Gruat, Amand, Isidore
Biographie
Né vers 1814 (selon sa propre déclaration la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février) ou 1811 (selon la Commission des Réclamants) à Paris (ancien) VIe arrondissement. Il s’illustra sur les boulevards et rue du Mouton. Il ne fit aucune demande devant la Commission des récompenses nationales. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants, sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, Duthierre, Constant, bijoutier, [certifie] avoir vu le nommé Amand, Isidore Gruat, se battre avec moi dans le mois de juillet 1830 pour la défense de nos libertés ; dans un moment d’alarme, notre ami Gruat a secouru le nommé Barbier (voir Barbier, Jacques), commis chez M. Mulatier, rue de la Tixeranderie n° 9, où tout le monde se sauvait il courut à lui, en face la rue du Mouton, d’où il était blessé et le ramena près de nous aux dépens de sa propre vie. » Signé : Dethierre, Constant, demeurant 19, rue du Faubourg-du-Temple. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, propriétaire d’une maison rue du Temple n° 85 à Paris, certifie avoir vu M. Amand, Isidore Gruat fils, rentrer le 27 et 28 juillet 1830 à 11 heures du soir dans ma maison chez sa mère, ma locataire et en présence de plusieurs personnes de la maison toutes pénétrées d’inquiétude de savoir qu’il était allé se battre pour la défense de la France si cruellement outragée à cette époque. Je me rappelle bien l’avoir vu revenir ce soir-là, avec la figure toute noire d’avoir déchiré la cartouche et porteur d’un fusil qu’il avait ramassé sur le champ de bataille de l’Hôtel de ville et c’est ce qui m’a fait lui serrer la main d’admiration en apprenant de lui les nouvelles les plus officielles de tout ce qui s’était passé à l’affaire de l’Hôtel de ville, dont il a fait partie toute la journée du 28. Ce jeune héros avait suivi son impulsion patriotique ! Effectivement, je l’ai vu le 30 au matin, porteur de la défroque d’un aide de camp attaché à la garde royale. Aujourd’hui, sur sa demande, je lui délivre avec plaisir mon certificat si cela peut lui être utile et je pense que s’il n’a pas sollicité la Croix de Juillet qu’il méritait plus tôt c’est par pure générosité de sa part. » Signé, le 6 juillet 1831 : Cresson. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le sieur Isidore, Amand, Gruat m’a vendu un fusil venant des trois jours de juillet 1830 [dont] il s’est servi, que je lui ai vu se servir le 28 juillet à l’Hôtel de ville, rue du Mouton. » Signé : Vandael, demeurant 36, rue du Vert-Bois. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le sieur Gruat, Amand, s’est présenté chez moi pour me faire déclaration des faits qui lui étaient personnels dans les affaires des 27, 28 et 29 juillet 1830. Je l’avais alors invité à se munir de certificats qui pussent appuyer ses déclarations mais ne s’étant pas présenté avec les pièces qu’il avait promis d’obtenir je n’ai pu donner aucune note positive à son égard. » Signé, le 6 juillet 1831 : Hoyau, commissaire chargé de recueillir les faits mémorables de juillet 1830. En 1848, il était fabricant bijoutier en doré. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février. […] Combattant de Juillet, […] j’ai lutté depuis cette époque au renversement de la dynastie déchue et lorsque le moment de sa chute arriva, comme garde national j’endossai l’uniforme, je partis et ne revins pas que tout ne soit fini vu que j’arrivai au pavillon Marsan le premier, dont j’eus la bonne idée d’établir un poste à la porte des appartements, avec l’aide d’un ancien élève de l’Ecole polytechnique, dont j’empêchai le pillage et sauvai des valeurs immenses à mon pays et ne quittai mon poste que tout en soit mis en lieu de sûreté à l’Hôtel de ville, dont j’accompagnai plusieurs convois et au Trésor […]. » Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que M. Amand Gruat, fabricant, portant l’uniforme de garde national, est le premier qui, sans mon invitation, s’est rendu au pavillon Marsan et qu’il m’a aidé par son zèle à la conservation des appartements occupé de madame la duchesse d’Orléans et qu’il ne s’est pas démenti depuis le 24 jusqu’à la fin. » Signé, le 6 mars 1848 : Marly illisible, garçon d’appartement, resté à son poste. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Pour rendre hommage à la vérité, je m’empresse de certifier que M. Amand Gruat, garde national en uniforme, est entré je puis le dire le premier et a puissamment secondé de tout son pouvoir pour maintenir l’ordre et a empêché le pillage des appartements de Son Altesse Royale madame la duchesse d’Orléans. » Signé, le 4 mars 1848 : Meville, valet de chambre et huissier, resté à son poste. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, commandant supérieur des Tuileries, me plaît à reconnaître que le sieur Gruat, demeurant rue Fontaine-au- n° 24, a constamment montré le plus grand dévouement pour la conservation des appartements de la duchesse d’Orléans et de la grande quantité d’effets précieux qui ont été renfermés pendant un certain temps du 24 au 27 février. Son zèle ne s’est pas démenti un seul instant. » Signé : Saint-Amand ; Faivre d’Audelange, Ch., vice-commandant ; Favre, commandant du pavillon Marsan. Il était marié en 1848. Il demeurait 2, rue Pavé-Saint-Sauveur en 1831 ; 24, rue de la Fontaine-au-Roi en 1848. Archives de la préfecture de police AA 391.