Groux, Geneviève, Pierrette, femme Martin
Biographie
Née le 7 janvier 1793 à Paris, fille de Groux, Martin, Marie, René et de Bertaux, Marie, Pierrette, son épouse (les parents mariés en 1791 à Saint-Sulpice). Blanchisseuse. « Le 29 juillet, […elle] rentrait de chercher la nourriture de sa jeune famille, lorsque, prête d’entrer dans sa porte cochère, une balle partie de la caserne de la Pépinière, l’atteignit, pénétra dans la poitrine à gauche et sortit au-dessus de l’aisselle, en fracturant la troisième côte. » Elle fut immédiatement soignée par le docteur Noël, demeurant 106, rue Saint-Lazare. Elle reçut un secours de soixante-dix francs et un autre de trente francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Elle reçut un secours de quarante francs le 5 août, un secours de trente francs le 7 août (mais un secours de quarante francs et un secours de trente francs le 5 août in Archives de Paris VD6 121 n° 2, liasse 3), un secours de trente francs le 4 septembre, un secours de cinquante francs le 11 septembre, un secours de trente francs, pour solde, le 29 septembre auprès de la Commission de secours de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, puis un secours de cent vingt francs à partir du 12 octobre 1830, un secours de cent francs en novembre, un secours de soixante francs en janvier 1831, un secours de soixante francs en mars, un secours de soixante francs en avril, un secours de soixante francs en mai, un secours de vingt-cinq francs en juin 1831, soit un total de quatre cents francs de secours, de la part de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. Elle était mariée à Martin, Donas, Sigebert, né le 16 janvier 1785 à Paris, peintre en équipage, qu’elle avait épousé le 24 juillet 1813 à Paris ; sur l’acte de mariage, Martin, Donas, Sigibert est indiqué comme fils de Martin, François, Sigibert, tailleur, et de Lemaître Madeleine, son épouse, et comme demeurant chez ses parents, 81, rue de Sèvres ; Groux, Geneviève, Pierrette est indiquée comme demeurant chez ses parents, 9, rue du Bac. Elle était mère de Martin, Claudine, Elisa, née le 15 juillet 1825 à Paris, de Martin, Louise, Sophie, née le 30 août 1827 à Paris (mais in Archives nationales F/1dIII/34 son mari s’appelait Martin, Hubert, Alexis). Elle reçut un secours de quarante et un autre de trente francs le 5 août 1830 auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement (sans doute au total cent quatre-vingts francs et un paquet de linge). Son mari, en août 1830, sans ouvrage, sollicita des secours : « On daigna m’accorder deux fois de modiques sommes qu’on me donna comme provisoirement sur les sommes accordées par les âmes généreuses pour ces circonstances. J’ai d’autant lieu d’espérer davantage que journellement je vois des individus assez peu délicats pour solliciter et recevoir des récompenses qu’ils n’ont méritées ni en se dévouant à la cause de la patrie ni par le malheur des blessures du hasard. » Elle reçut sans doute au total cent quatre-vingts francs de la mairie de son arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 3 février 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu à la poitrine, de sa partie antérieure, inférieure et gauche vers la partie supérieure et externe de la mamelle, en contournant les cotes, cicatrisée mais avec quelque gêne dans la respiration. » Elle fut admise dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés avec une indemnité définitive de six cents francs versés sur deux ans. Elle reçut à titre de blessée de la 2e catégorie de la 2e classe une indemnité définitive de six cents francs, et à titre de cas exceptionnel une indemnité de trois cents francs, de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. En 1831, il lui fut soldé son indemnité de trois ou six cents qui lui est due parce que classée dans les blessés indemnitaires de la 1re ou de la 2e classe. En 1839, sa blessure ne lui laissant « aucun moment de santé », l’empêchant de se nourrir normalement, lui rendant tout travail impossible, elle sollicita des secours ; elle ajoutait qu’elle avait ses parents à charge, trois enfants, et que six banqueroutes successives parmi les clients qui procuraient du travail à son mari avaient privé celui-ci de ressources. Desnon, son propriétaire du 25 et 25 bis, rue Laborde, lui délivra un certificat, donnant les explications suivantes : « […] L’excès du malheur ne les avait pas frappés à cette époque, ils ont négligé les formalités voulues et n’ont pu obtenir la pension quoique avec une blessure grave. Elle ne jouit d’aucun moment de santé, ne vit que d’échaudés et de lait ; la balle qui lui a passé dessous le sein gauche a ricoché l’artère du bras et lui rend tout travail impossible. Chargés de leurs père et mère et de trois enfants, ils viennent d’éprouver six banqueroutes depuis un an […] et les réduisent à l’indigence la plus absolue […]. » Signé : Denson, carrossier, demeurant 4, rond-point des Champs-Elysées. La police donna sur le compte de Martin, les renseignements suivants : « […] Mère de trois enfants à sa charge. Son mari est associé avec le sieur Groux, son frère, qui est peintre en voiture. La position des époux Martin paraît assez modeste et ils se recommandent par leur conduite. » Elle reçut cinquante francs de secours en 1839, quarante francs en 1841, 1842, 1845. En 1845, la même administration précisait : « A épousé un peintre en équipage, qui est aujourd’hui en état de faillite. Les époux Martin ont trois demoiselles, dont deux sont mariées ; la plus jeune d’entre elles est à leur charge. La position de ce ménage est digne d’intérêt. » Elle