Guepratte, Pierre, François
Biographie
Contremaître chapelier. Il sortit de chez lui, le 28 juillet vers 8 heures du matin pour aller combattre. Sans armes, il participa au désarmement du poste du Temple puis, ainsi muni d’un fusil, combattit sur la place de Grève. Il tomba, atteint de plusieurs coups de feu dont un au bras droit, près de l’église Saint-Gervais. Allongé sur un brancard, il fut transporté à son domicile. Il y mourut des suites de ses blessures, le 13 août. Il reçut, avant de mourir, un secours de cent quatre-vingts francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel, (sous le nom de Guéprote). Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Il laissait une veuve, Degombert (Degambert sur les listes du Bulletin des lois), Aglaé, Delphine, Marceline, née le 6 germinal an XII à Grandvillers-aux-Bois (Oise), chapelière, qui reçut un secours de trois cents francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel puis qui fut pensionnée de cinq cents francs, et quatre enfants, tous nés à Paris et qui furent pensionnés : Delphine, Marguerite, le 22 mars 1826 (par erreur le 23 mars 1826 in Archives nationales F/1dIII/38 B et in Archives nationales F/1dIII/82), Adolphe, Joseph, le 25 mars 1827 (par erreur le 26 mars 1827 in Archives nationales F/1dIII/38 B et in Archives nationales F/1dIII/82), Louis, Auguste, le 27 décembre 1828 (par erreur le 28 décembre 1828 in Archives nationales F/1dIII/38 B et in Archives nationales F/1dIII/82) et Edouard, le 28 août 1830 (par erreur le 30 août 1830 in Archives nationales F/1dIII/38 B et in Archives nationales F/1dIII/82), et qui devait mourir à l’âge de vingt et un mois. Le conseil de famille des orphelins était composé de la mère et de Scouaille, François, chapelier-garnisseur, subrogé-tuteur, demeurant 4, rue Geoffroy-Langevin en 1831. Delphine et Louis reçurent trois cents francs de frais de trousseau, la première en 1835 et le second en 1836 ; Adolphe, Joseph atteignit sa septième année en 1834 et fut en conséquence pensionné. En 1834-1836, Adolphe, Joseph et Louis, Auguste étaient élèves dans la pension Nyon, 64, rue des Martyrs, moyennant pour chacun le prix annuel de six cents francs, compris l’entretien et le renouvellement du trousseau ; Delphine, Marguerite était élève dans la pension Godard ou Godin, 32, rue Sainte-Avoye en 1833, pour un prix de pension annuel de cinq cents francs ; la Commission de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet rapportait à son sujet qu’elle était adroite, avait beaucoup de mémoire, d’un « caractère très dissimulé et impérieux, très souple avec ses supérieurs ». En avril 1850, les trois orphelins devenus majeurs reçurent leur inscription de rentes : Delphine, Marguerite, épouse de Victor Delahaye, marchand épicier, demeurant 20, rue du Pont-de-la-Réforme ; Adolphe, Joseph, chapelier, demeurant lui aussi 20, rue du Pont-de-la-Réforme ; et enfin Louis, Auguste, meunier, domicilié à Granvilliers-aux-Bois (Oise). La mère de Guépratte, née Philippe, née vers 1773, ne fit pas, par ignorance, valoir ses droits devant la Commission des récompenses nationales, alors qu’ils étaient pourtant incontestables et que le préfet de la Seine assurait qu’elle « était dans la misère et qu’elle avait le plus pressant besoin de secours ». En 1834, la veuve était remariée à Crave, demeurant à Estrées-Saint-Denis. Le 31 mars 1848, elle adressa une lettre à la nouvelle Commission des récompenses nationales, instituée après la Révolution de Février, afin d’obtenir quelques secours, se plaignant de n’avoir jamais eu de réponses aux lettres qu’elle avait adressées au gouvernement déchu pour la répartition de l’argent qui serait resté tous les ans sur les fonds des récompenses nationales et qu’elle voulait voir redistribuer aux plus nécessiteux des secourus de Juillet. Elle décrivait ainsi sa situation : « […] Travaillant à peine trois jours par semaine ; […] la cherté du pain des années précédentes, le manque de travail et les longues maladies m’ont réduit au plus bas. Je suis remariée et trois enfants encore en bas âge, presque toujours malade, cela m’a mis en retard de cent cinquante francs de loyer et cent francs passés de pain. Je suis pour déménager. Si personne ne vient à mon secours