Gourdin, René
Biographie
Né le 14 novembre 1783 à Paris. Ancien militaire, totalisant vingt années de service dans la marine impériale, en dernier lieu à bord du Tyrannicide, sous les ordres du prince Jérôme, ayant participé à la campagne de 1815, et combattu à Waterloo, licencié à la Restauration, sans pension ni retraite, devenu commissionnaire à l’hôtel des Grès, 22, rue des Grès. Il reçut (parfois sous le nom de Gourdain, René), comme blessé, un total de cent francs de secours auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Dans une lettre adressée à la Commission, il récapitulait ainsi sa participation aux combats : « Lors de la révolution de Juillet, il prit une part active aux événements et se battit pendant les trois jours, ainsi qu’il résulte du certificat qui lui a été délivré par les officiers du corps volontaire des étudiants, qu’il suivit à Rambouillet. Il reçut de la Commission des récompenses la modique somme de vingt-cinq francs et cela après avoir bravé la mort, s’être exposé partout où le danger était le plus grand, s’être nourri à ses frais dans les divers lieux où les événements le portèrent et être resté depuis près d’un mois sans ouvrage. Il espère de la généreuse sollicitude du roi qu’il lui sera accordé un nouveau secours. Trop âgé pour reprendre du service, il n’a d’autres ressources que son état de commissionnaire, qui lui suffit à peine pour vivre. » Il joignait à sa demande le certificat suivant : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Gourdin, commissionnaire de l’hôtel des Grès, rue des Grès n° 22, lieu où s’est formé la cinquième compagnie des étudiants, a combattu avec intrépidité et intelligence les 27, 28 et 29 juillet 1830 ; qu’il a presque toujours accompagné le corps volontaire des étudiants et notamment à Rambouillet et qu’ayant été privé de travail pendant près de huit jours il s’est constamment nourri à ses frais, faisant preuve en même temps de courage et de probité. » Signé : Chaigneau, ayant fait les fonctions de fourrier au corps des étudiants ; Poraldios illisible, faisant les fonctions de lieutenant et capitaine ; Delard, Guillaume, Auguste, étudiant des Mines, aide-major au corps des étudiants, demeurant 22, rue des Grès. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie de cet arrondissement. Il fut admis dans la catégorie des blessés de la 1re classe auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Sa médaille lui fut délivrée le 30 juin, et son brevet le 10 août 1831. Ne sachant signer, il simplement une croix en présence de deux témoins, qui déclarèrent le bien connaître : Jean, Georges Julg, marchand boulanger, demeurant 7, rue du Pélican, et Philipe, Jean, Georges Wernert, autre médaillé de Juillet, horloger, demeurant 43, rue de l’Arbre-Sec. Il fut arrêté à Paris en 1831, pour tentative de violation de domicile, et sa fiche de police indique qu’il avait déjà été arrêté en 1814, pour vagabondage, et condamné à six mois de prison. Il fut arrêté et traduit devant la cour d’assises dans le procès fait aux artilleurs de la garde nationale, à l’occasion des troubles qui accompagnèrent le procès des ex-ministres de Charles X. Il travaillait depuis deux ans et demi environ pour les jeunes gens, dont Rouhier (voir Rouhier, Benjamin, Antoine), qui demeuraient au 22, rue des Grés, et pour lesquels il avait l’habitude de faire les commissions. Son avocat devait prononcer la plaidoirie suivante, qui protestait contre le fait que l’avocat-général avait rendu hommage à la vie irréprochable de tous les accusés, à l’exception de son seul client : « Pourquoi donc cette exception injurieuse pour Gourdin ? Est-ce parce qu’il est pauvre. Nous acceptons alors le reproche, sans en rougir. Gourdin a une femme et deux enfants en bas âge, qu’il fait vivre de son travail, et qui ne souffrent que depuis que vous avez réduit leur chef de famille à l’impossibilité de s’occuper d’eux. Il a consacré la moitié de sa vie au service de son pays dans la marine. En juillet dernier, les dangers publics lui ont fait retrouver toute l’ardeur de sa jeunesse ; il a puissamment contribué à la prise de la caserne de Babylone ; on ne lui demandait pas alors s’il était pauvre, et la Commission des récompenses nationales ne le lui a demandé que plus tard que pour inscrire son nom parmi ceux des hommes qui ont mérité la reconnaissance du pays. » A l’issue du procès, il fut acquitté, comme tous les autres accusés. Il demeurait 5, rue du Pélican (mais 4, rue du Pélican sur les listes de la mairie in Archives de Paris VD6 288 n° 7 ; 4, rue du Pélican et surtout dans la lettre qu’il signe 6, rue du Pélican in Archives de Paris VD6 277 mais bien 5, rue du Pélican in Archives nationales F/1dIII/39 ; et enfin 4, rue du Pélican in Archives nationales F/1dIII/35 A et in Archives nationales F/1dIII/38 A ; 5, rue du Pélican in Procès des dix-neuf citoyens accusés de complot tendant à remplacer le gouvernement royal par la république) en 1830. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IVe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 71 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 277 ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement (avec l’indication Porté en double emploi à la fin de l’état) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IVe arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives nationales F/1cI/33 Etat des individus arrêtés depuis le 14 février 1831 ; Procès des dix-neuf citoyens accusés de complot tendant à remplacer le gouvernement royal par la république, Paris, Prévot éditeur-libraire, 1831 ; La Gazette des tribunaux 6 avril 1831.