Guérin, Guillaume, Antoine

Biographie


Bottier. Sous-lieutenant de la garde nationale de Saint-Mandé. Le 11 octobre 1830, dans une lettre adressée au roi, il sollicitait ainsi des fonds nécessaires à l’utilisation des brevets qu’il avait obtenus : « Heureux d’être de la députation qui vient déposer à vos pieds l’expression des habitants de Saint-Mandé, j’ai saisi avec empressement l’occasion qui me rapprochait de Votre Majesté pour oser lui exposer les faits suivants […] : il y a neuf mois, Sire, après deux ans de pénibles recherches et ruineuses épreuves, je parvins à découvrir une nouvelle chaussure, imperméable, réunissant les avantages d’une chaussure ordinaire, tant pour la solidité que pour l’élégance. Je crus pouvoir, dans cette circonstance, sollicite un brevet d’invention. Je m’adressais donc au ministre de l’Intérieur et je l’obtins. Le rapport de la commission qui fut nommée à cet effet m’est tellement favorable qu’il prouve mieux que moi l’utilité de ma découverte. Ainsi mes labeurs venaient de recevoir un commencement d’indemnité. Mais il m’en restait un bien plus cher à obtenir, c’était l’approbation du public. Pour arriver à ce but, il me fallait les moyens nécessaires pour facilite la fabrication. Bien moins aisé qu’auparavant, par les dépenses inévitables qu’avaient entraînées mes tentatives je ne pus y parvenir depuis cette époque, je ne cessais de m’en occuper. La position de mes affaires devenant de plus en plus critique, mes démarches devinrent infructueuses. Dans cette position, à l’approche de la saison rigoureuse de l’hiver, qui peut me fournir une occasion de dédommagement, je viens réclamer un secours à Votre Majesté pour me mettre à même de faire valoir mon industrie. La justice de ma demande, bien plus que mes titres me fait croire qu’il me sera accordé. En effet, Sire, si des titres étaient indispensables, quels sont ceux que je ne pourrais faire valoir si ce n’est un service militaire en 1814 au 14e régiment de voltigeur de la garde, où je fus blessé deux fois à la bataille de Craonne, le 7 mars, dont je fus marqué par le chef de bataillon pour l’obtention de la croix. Je fus privé de cet avantage par le licenciement de l’armée. J’en fis des réclamations à Louis XVIII, mais qui furent sans réponse. Je ne parle pas de la légère blessure que j’ai reçue dans la mémorable journée du 28 juillet dernier à l’Hôtel de ville, je n’ai fait que ce que tout vrai Français devait faire […]. » Le 7 mai 1830, sous le numéro 2861, on trouve effectivement le dépôt d’un brevet d’invention de cinq ans « pour une chaussure imperméable appelée anti-socque » Il demeurait 52, rue de Charonne en mai 1830 ; à Saint-Mandé en octobre 1830. Archives de Paris VK3 45 ; Description des machines et procédés concernés dans les brevets dinvention, de perfectionnement et dimportation, publiée par les ordres de M. le ministre du Commerce, tome XXX, Paris, chez Huzard, 1836, p. 132 ; Archives des découvertes et des inventions nouvelles pendant lannée 1830, Paris, chez Treuttel et Wurtz, 1831, p. 381.

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