je serai forcée de laisser mes meubles en garantie de mes loyers car vous savez comme sont les propriétaires. Ne pouvant pas vivre à Paris et mes enfants toujours malades, je viens de louer une petite maison à la campagne, à côté de mon père. Comme je viens de perdre ma mère, je serai à portée de pouvoir porter quelques soulagements à mon père, qui ne peut plus travailler. Comme il faut que je sois parti les premiers jours d’avril, veuillez avoir la bonté de me faire réponse le plus tôt possible, rapport à mon loyer […]. » Sa demande fut rejetée par la Commission. Guépratte, Pierre, François demeurait 23, rue du Temple ; sa veuve, même adresse en 1831 ; 7, rue Simon-le-Franc puis 6, rue Barre-du-Bec en 1832 ; sa mère, 26, rue du Temple (mais 23, rue du Temple vers 1831 in Archives nationales F/1dIII/82) en 1833 ; la veuve, remariée, 39, rue Quincampoix en 1848 puis à Grandvillers-aux-Bois. Le nom de Guépratte (P.-F. Guépratte) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Premier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 24 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 27 ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 39, p. 67 pour les enfants ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23) ; Archives de Paris VD6 371 n° 4 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831, par la mairie du (ancien) VIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelins du (ancien) VIIe arrondissement, orphelines du (ancien) VIIe arrondissement, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) et état des orphelins de victimes de Juillet dont les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/1dIII/40 (Etat nominatif comprenant huit orphelins de Juillet, qui, pendant le 1er trimestre de 1834, sont entrés dans leur huitième année et dont les pensions doivent être réinscrites au Trésor, au taux de sept cents francs en conformité de l’article 3 de l’ordonnance du 25 août 1830 ; année 1833, VIIe arrondissement, orphelins et orphelines de Juillet, tableau n° 1 indiquant leur âge, la profession à laquelle ils se destinent, l’établissement public ou privé dans lequel ils sont placés ; année 1834, orphelins de juillet 1830 […] qui, ayant atteint ou devant atteindre l’âge de sept ans avant le 1er avril 1834, vont être rayés des registres du Trésor pour le premier secours de 250 francs qui leur avait été accordé et sont susceptibles d’être réinscrits pour de nouvelles pensions temporaires de 700 ou 500 francs, conformément aux ordonnances royales des 25 août 1830 et 13 décembre 1833 ; année 1838 VIIe arrondissement ; année 1839 VIIe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/43 in dossier Beausonnier ; Archives nationales F/1dIII/55 in dossier Farnet ; Archives nationales F/1dIII/57 ; Archives nationales F/1dIII/65 in dossier Marotte ; Archives nationales F/1dIII/69 in dossier Niles ; Archives nationales F/1dIII/74 in dossier Revol ; Archives nationales F/1dIII/82, Comité des pensions, liste de présence, liste des orphelins et aussi un état imprimé comprenant les noms et les secours ou pensions distribués aux veuves, orphelins, ascendants ou blessés du seul (ancien) VIIe arrondissement p. 2-3 état des veuves et p. 4-5 état des orphelins aussi état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIIe arrondissement, veuves et orphelins et aussi Commission des récompenses nationales, état des orphelins de victimes de Juillet, dont il paraît que les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/9/1155 ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet, (ancien) IIIe arrondissement (par négligence de classement) ; Archives nationales F/15/2554 orphelins de Juillet, correspondance, dossiers collectifs ; Archives nationales F/15/2555 feuille de bulletin individuel de Delphine, Marguerite ; Archives nationales F/15/2557-2559 bulletin de surveillance spéciale d’Adolphe, Joseph et dossier (ancien) VIIe arrondissement et lettre en date du 29 mai 1834 et aussi état officiel des orphelins (ancien VIIe arrondissement) et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 82 (sous le nom de Guépratte, Pierre, François), liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841 ; Archives de la préfecture de police AA 381.