Grenat, Alexandre
Biographie
Né vers 1784 à Ostende (Pays-Bas). Cocher. Il fut grièvement blessé, le 28 juillet, alors qu’il aidait à couper des arbres sur les boulevards. Atteint de fractures aux deux jambes et d’une contusion à la tête, il fut soigné à l’hôpital Beaujon, amputé à la cuisse droite mais mourut des suites de ses blessures le 31 juillet suivant. Le certificat suivant délivré par l’hôpital Beaujon, en date du 18 septembre 1830, attestait ainsi ses blessures et les circonstances de son décès : « […] Est entré audit hôpital le 29 juillet dernier, atteint de fractures comminutives aux deux jambes, produites par la chute d’un arbre qu’il concourait à abattre sur le boulevard et d’une grande plaie contuse à la partie supérieure de la tête. L’amputation de la cuisse droite a été pratiquée. Ledit Grenat est mort le 31 juillet. » Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Il laissait une concubine, Montalant, Marie, Marguerite, Suzanne, née le 16 janvier 1780 à Roissy (Seine-et-Oise) (elle-même fille de Montalant, Jean-Louis, marchand boucher, et de Cheront, Marie, Marguerite son épouse) épouse légitime de Fouillet, Pierre, Antoine, frotteur, né le 1er octobre 1806 aussi à Roissy. Elle produisit deux certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que Marie, Marguerite, Suzanne Montalant, veuve Fouillet, vivait maritalement depuis longtemps avec le sieur Grenat, Alexandre, décédé par suite de blessures reçues dans les journées de juillet 1830 et qu’il lui reste trois enfants à sa charge. » Signé, le 5 novembre 1830 : Bayle, négociant, demeurant 6, rue des Fossés-Montmartre ; Fournier, marchand de vin, demeurant 48, rue du Cadran ; Riaux, marchand épicier, demeurant 42, rue du Cadran ; Desaunay, demeurant 10, rue des Vieux-Augustins ; Hatu. Le second certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions et attestons que la demoiselle Marie, Marguerite, Suzanne Montalant, veuve Fouillet, depuis longtemps connue de nous et dont le mari est décédé le 28 février 1830, attendait l’expiration des dix mois voulus par la loi pour contracter mariage avec le nommé Grenat, Alexandre, mort victime des événements de juillet 1803, celui-ci étant dans les mêmes intentions et des démarches ayant déjà été faites pour parvenir à cette union depuis longtemps désirée. » Signée, le 3 juin 1831 : Bayle, membre du conseil de illisible de la IIIe légion de la garde nationale ; Desaunay, marchand de bouteilles, demeurant 10, rue des Vieux-Augustins ; Fournier, marchand de vin, demeurant 48, rue du Cadran ; Delcombre, épicier, demeurant 42, rue du Cadran ; Simon, chaudronnier, demeurant 44, rue du Cadran ; Burat frères, bandagistes, demeurant 12, rue Mandar. Elle reçut (sous les noms de Grenade ou Grenard) un secours de cent vingt francs et un autre de deux cent soixante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel, un secours de deux cents francs, le 2 août 1830, un secours (sous le nom de Grenard) de cinquante francs, le 23 août 1830, un secours de cent cinquante francs, le 13 octobre 1830, un secours de trente francs le 19 novembre 1830, un secours de quatre-vingt-quinze francs le 26 novembre 1830 à la mairie du (ancien) IIIe arrondissement (et pourtant un total de cent vingt-cinq francs de secours auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement). La demande de pension formulée par Montalant auprès de la Commission des récompenses nationales pour elle et les deux (ou trois ?) enfants qu’elle avait eus avec Grenat, fut repoussée à cause des renseignements défavorables obtenus sur son compte et ainsi établis : « D’après les renseignements recueillis sur le compte de la nommée Montalant, Marguerite, Suzanne, veuve Fouillet, il serait évident que cette femme aurait quitté son mari depuis onze ans pour vivre en commerce adultérin avec le nommé Grenat, Alexandre, cocher, décédé le 31 juillet dernier à l’hôpital Beaujon à la suite de ses blessures reçues en combattant le 28 juillet 1830. Plusieurs enfants sont nés de leur concubinage, deux garçons sont à la charge de cette malheureuse femme, qui a aussi été blessée en courant après son mari et qui a subi une opération assez sérieuse à la cuisse gauche et fait une station de neuf mois à l’hospice Beaujon. Les liaisons intimes de la nommée