Grognet dit Lavenelle, Pierre, Michel

Biographie


Né le 6 mai 1788 à Posès (Eure), fils de Grognet, Pierre, Nicolas et de Rousselin, Marie, Anne, son épouse. Ancien militaire, réformé définitivement du 2e régiment de chasseurs à cheval le 16 décembre 1815 pour cause de blessure, après huit années de service et après avoir reçu neuf blessures, il devint contremaître marinier. Le 30 ou 31 juillet, vers onze heures du matin, il était sur son bateau la Clémence, appartenant à M. Paris, en train de décharger au pont de Sèvres, quand six militaires de la garde royale quittèrent leur régiment campé à la tête du pont pour déserter. Ils se présentèrent à lui afin qu’il les fît passer de l’autre côté de la Seine. Grognet s’apprêtait à leur rendre ce service quand une fusillade fut dirigée depuis le pont par un peloton de grenadiers lancés à la poursuite des déserteurs. Les coups de feu atteignirent le bateau et Grognet fut blessé par une balle qui lui traversa la main. La scène se passa sous les yeux du maire de Sèvres, qui recueillit les soldats dans sa maison de commerce, les cacha et les déguisa pour faciliter leur désertion. Il était porteur des deux certificats médicaux suivants. Le premier certificat médical, ainsi rédigé : « Je, soussigné, docteur en médecine, membre de l’Académie royale de médecine, inspecteur du service de santé militaire des armées de terre, etc., certifie donner mes soins depuis le 31 juillet dernier au sieur Pierre, Michel Groniet, frappé le susdit jour d’un coup de feu très grave à la main gauche sur la région dorsale. Je certifie de plus que la blessure du sieur Groniet sera longtemps à guérir et que la cicatrice étendue, profonde et adhérente qui doit en résulter gênera sensiblement le peu de mouvements que conservait le susnommé, antérieurement estropié de la même main, dont le doigt indicateur reste dans une flexion permanente. » Signé, le 18 août 1830 : Vergez, commandeur de l’ordre royal de la Légion d’honneur. Le second certificat médical, ainsi rédigé : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, attaché à la Commission des récompenses nationales, demeurant rue Saint-Pierre-Montmartre n° 12, certifie avoir examiné la main gauche de M. Grogniet, Pierre, Michel (sic), demeurant à Poses (département de l’Eure). La face dorsale de cette partie présente dans l’espace qui existe entre le cinquième métacarpien et le quatrième une blessure causée par une balle. Au-dessus de la cicatrice de cette blessure est une autre cicatrice par l’ouverture de laquelle sont sorties plusieurs esquilles au rapport du malade. Cette main a perdu le mouvement dans l’annulaire et l’auriculaire par la lésion des deux tendons qui se illisible à ces doigts. Il est possible que la suite le mouvement leur soit rendu. Outre ces blessures, l’index a perdu le mouvement par la illisible de son tendon, produite par un coup de sabre à la guerre d’Espagne. La profession de ce blessé ne pourra être illisible aussi facilement mais l’expérience prouve que des tendons lésés perdent pour un temps le mouvement et le recouvrent enfin. » Signé, le 2 janvier 1831 : Mitot. Il reçut un secours de cent francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Deux certificats attestaient les circonstances dans lesquelles il avait été blessé. Le premier certificat, ainsi rédigé : « L’an 1831, le 1er mars, nous, Jean-Jacques Legry, sous-inspecteur de la navigation ; Receveur, Pierre, Jules, César, employé ; François, Auguste, marchand de vin ; Mazière, Etienne, marchand de vin ; Collas, Eugenet, Amédée, négociant. Certifions et attestons que le 30 juillet dernier le sieur Pierre Grognet dit Lavenelle, contremaître du bateau la Clémence, appartenant à M. Paris et en station en aval du pont de Sèvres, vit cinq grenadiers de l’ex-garde royale qui abandonnaient leur régiment pour se ranger avec les défenseurs de la liberté et malgré la présence d’un peloton de grenadiers postés sur le pont et plusieurs cavaliers lancés à la poursuite des déserteurs. Il s’exposa à passer dans son batelet de l’autre côté de l’eau pour soustraire à une mort certaine les cinq grenadiers ; mais au moment où il s’y disposait il eut la main traversée d’une balle ». Le maire de Sèvres, Collas, en légalisant les signatures, ajoutait : « De plus, nous certifions que le fait relaté au présent est de la plus exacte vérité puisqu’il s’est passé sous nos yeux et c’est dans notre maison de commerce que les cinq soldats ont été recueillis, cachés et déguisés pour faciliter leur désertion. » Le second certificat, ainsi rédigé : « Les soussignés certifient à qui il appartiendra que le 31 juillet dernier sur les 11 heures du matin, six militaires de la garde royale, ayant appris qu’un ordre du jour signé du général Lafayette leur ordonnait de se rendre au camp de Vaugirard, ont quitté les rangs de leur régiment, campé à la tête du pont de Sèvres et se sont présentés au nommé Pierre, Michel Grogniet dit Lavenelle (sic), ancien militaire, contremaître marinier du bateau la Clémence à M. Paris, en décharge au port de Sèvres, afin d’obtenir le passage de la Seine et qu’à l’instant où