Greffe, Pierre, Joseph
Biographie
Né le 10 janvier 1794 à Saint-Amand (Nord), fils de Greffe, Quentin, Marie, Joseph et de Dubosquet, Marie, Joseph, son épouse. Homme de confiance en 1815, compagnon maçon en juillet 1830, cocher sur les listes du Constitutionnel. Il fut blessé d’un coup de feu qui lui fractura le fémur droit, le 28 juillet sur le boulevard près de la porte Saint-Martin. Transporté à l’hôpital Saint-Louis, il souffrit, selon un certificat médical, de « suppuration excessivement abondante » et mourut des suites de sa blessure le 26 septembre (mais le 25 septembre dans ce certificat médical, le 27 septembre in Archives de Paris VD6 360 n° 5, II) suivant. Il avait reçu un secours de cinquante francs en août et de cinquante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Le 18 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) Ve arrondissement (sic), comparurent : Girard, Antoine, Marie, Dominique, né vers 1778, employé retraité, demeurant 9, rue Zacharie ; Daulne, Louis, né vers 1771, propriétaire, demeurant 9, rue Zacharie ; Dutremblay, Charles, Louis, né vers 1767, ancien magistrat, demeurant 13, rue Pierre-Sarrasin. Ils attestèrent que Greffe, Pierre, Joseph « particulièrement connu des deux premiers comparants, a été blessé en combattant à Paris le 28 juillet 1830 sur le boulevard près la porte Saint-Martin, qu’il a été transporté à l’hôpital Saint-Louis, où il a été reconnu que sa blessure grave provenait d’une balle dont il avait été atteint à la cuisse et qu’il est mort audit hôpital environ deux mois après des suites de cette blessure ». Greffe était veuf de Laghez, Marie-Thérèse, née le 16 septembre 1790 à Vinantes (Seine-Maritime), qu’il avait épousée le 25 septembre 1815 à la mairie du (ancien) XIe arrondissement de Paris ; sur l’acte de mariage, Greffe, Pierre, Joseph est indiqué comme fils de feu Greffe, Quentin, Marie, Joseph, décédé le 5 décembre 1806 à Saint-Amand, et de Dubosquet, Marie, Joseph et comme étant homme de confiance ; Laghez, Marie-Thérèse est indiquée comme étant la fille de Laghez, Jean-François, tisserand et de feu Parrain, Marie, Marguerite décédée à Vinantes le 19 juillet 1814. Il laissait deux enfants, restées seules après la révolution : Victoire, Joséphine, née le 2 janvier 1813 (mais le 4 janvier 1813 in Archives nationales F/1dIII/37 ; mais bien le 2 janvier 1813 in Archives nationales F/1dIII/38 B ; le 3 janvier 1813 in Tableau des pensions) à Paris, et une autre, plus jeune, qui décédera à la fin de l’année 1830 ou au début de l’année 1831. Victoire, Joséphine était ouvrière. Le 18 février 1831, devant le maire du (ancien) XIe arrondissement (sic), comparurent : Daulne, Louis, né vers 1771, propriétaire, demeurant 9, rue Zacharie ; Dutremblay, Charles, Louis, né vers 1767, ancien magistrat, demeurant 13, rue Pierre-Sarrasin. Ils déclarèrent parfaitement connaître Greffe, Victoire, Joséphine et attestèrent que « quoique ladite demoiselle n’était pas inscrite au bureau de charité, est dans le cas d’obtenir les secours accordés par la Commission des récompenses nationales, comme ayant perdu son père, par suite des événements de Juillet ». Greffe, Victoire, Joséphine reçut un secours de cent francs, le 31 octobre 1830, un secours de cinquante francs, le 28 mars 1831, un secours de soixante francs, le 18 avril 1831, un secours de soixante francs, le 18 mai 1831, un secours de vingt-cinq francs, le 18 juin 1831, un secours de vingt-cinq francs, le 18 juillet 1831, un secours de vingt-cinq francs, le 18 août 1831, auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. En 1832, Victoire, Joséphine fut pensionnée de sept cents francs (et curieusement apparaît sur les listes des personnes admises dans la catégorie des blessés de la 1re classe auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement et qui reçut une indemnité définitive de cent vingt francs). L’orpheline reçut un secours exceptionnel de mille cinq cents francs (converti en inscription de rente) de la part de la Commission de souscription nationale (selon Archives de Paris