Montalant et de Grenat datent du mois d’août 1820. Il serait évident cependant que sa conduite à l’égard de Grenat n’aurait pas toujours été franche, souvent il existait des querelles entre eux ; pendant l’espace de deux ans qu’ils ont demeuré rue du Faubourg-Montmartre, n° 72, le femme Montalant avait vendu à l’insu de Grenat le mobilier et l’argenterie qu’elle possédait pour suivre un individu qui partait pour Londres par Calais et, lorsqu’il a été question de s’embarquer, l’individu qu’elle avait suivi est parti sans elle, emportant avec lui le produit de la vente des effets de la femme Montalant, qui fut forcée de revenir seule à Paris. Le sieur Buardy, menuisier, rue Saint-Georges, n° 23, ne rend pas bon compte de la conduite de cette femme ; il la dépeint comme ayant mené une vie débauchée pendant l’espace de quinze mois qu’elle a demeuré dans la maison qu’il occupe et d’où elle est sortie vers la fin de 1829. D’autres personnes que nous avons abordées dans les différents logements qu’ont habités la femme Montalant et Grenat nous ont assuré que depuis sept années consécutives, ils vivaient maritalement, qu’ils avaient eu plusieurs enfants, qu’ils devaient légitimer par suite du décès du mari de cette femme, décédé le 1er mars 1830, qui connaissait les liaisons intimes de Grenat avec son épouse. La femme Montalant est dans une misère complète ; elle paye cent trente francs de loyer pour une très petite chambre qu’elle occupe rue du Cadran, n° 43 et ne possède qu’une seule paillasse sur laquelle couchent ses deux enfants. » Sur le registre de la mairie, in Archives de Paris VD3 1-2, elle est indiquée comme ayant quatre enfants. Les enfants Fouillet reçurent, en tant que cas exceptionnels d’orphelins, de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Fouillet, Pierre, Antoine et Montalant, Marie, Marguerite, Suzanne s’étaient mariés le 1er octobre 1806 à Roissy ; sur l’acte de mariage, Fouillet, Pierre, Antoine est indiqué comme étant fils de Fouillet, Antoine et de feue Devoier, Marie, Geneviève, comme étant frotteur, comme étant veuf de Delaitre, Marie, Geneviève ; Montalant, Marie, Marguerite, Suzanne est indiquée comme étant fille de Montalant, Jean-Louis, manouvrier, et de Chéron, Marie, Marguerite. Grenat, Alexandre demeurait successivement 72, rue du Faubourg-Montmartre ; 23, rue Saint-Georges, en 1829 ; 43, rue du Cadran (par erreur 3, rue du Cadran sur les listes du Constitutionnel) en juillet 1830 ; sa concubine, 43, rue du Cadran en 1830-1831. Le nom de Grenat (A. Grenat) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des cas exceptionnels d’orphelins auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IIIe, p. 97, liste nominative du IIIe arrondissement des cas exceptionnels d’orphelins au nom desquels il a été déposé diverses sommes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit, avant le 1er janvier 1834, terme de la déchéance, p. 116, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832 ; Archives de Paris VD3 1-2, état des sommes payées par MM. les commissaires ci-après désignés aux combattants et blessés de juillet 1830 du (ancien) IIIe arrondissement (sous le nom de Grenard, Alexandre), idem Etat des paiements faits par M. Ternaux, commissaire délégué des récompenses nationales pour le (ancien) IIIe arrondissement, aux veuves, ascendants et blessés dudit arrondissement, années 1830-1831 (M. Ternaux n’a pris les paiements que le 13 octobre 1830) ; Archives de Paris VD6 121 n° 2, mairie du (ancien) 1er arrondissement, liasse 4 une liste de deux pages en date du 31 juillet 1830 et signée Laroche ; Archives nationales F/1dIII/33 Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien IIIe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées ; Archives nationales F/1dIII/57 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des cas exceptionnels auxquels il a été alloué des indemnités définitives, (ancien) IIIe arrondissement et aussi même référence liste nominative des personnes pour lesquelles il a été déposé diverses sommes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit jusqu’au 31 décembre 1833, (ancien) IIIe arrondissement, cas exceptionnels d’orphelins ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 82, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.