Grillot, Jean-Baptiste
Biographie
Né le 22 février 1805 à Vitreux (Jura). Peintre en bâtiment. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il adressa, en effet, la lettre suivante à la Commission : « Le soussigné Jean-Baptiste Grillot, âgé de quarante-deux ans, ex-gardien et concierge du passage du Grand-Cerf, où il est resté six ans avec honneur et conduite et qui, en 1830, s’est conduit avec courage à la caserne des Minimes, où il était employé à la gendarmerie, en s’opposant avec courage à la dévastation et au pillage de cette caserne par les patriotes ; enfin, dans les journées de Février, qui est resté constamment sous les armes en maintenant l’ordre dans la même caserne avec désintéressement, en faisant acte de citoyen. A l’honneur de solliciter de votre bienveillance, à l’appui des neuf certificats qui prouvent qu’il s’est bien conduit, la place de concierge à la caserne des Minimes, qu’il est capable de remplir avec zèle, exactitude et dévouement à son pays. Il est père de famille, sans fortune, et depuis de longues années qu’il habite la capitale, sa moralité est connue et sa conduite irréprochable. » Suivaient de nombreuses apostilles. La première apostille, ainsi rédigée : « Je certifie que le citoyen Grillot s’est conduit d’une manière digne d’éloge pendant tout le temps que j’ai commandé la caserne des Minimes depuis la reddition jusqu’à ce jour, 17 mars 1848. » Signé : Cuisinier, sous-lieutenant, commandant les Minimes. La deuxième apostille, ainsi rédigée : « Je, soussigné, propriétaire, rue Neuve-Sainte-Catherine n° 9, certifie que M. Grillot a habité plusieurs années dans ma maison et que pendant ce temps sa conduite a toujours été exemplaire. Je certifie, en outre, qu’étant de garde aux Minimes, dans les derniers jours de février, j’ai remarqué que M. Grillot se rendait très utile dans cette caserne, par les soins qu’il prodiguait pour le maintien du bon ordre. » Signé, le 17 mars 1848 : Cauvin illisible. La troisième apostille, ainsi rédigée : « Je certifie que le citoyen nous a été d’une grande utilité dans le service que nous avons fait à la caserne des Minimes. » Signé : Bouvier illisible, lieutenant à la VIIIe légion de la garde nationale. La quatrième apostille, ainsi rédigée : « Je, soussigné, maréchal de l’ex-garde municipale à la caserne des Minimes, certifie qu’il est à ma parfaite connaissance que le citoyen Grillot n’a cessé de veiller aux intérêts de la caserne des Minimes et des ex-gardes qui l’habitaient. » Signé, le 18 mars 1848 : Cape. La cinquième apostille, ainsi rédigée : « Je me joins aux signatures ci-contre pour prier le gouvernement provisoire de prendre la demande du citoyen Grillot en considération, attendu que c’est un brave homme, qui est digne de la modeste place qu’il sollicite. » Signé, le 18 mars 1848 : Marguerite, lieutenant à la VIIIe légion de la garde nationale. La sixième apostille, ainsi rédigée : « Les soussignés certifient que le nommé d’autre part s’est très bien conduit dans la caserne des Minimes depuis notre arrivée dans ce local, où nous l’avons trouvé et où il reste encore dans l’intérêt de l’ordre et de la police. » Signé, le 18 mars 1848 : de Biges ; Tirard. La septième apostille, ainsi rédigée : « Je joins ma signature illisible pour attester que le citoyen Grillot a toujours été de service à la caserne depuis le 24 février. » Signé, le 18 mars 1848 : Bloquait. La huitième apostille, ainsi rédigée : « D’après la conduite du citoyen Grillot et les soins que je l’ai vus apporter au bon ordre de la caserne des Minimes, je me plais à croire que la haute bienveillance du gouvernement provisoire saurait lui en être reconnaissante pour l’emploi qu’il sollicite. » Signé, le 18 mars 1848 : Pons, sergent à la VIIIe légion de la garde nationale. La neuvième apostille, ainsi rédigée : « Je ne puis qu’attester que le citoyen Grillot a rendu de grands services à la caserne des Minimes pendant tout le temps de la formation des 13e et 14e bataillons de la VIIe légion. » Signé, le 18 mars 1848 : Borde nave, capitaine, adjudant-major. La dixième apostille, ainsi rédigée : « Nous prions le citoyen Moreau, maire du (ancien) VIIe arrondissement, de vouloir bien apostiller la demande du citoyen Grillot qui depuis notre arrivée à la caserne des Minimes nous a été d’une grande utilité comme concierge. Nous demandons à ce qu’il soit maintenu dans ses fonctions à ladite caserne. » Signé, le 20 mars 1848 : Jomard, commandant de la 5e compagnie du 13e bataillon ; Gousset, lieutenant de la même compagnie. La onzième apostille, ainsi rédigée : « Nous reconnaissons que la demande faite par le citoyen Grillot mérite d’être prise en considération, attendu que d’après les renseignements pris sur ledit citoyen nous reconnaissons que l’on ne pourrait confier le poste qu’il demande à un citoyen plus digne ni plus méritant. » Signé, le 20 mars 1848 : le capitaine de la 1re compagnie du 13e bataillon La douzième apostille, ainsi rédigée : « C’est avec conviction que je donne ma signature au citoyen Grillot pour l’emploi de concierge pour lequel il se propose. Je le crois digne sous tous les rapports de remplir ce poste. » Signé : Bous illisible. La treizième apostille, ainsi rédigée : « Nous reconnaissons que la demande faite par le citoyen Grillot mérite d’être prise en considération, attendu que d’après les renseignements pris sur ledit citoyen nous reconnaissons que l’on ne pourrait confier le poste qu’il demande à un citoyen plus digne ni plus méritant. » Signé, le 20 mars 1848 : Chazy, François, capitaine de la 4e compagnie. Sa demande fut rejetée par la Commission. Il reprit les pièces qu’il avait confiées à la Commission. Il était marié et père de deux enfants en 1848. Il demeurait 8, rue Jacente puis 9, rue Neuve-Sainte-Catherine en 1848. Archives de la préfecture de police AA 391.