VK3 19). Par un testament en date du 1er mai 1832, le baron Chambon, Claude, Gaudérique, Joseph, Hiérome, ancien commissaire ordonnateur des armées sous l’Empire, demeurant 11, rue du Petit-Vaugirard, « applaudissant aux principes qui ont dirigé la révolution de Juillet et voulant lui rendre un hommage durable » fit un legs en faveur de vingt orphelins ou orphelines du (ancien) Xe arrondissement, de quatre du (ancien) XIe arrondissement et de trente du (ancien) XIIe arrondissement, laissant, pour chacun d’entre eux, une somme de six mille francs (sans qu’on connaisse les critères de sélection choisis à l’établissement de la liste). Quand le baron Chambon mourut, le 26 septembre 1833, le testament fut attaqué par ses neveux, sous le prétexte que « le défunt aurait eu en les dépouillant de son héritage, cédé à des sentiments d’inimitié et de colère ». Puis, finalement, ces neveux se désistèrent, ouvrant alors les droits des orphelins. Victoire, Joséphine fut l’une d’entre eux. Pour chacun des orphelins la somme fut convertie en deux cent cinquante-six francs de rente à 5 %. Victoire, Joséphine, qui avait atteint sa dix-neuvième année avant l’établissement de la Commission des récompenses nationales et dont cette dernière n’avait donc pas eu à s’occuper, fut mariée et dotée à l’occasion de l’anniversaire des journées de Juillet en 1832 ; elle avait été « élevée avec soin par les sœurs de charité », selon une note de la mairie, et « comme orpheline du (ancien) XIe arrondissement distinguée et choisie pour sa bonne conduite », selon la Commission de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet. Elle avait épousée Gaussiran, Pierre, Antoine, né vers 1809 à Paris, contremaître tailleur travaillant depuis douze ans chez M. Bonbon 19, rue de l’Odéon, demeurant 4, rue Maufoncon, et dont la mère était rentière. Une fiche de renseignements établie par la mairie, rapportait sur son compte : « […] Ses émoluments sont de mille trois cent cinquante francs de fixe et des profits qui les portent à mille six cents ou mille sept cents francs. Le jeune homme a des mœurs très régulières. C’est à sa bonne conduite qu’il doit l’estime et la confiance des sieur et dame Bonbon, dont il fait la société habituelle hors des heures de travail. Sa mère, âgée de soixante-cinq ans, demeure avec lui. Il a pour elle les attentions et tous les soins d’un bon fils. » Sur la jeune fille, les mêmes renseignements rapportaient : « C’est une aimable et intéressante personne, bien élevée et depuis quelques années sous le patronage de M. le baron Silvestre de Sacy et de sa famille. Sa conduite est exemplaire et son air candide atteste qu’elle a conservé les habitudes religieuses dans lesquelles elle a été élevée. Elle est très laborieuse et très habile ouvrière. » La mairie donna plus tard sur ce mariage l’appréciation suivante : « Cette union […] a été des plus heureuses. Ce ménage prospère, Mme Gaussiran est mère d’une fille ; son mari s’est depuis cinq mois installé maître tailleur, rue des Fossés-Saint-Germain-des-Prés, n° 7 (sic). Beaucoup de notables habitants de l’arrondissement lui ont déjà accordé leur confiance, aussi l’administration municipale est-elle très satisfaite sous tous les rapports d’une semblable union. » Son nom n’était pas compris, en novembre 1831, dans un état des citoyens du (ancien) XIe arrondissement morts dans les journées de Juillet et dont le nom devait être inscrit au Panthéon ; en conséquence, la mairie demanda l’ajout de son nom (Greffe, Pierre, Jacques, précisait-elle), comme mort les armes à la main. Le nom de Greffe (P.