Grau de Saint-Vincent, Antoine, Jean-Baptiste, Michel
Biographie
Né le 28 juin 1789 à Paris, fils de Grau de Saint-Vincent, Michel, Firmin, écuyer officier de la garde-robe du roi, et de Lutton, Adélaide, Marie, Jeanne, son épouse. Admis en qualité d’élève pensionnaire le 18 juin 1805 à l’Ecole militaire, nommé sous-lieutenant au 88e régiment le 15 janvier 1807, lieutenant le 11 mai 1810, aide de camp du maréchal de camp Veilande le 30 juillet 1811, capitaine le 7 août 1814 ; il fit les campagnes de 1807 à la Grande Armée, de 1808, 1809, 1810, 1811 et 1812 à l’armée d’Espagne ; il fut blessé à la tête d’un coup de feu au siège de Badajoz le 1er février 1811, d’un coup de feu au bras gauche dans la nuit du 6 au 7 avril 1812, fait prisonnier cette même nuit par les Anglais. Il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur le 16 août 1816. Il est indiqué comme huissier de la chambre du roi en 1826-1829 dans l’Almanach royal. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Membre de la Commission des récompenses nationales pour le (ancien) VIIIe arrondissement, dans une lettre adressée le 30 avril 1831 à Imbert, commissaire du gouvernement pour les récompenses nationales, il rapportait ainsi la décision qui avait été prise au sujet de Dunan, Marie, Frédéric (voir ce nom) : « Toutes mes démarches ont été inutiles pour faire revenir la Commission sur sa détermination relativement à M. Dunand (sic), qui avait été porté pour la décoration et que, par suite de sa belle conduite pendant les troubles [pendant le procès des ministres, N.D.A.], en a été rayé. Je vous adresse sous ce pli une déclaration de M. Perret, maire adjoint du (ancien) VIIIe arrondissement, qui vous mettra au courant de ce déni de justice, le certificat de M. Dubois, qui atteste la belle conduite du jeune homme, enfin la proclamation qu’il a faite à ses camarades pour les exhorter à maintenir l’ordre public. Voyez ce que vous pouvez faire pour ce jeune homme ; de mon côté, le travail des décorations étant terminé, il n’y a rien à espérer. » En 1831, Grau de Saint-Vincent était chef de bataillon à la Ve légion de la garde nationale. Dans un procès intenté au journal La Tribune, le 14 juillet 1831 devant la cour d’assises de la Seine, pour offenses envers la personne du roi, les passages incriminés sont ainsi souligné par l’accusation : « La Tribune, dans son numéro du 5 mars inséra l’article suivant : “Le Roi Louis-Philippe, assisté de messire Grau de Saint-Vincent, ex-huissier de la chambre de Charles X, fera jeter au peuple, par ce porte-chaîne de la légitimité, les étoiles et les médailles où seront inscrites les dates immortelles des 27, 28 et 29 juillet. M Grau de Saint-Vincent vient d’être chargé de contrôler le travail de la Commission des récompenses nationales.” » Nous empruntons au Nouveau Dictionnaire des girouettes la notice biographique qui lui est consacrée et ainsi rédigée : « Huissier de la chambre de Charles X. (Almanach royal de 1826, page 57.)
»Parmi les douze dames désignées par le roi (Moniteur du 20 mai 1825.) pour accompagner LL. AA. RR. madame la dauphine et Madame, duchesse de Berry, pendant les fêtes de l'Hôtel-de-Ville, le 8 juin, figure madame Grau de Saint-Vincent.
»Après les événements de juillet, vous trouverez l'huissier de Charles X métamorphosé en officier supérieur de la garde nationale parisienne avec cocarde tricolore au chapeau, décoré de l'ordre de la Légion d'honneur et de la Croix de juillet. Il a rempli les fonctions de commissaire du gouvernement (de Louis-Philippe) près la Commission des récompenses nationales. Pauvre peuple !... un huissier de Charles X !!! »
Le 3 juin 1815, il avait épousé Brindeau, Aurore, Eugénie (alors âgée de seize ans). Il mourut le 12 février 1851. Il demeurait 21, rue Thévenot en 1831. l’Almanach royal pour l’an 1829, Guyot et Scribe, Paris, 1830, p. 59 ; Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, Le Moniteur universel 2 mai 1831 ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier récompenses de juillet 1830 lettres concernant Dunan, Marie, Frédéric ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Ve arrondissement et liste supplémentaire des décorés de Juillet ; La Gazette des tribunaux, 15 juillet 1831 ; base leonore de la Légion d’honneur, dossier LH/1193/11 ; Nouveau Dictionnaire des girouettes, Nos grands hommes peints par eux-mêmes, pairs, hommes d’Etat, hommes de lettres, généraux, évêques, chansonniers, préfets, journalistes, statuaires, ministres, députés, ambassadeurs, vaudevillistes, etc., par une girouette inamovible, à Paris, Lerosey, libraire, Palais-Royal, 1831, p. 386-387 ; Sannois sous la Révolution, éditions du Valhermeil, Delaplace, p. 73.