Grellet, Etienne

Biographie


Né vers 1790 à Paris. Bijoutier en acier. Il s’empara de cent cinquante fusils, fit prisonnier un colonel et s’illustra sur les boulevards et au Louvre. Il demanda à entrer dans la garde municipale avec le grade de sous-lieutenant mais ne put l’obtenir de la Commission des récompenses nationales. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] VIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet et un emploi. Le 7 avril 1831, sans ouvrage depuis sept mois et demi, père de deux enfants en bas âge, il sollicitait un secours, la récompense honorifique qu’il méritait. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, commissaire nommé pour recueillir les faits mémorables des 27, 28 et 29 juillet, certifie que le sieur Grellet, Etienne, sergent dans la 4e compagnie de chasseurs du 1er bataillon de la VIe légion, a pris part d’une manière remarquable aux événements de la grande semaine. Voici les détails relatifs à sa conduite et que j’extrais des notes que j’ai faites sur cet objet : “Le sieur Grellet est sorti dans les trois journées des 27, 28 et 29 juillet, armé d’un sabre et d’un pistolet. Il a constamment dirigé une compagnie de cent cinquante à cent soixante hommes, avec lesquels dans la journée du mercredi vers 11 heures du matin il prit le poste du Château d’eau. Il a employé à la prise de ce poste une manœuvre adroite. Voici l’exposé qu’il nous en a fait ; en arrivant vers le poste, il prévint les camarades en leur disant lorsque vous verrez mettre en joue, couchons-nous ; relevons-nous quand le peloton aura fait feu et courons sur eux. Ce conseil fut suivi et après avoir suivi le feu du premier peloton d’une compagnie de troupe de ligne du 50e régiment, il se précipita à la tête des siens sur l’ennemi. Ils s’emparèrent ainsi des armes et du poste. Dans la journée du jeudi, il contribua à la prise du Louvre. J’ajouterai qu’étant moi-même sous les armes le mercredi et le jeudi j’ai vu le sieur Grellet à la tête du détachement qu’il commandait et dont il stimulait le courage par son exemple.” » Signé, le 20 octobre 1830 : Hoyau, deuxième capitaine de la compagnie de voltigeurs du 1er bataillon de la VIe légion. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, attestons que le sieur Grelet, Etienne (sic), entré en 1810 au 13e léger passé sergent en 1811, sorti de ce régiment pour passer dans son grade dans le 2e régiment de la garde impériale, réformé en 1812 par suite de blessures. Dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, s’est mis à la tête d’un détachement de quarante hommes après avoir essayé deux feux de peloton du 50e régiment de ligne, s’est précipité sur une masse de cent vingt hommes qui ont été désarmés par lui et ses braves compagnons d’armes et a fait prisonnier le colonel de ce régiment. » Signé : Monjour, lieutenant-colonel de la VIe légion : Legrand, capitaine en second de la 4e compagnie du 3e bataillon. Il demeurait 202, rue Saint-Martin en 1830 ; 36, rue Aumaire et aussi 62, rue des Gravilliers en 1831. Archives de la préfecture de police AA 391.

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