-J. Greffe) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Greffe, Pierre, Joseph demeurait 28, rue de la Parcheminerie en 1815 ; 52, rue des Marais-Saint-Martin en juillet 1830 ; Victoire, Joséphine, 9, rue Zacharie (11, rue Zacharie in Archives de Paris VD6 545 n° 3 et in Archives de Paris, VD6 631 n° 1, mais aussi 9, rue Zacharie ; 11, rue Zacharie deux fois in Archives nationales F/1dIII/37 ; mais bien 9, rue Zacharie in Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, deux fois in Archives de Paris VD6 639 n° 5, mairie du (ancien) XIe arrondissement, cahier Indemnité des cinquante francs, 1831 et tableau général des enfants appartenant aux veuves et blessés de juillet 1830, (ancienne) XIe mairie) en 1831 et aussi 9, rue Zacharie in Archives nationales F/1dIII/38 B ; 9, rue Rochechouart en 1832 ; 9, rue Zacharie in Archives de Paris VI1 1, décorés de Juillet, états pour la distribution de gratifications et secours à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, mariage de Mlle Greffe avec M. Gaudiran ; 9, rue des Fossés-Saint-Germain-des-Prés en 1833 ; 9, rue de l’Ancienne-Comédie en 1835-1836 ; 12 cour du Commerce en 1837. Premier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 25 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 27 ; Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans ; Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 66 ; Archives de Paris VD3 6 ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, état nominatif des blessés du (ancien) XIe arrondissement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives de Paris VD6 545 n° 3 ; Archives de Paris VD6 560 n° 7 : exécution des legs du baron Chambon en faveur des orphelins de juillet 1830 ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1, mairie du (ancien) XIe arrondissement, récompenses nationales, secours aux blessés de Juillet domiciliés dans ledit arrondissement ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, mairie du (ancien) XIe arrondissement, cahier Indemnité des cinquante francs, 1831 ; Archives de Paris VD6 639 n° 6 1836-1838 et tableau général des enfants appartenant aux veuves et blessés de juillet 1830, (ancienne) XIe mairie ; Archives de Paris VD6 682 n° 4 ; Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport au roi sur l’exécution de la loi du 13 décembre 1830, relative aux récompenses nationales, et de l’ordonnance du roi du 25 août 1831, concernant les orphelins et orphelines de Juillet à la charge de l’Etat, (qu’on peut trouver par exemple dans Archives de Paris VD6 92), p. 40-41 ; Archives de Paris VI1 1, 1837, mariages de Juillet, idem décorés de Juillet, états pour la distribution de gratifications et secours à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, généralités pour doter des jeunes filles lors du mariage de la princesse Louise, idem mariage de Mlle Greffe et de M. Gaussiran ; Archives de Paris VK3 11 ; Archives de Paris VK3 19, lettre en date du 1er février 1832 de la préfecture de la Seine au maire du (ancien) XIe arrondissement, idem liste définitive des cas exceptionnels, idem séance du 13 février 1832, idem Souscription nationale, état des inscriptions de rentes qui ont été envoyées à la mairie du (ancien) XIe arrondissement de Paris, appartenant aux blessés, veuves ou ascendants et qui n’ont point été réclamés ; Archives de Paris VK3 31, liste de veuves, d’orphelins, d’ascendants de combattants tués en juillet 1830 (ancien) XIe arrondissement (orphelins au-dessus de sept ans) ; Archives de Paris VK3 32, (ancien) XIe arrondissement, citoyens dont les noms ne sont point inscrits au Panthéon et dont l’acte de notoriété constate la mort dans les combats ; Archives nationales F/1dIII/33 Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien XIe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) XIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830, dossier indemnitaires 1re classe à 120 francs, (ancien) XIe arrondissement et état des sommes payées aux combattants pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelines du (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/57 ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet, (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/15/2557-2559, état officiel des orphelins (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIe arrondissement, cas exceptionnels d’orphelins ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 82 (sous le nom de Greffe, Pierre, Jacques), liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.