, il écrivit au ministre de l’Intérieur, pour lui faire savoir qu’il ne se souciait pas d’obtenir ce poste mais précisait : « J’oserais seulement solliciter de votre justice et de votre bonté que vous veuillez bien, monsieur le ministre, permettre qu’il me soit délivré une copie de la demande que M. le général Fabvier avait faite en ma faveur [une place de pharmacien major, N.D.A.]. Ce sera pour moi un titre honorable et, de plus, un témoignage de mon dévouement, puisqu’on y verra la preuve manifeste que j’aurais mieux aimé sacrifier mes intérêts personnels plutôt que d’ajouter, par mes plaintes et mes réclamations dans les journaux, aux difficultés déjà si nombreuses que des esprits turbulents se plaisent à apporter à la marche régulière du gouvernement […]. » Il signa, le 1er août 1830, le certificat suivant en faveur de Mons, Jean-Pierre : « Nous, soussignés, habitants de Paris, rue Croix-des-Petits-Champs et rue Saint-Honoré et voyageurs présents à l’Hôtel de Nantes, rue Croix-des-Petits-Champs n° 9, certifions que M. Jean-Pierre Mons, natif de Gaillac, département du Tarn, ancien directeur des vivres aux armées françaises en Espagne, fut un des plus actifs et courageux défenseurs de nos libertés dans les journées mémorables des 27, 28 et 29 juillet ; que dans celle du 29 il fut grièvement blessé à la main gauche par un éclat de mitraille, après avoir supporté corps à corps une forte lutte avec un grenadier de la garde royale, lequel fut terrassé et traversé par un coup de sabre par ledit Mons, qui l’étendit roide mort. Nous certifions en outre que par sa brillante conduite, son zèle et son activité infatigable ledit sieur Mons n’a cessé d’encourager tous les braves qui combattaient avec lui et que si plusieurs positions occupées et défendues par les troupes royales ont été enlevées on le doit en partie à la grande prévoyance et à la conduite exemplaire du sieur Mons. » Il comparut, le 21 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) IVe arrondissement, pour attester parfaitement connaître Mons, Jean-Pierre « et savoir que le 29 juillet dernier il est sorti de son domicile armé d’un fusil, dans l’intention de se battre pour la liberté ; qu’arrivé rue Saint-Honoré il fut atteint de plusieurs projectiles de mitraille qui lui ont mutilé la main gauche ». Il signa un certificat en faveur de Renaudin, Antoine, Philippe, Auguste, pour attester qu’il lui avait donné les premiers soins sitôt après la blessure que ce dernier avait reçue le 29 juillet au Palais-Royal. Il délivra deux certificats en faveur de Leriche, Alexandre, Napoléon : « Nous, soussignés, certifions que le sieur Napoléon Leriche, élève en pharmacie, pendant les journées de Juillet, s’est exposé à la fusillade et à la mitraille pour sauver les blessés et leur porter des secours. Il a aussi sauvé la vie à quatre Suisses qui étaient tombés au pouvoir de quelques gens du peuple, et ce n’est qu’en courant les plus grands dangers pour sa propre vie qu’il est parvenu à les arracher des mains de ces illisible. Il est allé à Rambouillet. » et : « Le 27, dans l’après-midi et le 29 dans la matinée, s’est exposé à la fusillade et à la mitraille dans les rues Saint-Honoré et sur la place du Palais-Royal tant pour porter des secours aux blessés que pour les sauver et les transporter dans une ambulance établie cloître Saint-Honoré par les soins de M. Gosselin, pharmacien. En outre, le 29, parvenu sur la place du Palais-Royal au poste de ce palais, il sauva la vie à quatre Suisses qu’une juste vengeance allait faire immoler. Sa propre vie fut exposée au plus grand danger pour les sauver. Le 3 août, il fit partie de l’expédition de Rambouillet et fut du nombre de ceux qui parvinrent jusqu’au château. Pendant les trois journées de Juillet, il entretint une correspondance avec les habitants de la ville de Bolbec et leur fit prendre les ares pour voler au secours des Parisiens. » Il certifia, le 21 octobre 1830, qu’il était à sa parfaite connaissance que Caen, Cerf (voir ce nom) avait « pris une part honorable aux événements de Juillet ». Il certifia la conduite qu’avait tenue Fourcade, Clément pendant les trois journées de Juillet et qu’il avait « montré beaucoup de courage ». Il signa, le 11 septembre 1831 et comme « membre de la Commission chargée de recueillir les faits honorables dans le (ancien) 4e arrondissement », demeurant 171, rue Saint-Honoré (sic), le certificat suivant en faveur de Pélège, Claude, François : « M. Pélège, maître maçon, s’est conduit avec un courage remarquable le 29 juillet dernier. » Il demeurait 165, rue Saint-Honoré (adresse qui ne correspond pas avec larrondissement dans lequel il est décoré) en 1830-1831 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 277 in dossier Caen, Cerf ; Archives de Paris VD6 277 in dossier Fourcade, Clément ; Archives de Paris VD6 278 in dossier Renaudin, Antoine, Philippe, Auguste, in dossier Leriche, Alexandre, Napoléon, idem in dossier Mons, Jean-Pierre ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 12 janvier 1831 et le 22 février 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien) ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F/1dIII/33, Commission des récompenses nationales, ministère de la Guerre, état de propositions à des emplois de chirurgiens et pharmaciens sous-aides (sous le nom de Gosselin, Benjamin, Edouard) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/59 ; Archives nationales F/1dIII/64 in dossier Loutreuil, Philippe, Gabriel, dit Alexandre ; Archives nationales F/1dIII/68 in dossier Mons, Jean-Pierre ; Archives nationales F/1dIII/70 in dossier Passenaud ; Archives nationales F/1dIII/70 in dossier Pélège, François.

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