Grosse, François, Pierre

Biographie


Né vers 1783 à Mayenne (Mayenne). Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement (il est sous quel nom dans les listes des journaux ?). Sa médaille lui fut délivrée le 22 juin 1831 et son brevet le 18 août de la même année. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il apostilla ainsi, le 1er août 1831, la lettre rédigée par Moisson, Claude et adressée à la Commission des Réclamants, pour tenter de faire valoir ses droits à la décoration de Juillet, à un secours et à un emploi : « Je certifie que le nommé Moisson a été à Babylone avec nous et qu’il s’est conduit en brave citoyen. » En 1831-1833, il était tambour à la Xe légion de la garde nationale. En juillet 1833, il reçut, à titre de décoré de Juillet, une gratification de vingt-cinq francs à l’occasion des fêtes nationales pour l’anniversaire de la révolution de Juillet. En juillet 1834, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut une gratification de quinze francs à titre de décoré non pensionné. En juillet 1835, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut une gratification de sept francs et cinquante centimes à titre de décoré non pensionné. En juillet 1836, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut une gratification de cinq francs, à titre de décoré non pensionné (il est indiqué comme ancien tambour sur les listes d’émargement de la mairie). En juillet 1837, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut une gratification de cinq francs et trente centimes, à titre de décoré non pensionné. Il fut recommandé, en 1839, par le maire de son arrondissement pour être compris dans les distributions de gratifications. Son nom est sur une liste de décorés (trois devaient être choisis, en plus de trois orphelins, pour chacun des quatorze arrondissements) qui désiraient participer à la cérémonie funèbre à l’église Saint-Germain-l’Auxerrois le 28 juillet 1840, à l’occasion de la translation des corps des victimes dans le caveau de la colonne de Juillet, place de la Bastille. Il mourut, paralysé, en 1847 aux Recollets, « tambour de la garde nationale pendant trente ans », selon sa fille. Ce fut sa femme qui toucha le secours de soixante francs qui lui avait été alloué. Sa veuve reçut un secours de quarante francs en 1850, un secours de cinquante francs en 1851. En 1860, cette même fille, Grosse, Joséphine, Marie, Madeleine, épouse Delacourt, se trouvant « dans la plus grande des misères », sollicita un secours ; elle expliquait qu’elle était mère de trois enfants, que son mari était malade depuis un an, alité mais réduit à coucher sur la paille, n’ayant ni draps ni couverture. Le 23 mai 1860, le préfet de police donna sur son compte les renseignements suivants : « […] La dame Joséphine, Marie-Madeleine Grosse, femme du sieur Delacourt, journalier, est âgée de quarante et un ans, née à Paris, elle demeure avec son mari, depuis dix ans, à l’adresse sus indiquée [4, passage Dupleix], où ils occupent un logement du prix annuel de quatre-vingts francs, qu’ils paient avec beaucoup de peine. Mère de trois enfants, dont l’aîné âgé de quatorze ans, vient de passer quatre mois dans un hôpital pour une maladie d’yeux. La pétitionnaire travaille depuis dix ans chez la dame Pinet, maîtresse blanchisseuse, demeurant rue Dupleix n° 11. Son salaire est de deux francs par jour mais elle n’est pas constamment occupée. Son mari, âgé de cinquante ans, manque souvent d’ouvrage et gagne peu comme homme de peine. Cette famille est réduite à une misère presque complète. Les renseignements recueillis sur la conduite morale et politique des époux Delacourt leur sont entièrement favorables. Leurs noms ne sont pas notés aux sommiers judiciaires. La position malheureuse de cette famille la rend véritablement digne d’intérêt. » Elle reçut un secours de cinquante francs en 1860. En 1861, elle renouvelait sa demande de secours, expliquant qu’elle était mère de trois enfants dont deux en bas âge et l’aînée âgée de quatorze ans, et que son mari ne pouvait plus travailler par suite d’infirmités ; elle obtint un secours de trente francs. En 1865, elle adressait une nouvelle demande de secours : « […] Me trouvant, ainsi que ma famille, dans la plus grande