le sieur Lavenelle se disposait à leur rendre ce service une fusillade fut dirigée sur son bateau et qu’il fut atteint d’une balle à la main gauche, dont il était déjà estropié auparavant. » Signé, 6 août 1831 (pour les noms lisibles) : Collas frère ; Deligny ; François, garçon de chantier. En incapacité de travail pendant quinze jours, il reçut un secours de quarante francs le 24 août, un secours de quarante francs le 11 septembre 1830 de la part de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il reçut un secours de trois cent quarante-cinq francs le 3 janvier 1831, un secours de quarante-cinq francs le 1er février, un secours de seize francs 1er avril 1831, un secours de seize francs le 15 avril auprès de la mairie du ancien) IIIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet (sous le nom de Grogniet dit Lavonelle, Pierre, Michel dans les listes du Bulletin des lois, et du Moniteur universel). Admis dans la 3e classe des blessés, il fut pensionné de cinq cents francs. Il lui fut accordé, à titre de blessé de la 3e classe, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. La mairie de Posès lui délivra, en date du 27 février 1831, un certificat attestant qu’il ne possédait de propriété « qu’une modique habitation et peu de terres labourables et qu’il n’existait, sa femme et son fils que par son travail de sa profession de marinier d’eau douce ». Il signa, comme décoré de Juillet, lieutenant à la IIe, le certificat suivant en faveur de Vallée-Hautmesnil, Paul, Adolphe, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février : « Les soussignés, membres du conseil, gardes nationaux et citoyens de la commune de Grenelle (Seine), en reconnaissance des services rendus à la patrie et à ladite commune par le sieur Vallée, capitaine en premier de la 1re compagnie de carabiniers, IIIe légion, 6e bataillon de la garde nationale de la banlieue, demandons qu’il lui soit accordée une récompense nationale honorifique. En accordant cette récompense qu’il a si bien méritée et depuis longtemps, tant par ses services militaires que par ses services civils comme garde national et son dévouement à cette cause dans cette circonstance pour le maintien de l’ordre et de la tranquillité publique, le gouvernement provisoire de la république française aura fait un acte de justice dont la commune de Grenelle lui sera reconnaissante. » Il avait épousé Micaux, Henriette, le 19 juillet 1817 à Posès. Sur l’acte de mariage, Grognet, Pierre, Michel est indiqué comme fils de feu Grognet, Pierre, Nicolas et de feue Rousselin, Marie, Anne ; Micaux, Marie, Henriette (sic) est indiquée comme née le 23 ventôse an II à Posès, fille de Micaux, Jacques, David, Léonard et de Guerard, Marie, Françoise, comme demeurant à Posès et comme étant journalière. Il avait un fils, David, Xénophon, né le 5 septembre 1821 à Posès. Il demeurait à Posès en 1817 et en 1821 ; 1, rue du Doyenné en 1830 in Archives de Paris VK3 26 ; 21, rue des Petites-Ecuries en 1831 puis retourna habiter à Posès (mais 3, rue Lafayette en 1831 in Archives nationales F/1dIII/39 et 9, rue Lafayette in Archives nationales F/1dIII/34 et aussi in Archives de Paris VD3 1-2 ; 9, rue Lafayette chez Mauzon in Archives de Paris VD6 3 ; mais bien Posès in Archives nationales F/1dIII/38). Premier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 25 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 27 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 96 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 67 (sous le nom de Groguet, Pierre, Michel) ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la médaille de Juillet du (ancien) IIIe arrondissement (sous le nom de Grognier) ; Archives de Paris VD3 1-2 in dossier Commission des récompenses nationales, (ancien) IIIe arrondissement, idem Etat des paiements faits par M. Ternaux, commissaire délégué des récompenses nationales pour le (ancien) IIIe arrondissement, aux veuves, ascendants et blessés dudit arrondissement, années 1830-1831 (M. Ternaux n’a pris les paiements que le 13 octobre 1830) ; Archives de Paris VD6 121 n° 2 mairie du (ancien) 1er arrondissement, liasse 7, liste des secours aux combattants ; Archives de Paris VK3 26, (ancien) Ier arrondissement de Paris, état des habitants du (ancien) Ier arrondissement qui ont été blessés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 (sous le nom de Grogniet Pierre, Michel) ; Archives de Paris VK3 28 un récapitulatif alphabétique des secours donnés aux combattants avec indication précise des dates ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIIe arrondissement et par la caisse municipale, pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831 (une fois sous le nom de Grogniet dit Lavenelle, Pierre, Michel et une autre fois sous celui de Grognet dit Lavenelle, Pierre, Michel) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/57 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IIIe arrondissement, blessés de 3e classe ; Archives de la préfecture de police AA 416 in dossier Vallée-Hautmesnil, Paul, Adolphe.

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