Gros

Biographie


Officier avant la Restauration, il était, en juillet 1830, avocat dans la ville de Valence (Drôme). Il sollicita, en 1831, la décoration de Juillet auprès des membres de la Commission des récompenses nationales : « Messieurs, Lors de la révolution de Juillet, j’habitais Valence, département de la Drôme. Le 1er août, différents avis venus de Lyon et de Grenoble faisaient craindre que les généraux Paultre de la Mothe et Daudenarde qui commandaient les divisions militaires dont ces villes sont les chefs-lieux ne voulussent de concert à la tête des troupes sous leurs ordres tenter une trouée sur le Midi. Le 2 août, la commission administrative de la garde nationale de Lyon me prévenait par une lettre que des convois d’armes et de munitions partis secrètement de Lyon étaient dirigés sur le Midi et avaient été rencontrés à quatre lieux de Lyon sur la route de Valence ; on m’engageait à prendre toute mesure utile. Il s’agissait d’ôter à ces contrées, que j’avais vues en 1815 déchirées par la guerre civile, des moyens de renouveler de semblables calamités. Mon devoir de bon citoyen ne me parut pas douteux. Prendre des informations sur la marche des convois annoncés, réunir dans une voiture quelques hommes de courage, revêtir mon vieil uniforme, me parer des couleurs nationales, qui n’étaient point encore arborées dans la province, monter à cheval et poursuivre des voitures qui avaient plusieurs heures d’avance sur nous fut l’ouvrage de peu d’instants. Le convoi, qui se composait de deux voitures chargées de poudre, escortées par plusieurs gendarmes portant la cocarde blanche, fut arrêté à quelques lieues de Valence. Les voituriers non plus que les gendarmes d’escorte n’étaient porteurs d’aucune lettre de voiture propres à faire connaître la destination de cette poudre. J’ordonnai donc que ce convoi reprît immédiatement la route de Valence. Le nombre et le poids des barils y furent vérifiés en présence du directeur de l’arsenal. Je signai seul le procès-verbal qui fut rédigé de ma capture. Cette poudre fut emmagasinée devant moi dans la citadelle de la ville, où elle est demeurée cinq ou six mois. Les couleurs nationales n’ont été arborées à Valence que quatre jours après cette action. Tels sont, Messieurs, les faits sur lesquels je fonde mes droits à une récompense nationale et à l’appui desquels j’invoquerai s’il en était besoin les témoignages de messieurs Béranger, député de la Drôme, Forcheron, alors maire de Valence, et Delacroix, maire actuel, ainsi que ceux de tous les habitants de cette ville. » Durant son séjour à Paris, en 1831, il demeura 46, rue de Vaugirard. Archives nationales F/1dIII/57.

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