reçut quarante francs de secours en 1847. En 1848, son mari était « hors d’état de travailler » en raison de sa mauvaise santé, et tous deux étaient « à la charge de leur fille, elle-même restée veuve et chargée de famille ». Elle reçut un secours de quarante francs en 1849, à titre de blessée de Juillet. En 1850, toujours selon la même administration elle jouissait « d’une bonne réputation de moralité » et ne paraissait « pas être dans une position malheureuse », « son mari occupe même plusieurs ouvriers », ajoutait le rapport. Elle reçut un nouveau secours de quarante-cinq francs en 1851, de quarante francs en 1853. En 1854, dans une nouvelle demande de secours, elle précisait que son mari était d’une très mauvaise santé, que son gendre, qui les aidait à élever leur dernier enfant, venait de mourir. En 1859, elle était décédée, et son mari « réduit à une détresse profonde, âgé de soixante-quinze ans et incapable de tout travail », sollicita un secours. Martin, Geneviève, Pierrette demeurait 9, rue du Bac en 1813 ; 81, rue Saint-Lazare de 1825 à 1827 ; 25, rue des Grésillons, (c’est sans doute la rue Laborde) quartier du Roule, en 1830-1831 (mais 81, rue Saint-Lazare en 1831 in Archives nationales F/1dIII/34 ; mais bien 25, rue des Grésillons in Archives nationales F/1dIII/38 A, in Archives de Paris VD6 92 et aussi in Archives de Paris VK3 26) ; 25, rue Laborde de 1827 à 1841 ; 38, rue de la Bienfaisance de 1842 à 1849 ; 70, rue de Miromesnil de 1849 à 1854 ; son veuf, 9, passage de la Ruelle aux Batignolles en 1859. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste n° 8, des blessés de Juillet ayant reçu une indemnité temporaire, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont été admis à des secours temporaires (300 fr. pendant deux ans), le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIe catégorie de la IIe classe du Ier arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 67 ; Archives de VD6 55 n° 5, mairie du (ancien) Ier arrondissement, gardes nationaux Paris, fiche de domicile. Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, liste des blessés indemnitaires, idem liste des personnes secourues, idem liste des blessés indemnitaires de la 1re classe, compte établi du 1er août 1830 au 31 août 1831, où son nom est naturellement rayé, idem liste des blessés indemnitaires de la 2e classe, compte établi du 1er août 1830 au 31 août 1831, idem Etat des sommes payées depuis le 1er septembre jusqu’au 31 octobre 1831 aux blessés de Juillet de la 2e classe, idem Etat nominatif des blessés, veuves, orphelins, etc. qui ont reçu pour le mois d’octobre 1831 des secours sur le fonds de 4 000 francs mis à la disposition de M. le maire du (ancien) Ier arrondissement le 26 juillet 1831, idem décompte des paiements faits par la mairie depuis le 1er août 1830 jusqu’au 30 août 1831 aux blessés de Juillet pensionnés par la Commission des récompenses nationales, idem Etat général des blessés et de la fixation des secours qui leur sont dus pour le mois de juillet 1831 d’après la fixation et le classement de la Commission, idem Etat nominatif des paiements faits à la mairie du (ancien) Ier arrondissement aux ascendants, veuves, blessés, orphelins, sous-lieutenants depuis le 1er juin jusqu’au 31 août 1831 ; Archives de Paris VD6 121 n° 2 mairie du (ancien) 1er arrondissement, liasse 3, état des sommes données aux blessés (non soldés), idem liasse 4, idem liasse 7 liste des secours aux combattants ; Archives de Paris VK3 18, Préfecture du département de la Seine, Commission de la souscription nationale, allocations accordées par décision spéciale à des personnes domiciliées dans le (ancien) Ier arrondissement, idem Etat nominatif des blessés de la 2e classe qui ont reçu à la mairie dudit arrondissement sur les fonds de la Souscription nationale, l’indemnité une fois payée qui leur a été attribuée par la Commission ; Archives de Paris VK3 26, (ancien) Ier arrondissement de Paris, état des habitants du (ancien) Ier arrondissement qui ont été blessés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives de Paris VK3 28, Commission des récompenses nationales de 1830, listes de noms de combattants bénéficiaires de secours pécuniaires, Ier arrondissement (ancien) (sous le nom de femme Martin), idem même référence un récapitulatif alphabétique des secours donnés aux combattants avec indication précise des dates (sous le nom de femme Martin, née Gron (sic) Geneviève), idem même référence registre de la Souscription nationale, blessés de la 2e catégorie de la 2e classe, idem même référence un registre de blessés admis à l’indemnité de trois cents francs pendant deux ans ; Archives de Paris VK3 48 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (243) citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis en raison de leurs blessures à des secours temporaires basés d’après le jury médical ; Archives nationales F/1dIII/65 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) Ier arrondissement, blessés de 2e classe et cas exceptionnels ; Archives de la préfecture de police AA 369, Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 10.545 francs pour être répartie entre 210 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, ladite somme imputable sur le budget du ministère de l’Intérieur, exercice 1849, minute 44 et minute 47, idem Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 27 février 1850, minutes 100-104, idem Courrier en date du 2 janvier 1851, Emploi d’une somme de 260 francs provenant d’allocations non retirées par des décorés ou combattants de juillet 1830, minutes 150-152.