Grand, Pierre
Biographie
Né en 1800 à Moulins (Allier). Bottier. Il est répertorié (sous les numéros 588 et 6) dans la liste des demandes de secours posées auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, après la révolution. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 24 février 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 28, au désarmement du poste de la place Maubert. M. Ganbaut illisible, commissaire de police à la tête ; il y avait des gendarmes et de la troupe ; il a pris au collet son ancien camarade, qui était gendarme, pour l’emmener chez lui, il ne put y parvenir. Ayant eu un fusil, tira quelques coups, passa le pont d’Arcole pour combattre aux remparts de la rue Saint-Pierre-aux-Bœufs jusqu’à 6 heures ; au parvis, a empêché de maltraiter des blessés du 3e de la garde, que l’on transportait à l’hôpital. Le 29, à 5 heures du matin au Louvre jusqu’à 10 heures et demie, à l’entrée du Pont-Neuf et aux barricades vers la rue Dauphine. Parti pour aller à Babylone, arrivé trop tard. Le 31, seul arrivé au pont de Sèvres, il a trouvé une quarantaine de patriotes, a suivi la garde sur la place et jusqu’à la grille du parc puis a combattu. Un drapeau étant tombé, un paysan l’a ramassé ; il lui a fait laisser, s’en est emparé et l’a rapporté au général Lafayette. Est allé avec M. Pommeret à Rambouillet ; c’est lui qui commandait la VIe légion parce que M. Pommeret (voir Rousset de Pomaret, Félix, Gabriel ? sinon à retrouver…) n’y connaissait rien. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 24 février 1831, à trois voix pour la croix, six voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il comparut, le 23 février 1831, devant le maire du (ancien) XIIe arrondissement, pour attester savoir que Poirson, Claude, Antoine « était au nombre des citoyens qui ont combattu pour la liberté dans les journées de juillet dernier ; que le 28 dudit mois il s’est trouvé sur le pont d’Arcole, du côté de la Cité, et qu’il y reçut un coup de baïonnette à la main droite, qui le mit dans l’impossibilité de travailler pendant six semaines environ ». Il signa, 12 juillet 1831 et comme « ancien militaire, ayant pris le drapeau des Suisses », le certificat suivant en faveur de Jonte, Pierre, Frédéric dit Comtois, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, combattants des trois jours, certifions que le nommé Jonte, Pierre, Frédéric dit Comtois a combattu le 28 à la Grève et au pont d’Arcole. Le 29, au Palais-Royal, dans les rues Saint-Honoré, de l’Echelle et adjacentes. Il fut un des deux qui voulaient traîner la pièce de canon quand nous fûmes repoussés de la rue de l’Echelle. Il se trouva à l’affaire des Tuileries. Il y resta et en fit le service pendant deux jours. » Il ajoutait certifier que Jonte avait combattu avec lui à la Grève et au pont d’Arcole. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il signa, le 5 septembre 1831, le certificat suivant en faveur de Debernon, Nicolas, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, combattants de Juillet, certifions que le nommé Deberom (sic) a combattu avec nous, à la Grève et au pont d’Arcole le 28, et, le 29, au Louvre, et qu’il a montré son courage comme un vrai patriote. » Il fit partie de la délégation de soixante-treize décorés de Juillet, qui, le jour de la fête du roi le 1er mai, sans doute en 1839 (en tout cas après 1838), se présentèrent à son palais, pour le féliciter et l’assurer de leur entier dévouement ainsi qu’aux membres de sa famille (la liste des décorés était constituée de : Alaignon, Pierre, Germain, demeurant 332, rue Saint-Jacques ; André, demeurant 20, rue Malar ; Asselino, Joseph, demeurant 62, rue du Faubourg-du-Roule ; Augé, demeurant 37, place Saint-Jean ; Beausse, Pierre, Louis, Michel, demeurant 74, rue des Fossés-du-Temple ; Bellardel dit la Rose, demeurant 1, rue Oblin ; Berne, Gaspard, Antoine, demeurant 19, rue d’Arras ; Bienloin, Emile, Adrien, demeurant 32, rue Traversine ; Bizet, François, Fidèle, demeurant 63, rue de Flandres à la Grande Villette ; Blanchard, demeurant 39, rue des Gravilliers ; Bonazzi, François, Marie, Louis, demeurant 13, rue Thiroux ; Bornio ou Bornia, demeurant 18, rue du Faubourg-Montmartre ; Boucheron, Jean-Baptiste, demeurant 43, rue de