Goudchaux, Michel

Biographie


Né le 18 mars 1797 à Nancy, fils de Goudchaux, Jacob, banquier. Banquier et président du consistoire israélite. Le Constitutionnel, en date du 2 août 1830, relatait à son sujet et aux sujet de ses coreligionnaires : « Les Israélites se sont fait honorablement remarquer dans les derniers événements. Quelques-uns ont succombé dans cette lutte glorieuse. M. Michel Goudchaux, banquier, qui a contribué à la prise de plusieurs postes importants, vient d’être nommé adjoint du maire du VIe arrondissement. M. Bloch a livré son café rue Notre-Dame-de-Nazareth pour servir de corps de garde, a prodigué des secours aux blessés et distribué gratuitement des rafraîchissements à nos braves défenseurs. » Et Le National, en date du 4 août 1830 : « Nous avons annoncé hier que M. Demautor, maire du VIe arrondissement, s’était démis de ses fonctions. Nous espérons que les électeurs qui auront à pourvoir au remplacement de M. Demautor, songeront à M. Michel Goudchaux, banquier, qui a déployé un zèle et un courage extraordinaire dans les mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet. M. Goudchaux, quoique jeune encore, nous a prouvé, dans les circonstances actuelles, qu’il était à même de remplir avec distinction le poste que nous réclamons pour lui aujourd’hui, et qu’il avait déjà obtenu de la confiance de ses concitoyens. » La chronique de l’époque le signale comme s’étant distingué « par sa bravoure au Louvre ». Et aussi : « Plus de distinctions de croyance ! tous les Français se sont montrés frères ! ils étaient tous animés des mêmes sentiments. Plusieurs Israélites se sont distingués d’une manière exemplaire : M. Laurier fils a commandé le feu à la tête d’un groupe de jeunes gens ; M. Maurice Wolf a été également remarqué ; deux autres, dont le nom nous échappe, se sont montrés au premier rang ; à l’assaut du Louvre, la bravoure de M. Michel Goudechaux, banquier, a été exemplaire. » Alexandre Dumas fut un des tout premiers combattants de la révolution de Juillet. Il en laissa un récit impartial et bien renseigné. Il cite ainsi le nom de Goudchaux parmi ceux des combattants qui ont le plus contribué à la victoire de Juillet : « Ceux qui ont fait la révolution de 1830, ce sont ceux que j’ai vus à l’œuvre, et qui m’y ont vu ; ceux qui entraient au Louvre et aux Tuileries par les grilles rompues et les fenêtres brisées ; c’est, hélas ! – qu’on nous pardonne cette funèbre exclamation, la plupart d’entre eux sont morts, prisonniers, exilés aujourd’hui ! – c’est Godefroy Cavaignac, c’est Baude, c’est Degousée, c’est Higonnet, c’est Grouvelle, c’est Coste, Guinard, Charras, Etienne Arago, Lothon, Millotte, d’Hostel, Chalas, Gauja, Baduel, Bixio, Goudchaux, Bastide, les trois frères Lebon – Olympiade, Charles et Napoléon, le premier tué, les deux autres blessés à l’attaque du Louvre –, Joubert, Charles Teste, Taschereau, Béranger... Je demande pardon à ceux que je ne nomme pas et que j’oublie ; je demande pardon aussi à quelques-uns de ceux que je nomme, et qui aimeraient peut-être autant ne pas être nommés. Ceux qui ont fait la révolution de 1830 c’est cette jeunesse ardente du prolétariat héroïque qui allume l’incendie, il est vrai, mais qui l’éteint avec son sang ; ce sont ces hommes du peuple qu’on écarte quand l’œuvre est achevée, et qui, mourant de faim, après avoir monté la garde à la porte du Trésor, se haussent sur leurs pieds nus pour voir, de la rue, les convives parasites du pouvoir, admis, à leur détriment, à la curée des charges, au festin des places, au partage des honneurs. » Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement (sous le nom de Gondchaux, Michel sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). Il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur en date du 9 mai 1831. Il fut membre du Comité central de l’opposition constitutionnelle fondé en septembre 1837, pour s’opposer à la politique de Louis-Philippe. Nous empruntons au Dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889, les indications biographiques suivantes : « Représentant à l’Assemblée constituante de 1848, ministre, député au Corps législatif en 1857, […] Il appartenait à une riche famille de commerçants israélites d’Alsace. Placé de fort bonne heure par la mort de son père à la tête d’une des plus importantes maisons de banque de Paris, il se fit remarquer en même temps, sous la Restauration, par l’ardeur et l’activité de son opposition au pouvoir. Libéral militant, il applaudit aux journées de Juillet, se déclara partisan de la royauté nouvelle, fit partie quelque temps du conseil général de la Seine, et fut envoyé, comme payeur de la guerre à Strasbourg. A la suite de polémiques avec les ministres dont il dépendait, sur des questions de finances qui touchaient à la politique, il fut destitué on 1834 et rentra dans l’opposition. Il continua la lutte contre le pouvoir dans le National, où il défendit notamment la thèse de la construction et de l’exploitation des chemins de fer par l’Etat. Il publia aussi une brochure sur la Prorogation du privilège de la Banque (1840) ; deux Lettres à M. Humann sur la conversion des rentes, etc. Après le 24 février 1848, M. Goudchaux fut choisi par le gouvernement provisoire comme ministre des Finances : sa nomination fut bien accueillie surtout par les