Guedret, Antoine
Biographie
Né le 6 octobre 1775 à Paris. Cloutier. Il fut blessé d’un coup de feu reçu dans le bras droit à la caserne de Babylone. Sa blessure nécessita l’amputation. Marié et père de trois enfants, il reçut un secours de cent vingt francs en août et un autre de trente francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il donnait à la Commission des récompenses nationales le récit suivante de la conduite qu’il avait tenue : « Le 27 et le 28 juillet, je suis resté avec les gardes nationaux de mon quartier. Le 29 au matin, mon fils, père de deux enfants, vint me demander mes armes. Je les lui ai refusées, lui faisant connaître le chagrin que j’éprouverais s’il était blessé. Je lui dis : J’irai moi-même. Je partis avec un voisin, me rendre à l’Odéon et, sous le commandement de plusieurs élèves de l’Ecole polytechnique, je me rendis à Babylone. Il pouvait être 11 heures à peu près. En arrivant, je suis monté sur le terrain près du grand mur. Nous étions environ quarante ou cinquante hommes. Nous avons commencé le feu. J’ai tiré quatre coups de fusil. En chargeant le cinquième, je fus atteint par une balle, qui m’a fracassé le bras. Je fus conduit par un citoyen à la Charité. Là, on voulut m’amputer. Sur mon refus, on m’a laissé sortir pour me rendre à mon domicile. Rendu chez moi, je me fis traiter par M. Annisat illisible, chirurgien, rue Saint-André-des-Arts n° 58 et M. Petit, médecin, rue de la Harpe en face celle de l’Ecole-de-Médecine, et amputé le 23 août, de mon bras droit, qui m’ôte la faculté de pouvoir travailler le reste de mes jours. » Un rapport de la mairie relatait ainsi sa participation aux combats : « Le 29, il s’empara du fusil de son gendre (sic), père de famille, préférant courir lui-même les hasards du combat. Des premiers à Babylone, il fut atteint d’une balle qui lui cassa le bras droit, dont il fut amputé. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le 31 mars 1831, devant le maire (ancien) XIIe arrondissement, comparurent : Vayron, François, Benjamin (voir ce nom), imprimeur en taille douce, demeurant 51, rue Galande ; Grün, Sébastien, Jacques (voir ce nom), mécanicien, demeurant 14, rue du Plâtre-Saint-Jacques ; Favre, Jean, Amand, fabricant d’encre d’imprimerie, demeurant 5, rue du Plâtre-Saint-Jacques ; Lepique, Pierre, propriétaire, demeurant 17, rue des Anglais ; Brion, Pierre, Philippe, marchand tonnelier, demeurant 9, rue du Plâtre-Saint-Jacques. Ils déclarèrent qu’ils savaient que Guedret, Antoine « était un des combattants pour la liberté, dans les événements de Juillet ; que le 29 dudit mois, à la caserne Babylone, il a eu le bras blessé à l’épaule, blessure qui a nécessité l’amputation du bras droit, vingt-six jours après ; que cette infirmité le met dans l’impossibilité de continuer à exercer sa profession ». Le 6 avril 1831, devant le maire (ancien) XIIe arrondissement, comparurent : Vayron, François, Benjamin (voir ce nom), imprimeur en taille douce, demeurant 51, rue Galande ; Lepique, Pierre, propriétaire, demeurant 17, rue des Anglais ; Barbette (il signe bien Barbette et non Barbet), marchand de vins, demeurant 13, rue des Anglais. Ils attestèrent que Guedret, Antoine était « dans une position nécessiteuse, que depuis qu’il a perdu son bras droit il se trouve dans l’entière impossibilité de continuer à exercer son état de cloutier, qui seul lui fournissait les moyens de subvenir à ses premiers besoins ; qu’il est dans une position voisine de la misère ». Il produisit un certificat d’indigence. Il reçut un secours de seize francs, le 4 février 1831, un secours de seize francs, le 11 février 1831, un secours de seize francs, le 18 février 1831, un secours de seize francs, le 25 février 1831, un secours de seize francs, le 4 mars 1831, un secours de cinquante francs, le 11 mars 1831, un secours de trente-quatre francs, le 13 avril 1831, un secours de soixante francs, le 30 avril 1831, un secours de soixante francs, le 31 mai 1831, un secours de soixante francs, le 31 mai 1831, à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Sur les listes de la mairie, les observations suivantes étaient inscrites en son face de son nom : Bonne conduite et Cet homme est très estimé mais son intention est d’attendre la pension qui lui sera accordée ; autrement il prendra les Invalides. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 7 janvier 1831, ne contient pas de faits nouveaux autres que ceux déjà relatés dans le rapport de la mairie. Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 7 janvier 1831, à cinq voix pour la croix, deux voix pour la médaille et aucune voix pour une mention puis par révision en date du 22 février 1831, il se prononça à sept voix pour la croix, trois voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il fut admis comme 6e R (ça veut dire quoi ? mais dans la 8e in F/1dIII/82) par décision du jury médical de la Commission des récompenses nationales, en date du 8 mars 1831 et pensionné de mille francs. Il ne savait pas signer. Il demeurait 17, rue des Anglais en 1830-1831. Premier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 25 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 27 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés (sous le nom de Gueudret, Antoine), Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 (sous le nom de Gueudret, Antoine) ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 68 (sous le nom de Gueudret, Antoine) ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du XIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 112 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (sous le nom de Gueidret, Antoine ; cité trois fois dont la deuxième sous le numéro 123 et le nom de Guedret, Antoine, la troisième sous le numéro 403 et le seul nom de Guédret) ; Archives de Paris VD6 672 n° 1 Commission des récompenses nationales, jury médical ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, pièces produites par les blessés ; Archives de Paris VK3 14, une pièce en date du 8 mars 1831 ; Archives de Paris VK3 22, relevé des quittances remises à M. le pair de France, préfet de la Seine, par M. Delestre, délégué de la Commission des récompenses nationales, à l’appui des paiements faits aux blessés de Juillet, veuves et orphelins, depuis le 2 février 1831 jusqu’au 31 mai inclusivement ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 7 janvier 1831 et le 22 février 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien) et aussi en date du 22 février 1831, idem Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, propositions honorifiques du 20 janvier 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives de Paris VK3 35, liste des blessés du (ancien) XIIe arrondissement qui se sont présentés devant le jury d’habillement, idem une liste de blessés ; Archives de Paris VK3 45 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/57 (sous le nom de Gueudret, Antoine) ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIIe arrondissement, blessés de la 8e classe.