misère, ne pouvant travailler par suite d’infirmités, notamment celle des douleurs rhumatismales, perdant l’usage de la vue, atteinte d’une hernie inguinale, je suis affectée de cette maladie depuis 1837, que j’ai attrapée dans mon travail à la Manufacture impériale des tabacs de Paris dont mon service compte vingt-deux ans de travail à ladite manufacture. Je suis, monsieur le ministre, chargé de famille et dans la position la plus critique, […] manquant de tout effet de linge et de corps, de plus couchée sur la paille […]. » Elle obtint un secours de quarante francs en 1865, un secours de quarante francs en 1866, un secours de quarante francs en 1867. Le 28 octobre 1868, la préfecture de police donnait les renseignements suivants : « La dame Delacourt, née Joséphine, Marie-Madeleine Grosse, âgée de quarante-neuf ans, demeure depuis cinq ans impasse Dupleix, 11, dans une chambre de cent trente francs de loyer annuel ; elle est veuve depuis trois ans et mère de quatre filles dont l’aînée seule, mariée à Versailles, n’est plus à sa charge. La pétitionnaire travaille en journée, ainsi que ses filles, dans les buanderies ; elles gagnent deux francs par jour mais seulement trois fois par semaine. Sa misère est extrême. En résumé, elle paraît digne d’un témoignage de bienveillant intérêt. » Elle obtint un secours de quarante francs en 1868, un secours de quarante francs en 1869. Grosse demeurait 70, avenue de la Bourdonnais en 1831-1833 (mais 83, avenue de la Bourdonnais en 1831 in Archives nationales F/1dIII/36 ; avenue de la Motte-Piquet in Archives de la préfecture de police AA 403 in dossier Moisson, Claude) ; 40, rue de Varennes en 1834 ; 15, bd des Invalides en 1835 ; 8, rue Malar en 1836 ; 9, place Fontenoy en 1837 ; 28, avenue de Breteuil en 1838-1839 ; 8, rue d’Estrée en 1840 ; sa veuve, 206, rue Saint-Dominique en 1847 ; sa veuve, 71, rue de Vaugirard en 1849 ; sa veuve, 207, rue Saint-Dominique au Gros Caillou en 1850-1851 ; sa fille, 4, passage Dupleix en 1860 ; 6, ruelle Dupleix en 1861 ; 11, ruelle Dupleix en 1865-1869. Archives de Paris Vbis7K4 4, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 524 n° 3, 1833, (ancien) Xe arrondissement municipal, état d’émargement de la somme de vingt-cinq francs accordée à des décorés du (ancien) Xe arrondissement de Paris à l’occasion des fêtes nationales de juillet 1833, année 1834, état de répartition entre MM. les décorés de Juillet du (ancien) Xe arrondissement non pensionnés, année 1835, état de répartition entre MM. les décorés de Juillet du (ancien) Xe arrondissement non pensionnés, année 1836, état de répartition de la somme de trois cent dix-huit francs entre MM. les décorés de Juillet domiciliés sur le (ancien) Xe arrondissement, année 1837, année 1838, 1840, 10e anniversaire, exhumation des victimes de Juillet et service funèbre ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/60 in dossier Lagrous ; Archives nationales F/15/3786-3787 secours à divers titres (dossier veuve Delacourt, Joséphine, née Grosse) ; Archives de la préfecture de police AA 369, Rapport au ministre, en date du 19 mai 1849, sur la proposition d’accorder à quatorze décorés, combattants, veuves de Juillet et sœur d’une victime de Juillet, domiciliés dans les départements des secours s’élevant ensemble à la somme de huit cent dix francs, minute 38, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 72, idem Etat nominatif de décorés, médaillés, blessés ou combattants de juillet 1830 et veuves de décorés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, courrier en date du 6 décembre 1850, minute 142-147, idem Etat de répartition de secours imputables sue le chapitre 25 bis du budget de 1850 (secours à divers titres), minutes 148-149, idem Demandes de renseignements sur des décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, 14 décembre 1851, minutes 208-209, idem Proposition, en date de 1851, d’accorder à des décorés, médaillés, blessés, veuves, ascendants, orphelins, combattants et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 11.390 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 202-204 ; Archives de la préfecture de police AA 403 in dossier Moisson, Claude.

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