Grosstête, Etienne, Louis
Biographie
Né vers 1789 à Paris. Fabricant d’ébénisterie. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la croix (il est indiqué comme médaillé sur sa fiche de renseignements... mais pas trouvé). Il décrivit ainsi sa participation aux combats de Juillet : « […] Dans les mémorables journées de Juillet, ferma sa boutique (qu’il ne rouvrit qu’après la révolution assurée) ; armé de son fusil, se rendit place de la Bourse ; là, voyant presque tous les citoyens sans arme, proposa le premier d’aller chez les armuriers […]. Il s’est rendu chez deux avec ceux qui le suivaient, où il a fait la distribution de ce qu’il y avait, dans le meilleur ordre possible, et se portant partout où le danger était le plus éminent, à la prise de l’Hôtel de ville il a fait le coup de fusil, à côté de M. de Neuville (Deneuville ? nom à retrouver...), président de la Commission. Il s’est trouvé aux affaires de la halle et à la préfecture de police. Il a manqué d’être victime de son zèle, en voulant s’opposer à l’effusion de sang au poste des gendarmes de la place du Châtelet, qui, après avoir rendu leurs armes, il s’est opposé aux voies de fait que l’on voulait exercer sur eux, qu’à cet effet les désarmeurs ont été prêts à faire feu sur lui, le traitant de partisan de Charles X, de même qu’au poste de ligne de la place Saint-Michel, plusieurs voulant se porter sur eux il s’y opposa et sa fermeté prévalut ; il n’y eut qu’un soldat blessé, qu’il a fait transporter à l’hôpital de La Charité. Il a fait partie de ceux qui ont été à Rambouillet et a distribué ce qu’il avait d’argent à ceux qui en avaient de pressants besoins occasionnés par la fatigue. Il n’a quitté son arme qu’après que la Commission a été établie et que l’immortel Lafayette fut nommé général. Il était également à la prise du Louvre et des Tuileries […]. » Sa lettre était suivie de plusieurs apostilles. La première apostille, ainsi rédigée : « Je certifie que le sieur Grostete (sic) est parti pour Rambouillet et avoir fait route avec lui, dont il m’a donné un pistolet avec des cartouches. » Signé : Belval, demeurant 374, rue Saint-Denis. La deuxième apostille, ainsi rédigée : « Je certifie sur l’honneur avoir vu M. Grossetête (sic) se rendant en armes sur la place de l’Hôtel-de-Ville le 29 juillet 1830. » Signé : Bataille, imprimeur, demeurant 80, passage du Caire. La troisième apostille, ainsi rédigée : « Voisin de M. Grossetête, je déclare que son magasin a été fermé pendant tout le temps qu’a duré la révolution de Juillet et que je l’ai vu sortir de chez lui, exprimant l’intention d’aller combattre pour la liberté. » Signé, le 3 juin 1831 : Castel de Courval, A., papetier demeurant 2, rue du Port-Mahon. La quatrième apostille, ainsi rédigée : « Je déclare avec vérité que j’ai vu M. Grossetête quitter sa maison pendant les trois journées de Juillet pour aller défendre nos libertés. » Signé : Biais illisible, demeurant 2, rue du Port-Mahon. Grosstête (il signe bien Grosstête) apostilla la lettre adressée, le 17 juin 1831, et comme contenant des faits vrais, par Rouvier, Gabriel pour faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants à une récompense honorifique. Il demeurait 2, rue du Port-Mahon en 1831. Archives de la préfecture de police AA 391 ; Archives de la préfecture de police AA 412 in dossier Rouvier, Gabriel.