Grimoux, François, Marie, Louis
Biographie
Né le 30 octobre 1790 à Carrière-Saint-Denis (Seine-et-Oise). Ex-carabinier au 24e régiment d’infanterie légère, puis ancien marchand boucher. Il était porteur du certificat suivant : « Les braves qui, pendant les mémorables journées de Juillet, ont montré un courage surnaturel et ont enseigné, par leur exemple, le mépris de la mort, ne pouvant être trop récompensés, nous, soussignés, avons fait le présent certificat au sieur Grimoux, malgré que sa modestie le portât à le refuser. Le sieur Grimoux, François, Marie, Louis, demeurant à Paris, rue du Faubourg-du-Roule n° 39, ex-carabinier au 24e régiment d’infanterie légère et père de six enfants, s’est porté sans arme, le 28 juillet à la porte Saint-Honoré, où une vive fusillade s’était engagée. Ainsi que beaucoup d’autres il ne put s’en procurer. Le 29, avec trente ou quarante hommes, sans armes comme lui, il se présenta à la caserne de la rue Verte, désarma le factionnaire, monta à la grille d’une cantine et fit tous ses efforts pour pénétrer dans le quartier. N’ayant pu réussir, il descendit et frappa à la porte à coups redoublés. La porte s’ouvrit. Un chef de bataillon et plusieurs officiers se présentèrent, demandant ce que l’on voulait. Vos armes, leur répondit-on. Le commandant leur assura qu’il ne ferait pas tirer sur eux mais il refusa de donner les armes. Entrons ! s’écria Grimoux, et tous se précipitèrent dans la caserne, arrachant les fusils des mains d’une soixantaine de gardes royaux formés en colonne serrée. Grimoux arracha de son fourreau la baïonnette d’un sergent et le menaça de la lui plonger dans le corps s’il n’obéissait à son injonction de rendre son fusil. Il fut alors possesseur d’un fusil et de munitions. Après cette expédition, comme ils sortaient de la cour, un peloton de la garde, venant de la caserne Pépinière, débouche par la rue Roquépine et fait feu sur eux. Secondé par trois ou quatre hommes, Grimoux répond pendant plus d’un quart d’heure au feu de ce peloton, en rétrogradant vers la rue du Faubourg-Saint-Honoré. Dans ce combat, deux de leurs camarades tombèrent à ses côtés. Resté seul, il s’embusqua dans un enfoncement et continua son feu jusqu’à ce que, voyant les deux troupes réunies prendre une rue pour lui couper la retraite, il se retira vers la rue du Colisée. Là, il trouva un ouvrier armé d’un fusil et tous deux s’avancèrent pour aller à la recherche des gardes royaux, mais ils s’étaient portés rapidement sur un autre point. Il vint alors aux Ecuries du roi, défendues par le poste ordinaire de douze Suisses et un détachement de quarante gardes royaux français, envoyé le matin. Il combattit à l’attaque de ces écuries le reste de la journée et fit élever sur les toits des maisons environnantes des échafaudages garnis de pavés et de tuiles. Enfin, les soldats s’étant rendus et se retirant avec leurs armes par la rue de Berri, il alla se placer sur le parapet du terrain de l’oratoire et, seul, les couchant en joue, il les somma de rendre leurs armes. Cette action hardie les intimida et, le croyant soutenu par de plus grandes forces, ils s’arrêtèrent et pendant l’instant d’incertitude qui succéda à cette apostrophe inattendue, le reste des braves arriva par la rue de Berri et les soldats furent désarmés. » Signé (tous noms à peu près illisibles) : Boulage, Michel ; Boissié, débitant de tabac, officier… ; Guenot, marchand épicier, demeurant 44, rue du Faubourg-du-Roule ; Cochu, J., jeune : Veneque, charcutier ; Rigault, vitrier ; Genevois, épicier ; (F ?)ines, horloger ; Beaumond ; Benoist ; Bidot. Il demandait la décoration et que ses deux fils, l’un âgé de quinze ans et l’autre de seize, fussent placés aux Arts et Métiers. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. Son dossier est annoté de l’observation suivante : « Les renseignements sont bons. La Commission verra si elle peut lui accorder cette faveur. » Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il reçut sa médaille le 4 juillet 1831, et son brevet le 13 août de la même année. Il était alors inscrit sur les listes de la mairie comme imprimeur du Commerce de la boucherie. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, en tant que décoré, auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il demeurait 39, rue du Faubourg-du-Roule (dont in Archives nationales F/1dIII/39 et surtout dans le certificat in Archives de Paris VK3 45 et aussi deux fois in Archives de Paris VK3 25 dans une liste de citoyens proposés pour la médaille, liste qui est corrigée à la main et idem même référence liste alphabétique des décorés de la médaille de Juillet) en 1831 mais aux abattoirs de Montmartre en 1831 in Archives de Paris VD6 92, bordereau etc., in Archives nationales F/1dIII/34 et in Archives de Paris VK3 24 dans le registre qu’il signe. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des médaillés de Juillet ; Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Bordereau des sommes payées aux décorés de la croix et de la médaille de Juillet, non blessés, pour l’indemnité qui leur a été accordée à l’occasion de l’anniversaire des trois jours, par décision de la Commission des récompenses nationales en date du 23 juillet 1831, idem liste des médaillés du (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, (ancien) Ier arrondissement, idem même référence liste alphabétique des décorés de la médaille de Juillet ; Archives de Paris VK3 45 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ier arrondissement.