hommes d’affaires et les capitalistes. Il se montra préoccupé de prouver que le gouvernement nouveau était bien résolu à tenir les engagements de l’Etat, et, dans ce dessein, fit décréter le paiement par anticipation du semestre courant de la rente cinq pour cent. Il ne proposa d’ailleurs aucune solution à la crise financière, se prononça contre le socialisme et contre les théories économiques de la commission du Luxembourg, et déposa son portefeuille dès le 4 mars. Porté tardivement dans la Seine, comme candidat républicain modéré, aux élections générales du 23 avril, il ne réunit que 68.000 suffrages ; mais il passa à l’élection complémentaire du 4 juin 1848, le 3e sur 11, avec 107.097 voix (248.392 votants, 414.317 inscrits). Il siégea à la Constituante dans les rangs de la fraction la plus modérée du parti démocratique. Après les journées de Juin, le général Cavaignac le rappela au ministère des Finances. Durant ce second passage au pouvoir (du 28 juin au 19 décembre 1848), M. Goudchaux, abandonnant en partie les plans de MM. Garnier-Pagès et Duclerc, montra peu de confiance dans les nouvelles sources de crédit ouvertes par eux, maintint comme mesure temporaire le projet d’impôt sur les créances hypothécaires, ajourna la question du rachat des chemins de fer, fit décréter le remboursement en rentes des bons du Trésor et des dépôts des caisses d’épargne, obtint de l’assemblée l’autorisation de subordonner le budget des dépenses à celui des recettes, et proposa enfin d’ouvrir un emprunt avec l’assurance de trouver des souscripteurs. Dans la séance du 25 septembre 1848, il soutint au nom du gouvernement une rédaction écartant du projet de Constitution toute idée d’impôt progressif ; cette rédaction, qui substituait au texte de la commission de Constitution ainsi conçu : “Chaque citoyen contribue à l’impôt en raison de ses facultés et de sa fortune” les mots : en proportion, fut votée par 644 voix contre 96. Comme représentant, M. Goudchaux soutint jusqu’au 10 décembre la politique du général Cavaignac et vota pour les poursuites contre Louis Blanc et Caussidière, pour l’impôt proportionnel préféré à l’impôt progressif, contre l’amendement Grévy, contre le droit au travail, pour l’ordre du jour en l’honneur de Cavaignac, contre la réduction de l’impôt du sel. Il combattit L.-N. Bonaparte au pouvoir et se prononça contre la proposition Rateau, contre l’interdiction des clubs, contre l’expédition de Rome, etc. Dans les derniers mois de l’Assemblée constituante, il se mêla presque exclusivement aux discussions relatives à des questions de finances, dans lesquelles sa pratique des affaires venait en aide à son inhabileté oratoire. Dans les séances des 20 et 21 avril 1849, il causa par ses récriminations contre M. Fould une vive émotion au parlement et dans le pays. Non réélu à la Législative, M. Goudchaux était éloigné de la politique active lors du coup d’Etat de 1851. Le 26 septembre 1852, il posa sa candidature d’opposition au Corps législatif dans la 4e circonscription de la Seine, en remplacement de Carnot qui avait refusé le serment, et obtint 10.504 voix contre 11.378 à l’élu officiel, M. Monnin-Japy. En 1853, il se chargea de recueillir des souscriptions pour les républicains proscrits. Arrêté pour ce fait, le 4 octobre, après une visite domiciliaire, il fut relâché au bout de 24 heures ; on n’avait trouvé chez lui que des reçus de secours. Aux élections du 22 juin 1857, il fut de nouveau candidat indépendant, cette fois dans la 6e circonscription de la Seine ; proclamé élu avec 13.042 voix (24.054 votants, 36.906 inscrits), contre 10.454 à M. Perret, candidat officiel, il refusa le serment, et eut pour successeur à la Chambre Jules Favre. » Il mourut le 27 décembre 1862 à Paris. Le Constitutionnel, 2 août 1830 ; Le National, 4 août 1830 ; La Liberté reconquise ou histoire complète et détaillée de la révolution de Paris en juillet 1830, J.-B. Ambs, troisième édition revue et corrigée, Paris, Terry jeune, libraire, Palais-Royal, galerie de Valois, n° 185, 1830, p. 157-158 ; Souvenir glorieux du Parisien, précis historique des journées des 26, 27, 28, 29, 30 et 31 juillet 1830, par P. G. Prosper L***, nouvelle édition revue et augmentée, Paris, chez l’auteur, place Saint-André-des-Arts, n° 26 et chez les principaux libraires, p. 106 (sous le nom de Goudechaix) ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, p. 273 (sous le nom de Gandechaux), p. 380 (sous le nom de Goudechaix) ; La Révolution de 1830, ou Histoire des événements qui ont eu lieu dans Paris, les 27, 28, 29 et 30 juillet, par un témoin oculaire, Paris, Philippe, libraire, 1830, p. 30-31 (sous le nom de Goudechaix) ; Mes Mémoires, Alexandre Dumas, tome VI, cinquième série, nouvelle édition, Paris, Lévy frères, 1867 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIV/R/7 Récompenses honorifiques in dossier Rodrigues, Benjamin (qui vice-président du même consistoire, solicite la décoration de la Légion d’honneur) ; Archives nationales LH/2786/54 ; La République clandestine, 1818-1848, Gilmore, Jeanne, Aubier, Paris, 1997 ; Dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889, Adolphe Robert et Gaston Cougny. Est-ce le même que dans le dossier Tessier Eugène, qui signe un certificat ? sans doute…

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