Grebert, Charles, Pierre
Biographie
Né le 15 juin 1802 à Nancy (Meurthe). Employé à l’administration des Postes en 1830, sous-inspecteur en 1831. Il donnait le récit suivant de sa participation aux combats de Juillet : « Dès le 26 juillet, je n’hésitai point à sacrifier à la cause de la liberté l’emploi que j’occupe et duquel dépend mon existence, pour concourir à l’œuvre de notre glorieuse révolution. Les 27, 28 et 29 m’ont fourni l’occasion de donner des preuves particulières de mon dévouement. » Il sollicitait un avancement dans l’administration des Postes, auquel il avait, jugeait-il, des droits incontestables et dont on l’avait privé jusqu’à aujourd’hui. Il joignait à sa demande un certificat du député de la Vendée, Duchaffault, qui attestait l’avoir vu « faisant partie des jeunes gens armés chez M. Audry de Puyraveau dans la journée du 28 juillet 1830 et avec lesquels il avait combattu ». Un certificat de Thivier, marchand de draps, demeurant 52, rue de Richelieu au Jocrisse, était ainsi rédigé : Nous nous plaisons à rendre hommage à la vérité en déclarant que nous avons vu M. Grebert au nombre des braves citoyens qui ont attaqué le Théâtre-Français dans la journée du 29 juillet à travers la fusillade des Suisses qui occupaient plusieurs maisons de la rue Richelieu. Nous déclarons en outre qu’après cette affaire M. Grebert et plusieurs autres jeunes gens nous ont amené trente soldats des 1er et 3e de l’ex-garde royale, qui s’étaient rendus à eux dans la cour du Palais-Royal et auxquels nous avons donné asile une partie de la journée, pour les soustraire à la juste indignation du peuple. Ces mêmes soldats ont été par nos soins mis dans la soirée à la disposition de l’autorité. » Bletou, Alexandre, de Tauves illisible dans le Puy-de-Dôme, demeurant 6, rue de Vendôme, rendit « témoignage à la bravoure et au dévouement qu’a montrés M. Grebert dans les mémorables journées de Juillet. Je lui dois personnellement de n’avoir pas été victime le 29 à la porte Saint-Honoré. Je dois rendre le même témoignage à M. le garde national Barrère (voir Barrère, Antoine). Ces deux messieurs se sont exposés pour venir à mon secours. » Barrère, Antoine (voir ce nom), sergent de grenadiers au 4e bataillon de la IIe légion de la garde nationale, demeurant 61, rue Richelieu, lui délivra le certificat suivant le 10 août 1830 : « Je certifie avoir vu M. Grebert faire partie des citoyens qui, le 29 juillet 1830, se sont portés sur le Théâtre-Français où les troupes de l’ex-garde royale s’étaient retranchées. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. Le 9 mai 1831, à la lecture des listes parues dans le Moniteur, il s’étonnait de pas y avoir lu son nom et demandait la réparation de qu’il présentait comme un oubli, les titres qu’il avait fournis à la Commission lui paraissant « aussi décisifs que ceux qu’ont pu présenter des personnes auxquelles on vient d’accorder cette distinction ». Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement (par erreur sous le nom de Greben, Charles, Pierre sur les listes du Bulletin des lois, sur celles du Moniteur universel). Il reçut sa médaille le 19 juillet 1831, et son brevet le 17 août de la même année (sous le nom de Grebert, Pierre sur le registre de récépissé des médailles et brevets de la mairie car le prénom de Charles est rayé). Sur la recommandation de la Commission des récompenses nationales, il fut nommé sous-inspecteur des postes à Givet (Ardennes). En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, en tant que décoré, auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il demeurait 70, rue Saint-Nicolas-d’Antin en 1830-1831 ; à Givet en 1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Bordereau des sommes payées aux décorés de la croix et de la médaille de Juillet, non blessés, pour l’indemnité qui leur a été accordée à l’occasion de l’anniversaire des trois jours, par décision de la Commission des récompenses nationales en date du 23 juillet 1831 (bien sous son nom de Grebert, Charles, Pierre) ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, (ancien) Ier arrondissement, idem même référence liste alphabétique des décorés de la médaille de Juillet ; Archives de Paris VK3 45 ; Archives nationales F/1dIII/33 état des candidats recommandés par la Commission des récompenses nationales, qui ont obtenu des emplois dépendant du ministère des Finances ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement (sous le nom de Grobert, Charles, Pierre) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ier arrondissement (bien sous son nom de Grebert, Charles, Pierre).