la Goutte-d’Or ; Bourgeon, Auguste, demeurant 316, rue Saint-Jacques ; Bridet, Jacques, demeurant 12, rue de la Cité ; Broly, Jean-Baptiste, demeurant 5, rue des Bernardins ; Buomy illisible, demeurant 26, rue de la Borde ; Caron, Louis, Joseph, demeurant 10, rue des Billettes ; Carron, demeurant 10, rue des J.. illisible-Saint-G. ; Charles, demeurant 7, rue Tibeautaudé ; Chevrier, demeurant 66, rue du Faubourg-Saint-Martin ; Courtin, demeurant 11, rue aux Fèves illisible ; Croué, Jean, demeurant 3, rue ou place du Chevalier-du-Gué ; Delchef, Léonard, Joseph, demeurant 4, ?? Saint-Martin ; Desplant, demeurant 2, rue du Cherche-Midi ; Dugas, demeurant 12, rue Basfroi ; Dutertre, demeurant 32, rue Saint-Germain-l’Auxerrois ; Duval, demeurant 27, rue Saint-Jacques-de-la-Boucherie ; Edeline, demeurant 40, rue du Marché-Neuf ; Evrard, Célestin, demeurant 13 rue des Carmes ; Fauquier, demeurant 12, passage Basfour ; Guillaume, Jean, demeurant 12, rue Joly ; Guyon, Louis, Alexis, demeurant 21, place Maubert ; Gaspard, Louis, Victor, demeurant 5, rue Carpentier ; Gattelier, demeurant 17, place Delaborde ; Gauthier, demeurant 23, rue du Faubourg-Saint-Jacques ; Geibel, François, demeurant 10, rue du Petit-Musc ; Giradin, demeurant 126, rue de Vaugirard ; Godard, demeurant 12, rue du Petit-Poteaudé ; Godard, demeurant 185 rue du Faubourg-Saint-Martin ; Godefroy, demeurant 11, rue Neuve-Guillemain ; Gœury, Pierre, Marie, demeurant 163, rue de Sèvres illisible ou de Sève ?; Guyon, Louis, Alexis, demeurant 21, place Maubert ; Henry, demeurant rue Saint-Tuque dans le faubourg Saint-Martin illisible ; Jacob, demeurant 12, p. Saint-Denis ; Joseph, demeurant 6, rue Pierre-Gosselin ; Judant, demeurant 11, rue de la Vieille-Draperie ; Juhel, Thomas, Jean, demeurant 25, rue Saint-Eloi ; Lefevre, demeurant 3, rue de la Petite-Truanderie ; Lhamel, demeurant 14, rue des Déchargeurs ; Maillot, demeurant 24, quai de la Contrescarpe ; Mazure, Jacques, demeurant 2, rue Saint-Nicolas-du-Chardonneret ; Mesure, Léonard, Louis, demeurant 10 bis, rue de Poissy ; Michau, Pierre, Urbain, demeurant 59, rue Quincampoix ; Mocquet, Armand, demeurant 20, rue des Carmes ; Monnot, Antoine, demeurant 221, rue Saint-Honoré ; Morin, demeurant 25, rue Sainte-Avoye ; Moulin, demeurant 8, rue de la Savonnerie ; Nicolas, demeurant 33, rue de la Ferronnerie ; Pichon, Pierre, Augustin, demeurant 186, rue du Faubourg-Saint-Denis ; Point, demeurant 66, rue de Rochechouart ; Rabot, Charles, demeurant 23, rue d’Arras ; Rozoy, Pierre, Nicolas, demeurant 6, passage Philibert ; Seigneur, demeurant 15, rue de l’Eglise ; Sidot, Dominique, demeurant 6, rue des Grésillons ; Simonet, Charles, Louis, demeurant 7, rue grande-rue Royale à Montmartre ; Smagge, Jean, Victor, demeurant 15, rue du Paon-Saint-Victor ; Thiberge, Louis, Achille, demeurant 46, grande-rue à La Chapelle ; Thomeret, Nicolas, André, demeurant 15, rue du Jour ; Thomeret, Pierre, Nicolas, demeurant 15, rue du Jour ; Tourneur, demeurant 2, rue des Jardins ; Vandenhorick, Jean-Michel, demeurant 20, rue de la Calandre ; Yves, demeurant 13, place du Chantre). Il demeurait 11, rue des Lavandières en 1831 ; 16, rue de Bièvres en 1838. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (cité trois fois dont la deuxième sous le numéro 6, la troisième sous le numéro 588) ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, liste des médaillés et liste des demandes de secours posées auprès de la mairie ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 24 février 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 24 février 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/72 in dossier Poirson, Claude, Antoine ; Archives nationales AB XIX 15 papiers des Tuileries (trouvés lors de l’envahissement du palais par le peuple en février 1848, N.D.A.), décorés de juillet 1830, citoyens qui ont pris part aux événements de 1830 ; Archives de la préfecture de police AA 383 in dossier Debernon, Nicolas ; Archives de la préfecture de police AA 394 in dossier Jonte, Pierre, Frédéric.
Grandchamp
Il était élève de l’Ecole polytechnique en juillet 1830. Histoire de la révolution de Paris depuis le 26 juillet jusqu’au 31 août 1830, Paris, chez Philippe libraire, rue Dauphine, 20, 1830, p. 211.