Guérin, Pierre
Biographie
Né le 14 thermidor an II à Lapenty (Manche), fils de Guérin, François et de Boncens, Françoise, cultivateurs. Laboureur à Lapenty. Il avait l’habitude de partir à travailler à Paris comme broyeur de couleurs. Il fut blessé d’un coup de feu reçu dans la poitrine, le 28 juillet sur la place de Grève : « […] Guérin était avec eux, Jean-François Jouault et Pierre Tencé et […], sur la place de Grève, vis-à-vis la rue de la Mortellerie, environ à 4 heures du soir, au moment où on assiégeait l’hôtel de ville, ledit sieur Guérin au moment où il ramassait l’arme d’un particulier qui venait d’être blessé, il fut atteint lui-même d’un coup de feu à la poitrine, qu’eux deux ont aidé à le transporter à l’Hôtel-Dieu. » Il y mourut des suites de sa blessure le 18 août. L’Hôtel-Dieu avait délivré, quelques jours plus tôt en date du 15 août 1830, un certificat pour attester que Guérin, Pierre « a été atteint de deux balles dont l’une a pénétré dans la poitrine à sa partie postérieure et moyenne du côté gauche ; l’autre est entrée dans le bras à sa partie latérale externe ; que ni l’une ni l’autre n’a d’ouverture de sortie et qu’il est probable que le malade succombera bientôt à la suite de ses blessures ». Les frais d’obsèques s’élevèrent à soixante-dix-sept francs et cinquante centimes (vingt francs de convoi, sept francs cinquante de bière et cinquante francs de fosse particulière), qui furent payés par Louis Guérin, et l’Hôtel-Dieu donna vingt francs de participation. Ces frais furent par la suite remboursés par la Commission des récompenses nationales. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Le 17 février 1831, devant le juge de paix du (ancien) IXe arrondissement, comparurent : Jouault, Jean-François (voir ce nom), marchand de couleurs, demeurant 17, rue Saint-Germain-l’Auxerrois ; Tencé, Pierre (voir ce nom), peintre en bâtiment, demeurant 139, rue de la Mortellerie ; Letellier, Joseph, Rémy, (voir ce nom), marchand de meubles, demeurant 4, place du Châtelet ; Dieudonné, François (voir ce nom), poêlier-fumiste, demeurant 74, quai de la Grève. Ils déclarèrent avoir parfaitement connu Guérin, Pierre « que le 28 juillet dernier ledit sieur Guérin était avec eux, Jean-François Jouault et Pierre Tencé et que, sur la place de Grève, vis-à-vis la rue de la Mortellerie, environ à 4 heures du soir, au moment où on assiégeait l’hôtel de ville, ledit sieur Guérin au moment où il ramassait l’arme d’un particulier qui venait d’être blessé, il fut atteint lui-même d’un coup de feu à la poitrine, qu’eux deux ont aidé à le transporter à l’Hôtel-Dieu, où ils l’ont placé salle Saint-Bernard ; qu’ils ont été le voir plusieurs fois pendant sa maladie, dont il est décédé le 18 août dernier, ce qui est à leur parfaite connaissance ; et par les sieurs Letellier et Dieudonné, qu’étant sur la place de Grève le 28 juillet dernier sur les 4 heures de l’après-midi, ils ont vu le sieur Pierre Guérin, qui était déjà connu de l’un d’eux (Letellier), en ramassant le fusil d’un homme qui venait d’être frappé, être atteint lui-même d’une balle à la poitrine, qu’ils l’ont aidé à se relever et qu’ils l’ont vu porter à l’Hôtel-Dieu ». Il laissait une veuve, Jehenne, Louise, Madeleine, née le 29 germinal an V (bien le 29 germinal an V dans son acte de naissance ; mais par erreur le 12 thermidor an V deux fois in Archives nationales F/1dIII/36 et une fois in Archives nationales F/1dIII/38 B ; le 29 germinal an XII sur la couverture de son dossier in Archives nationales F/1dIII/57) à Lapenty, aide-cultivatrice ou journalière, qu’il avait épousée le 22 janvier 1829 à Lapenty ; sur l’acte de mariage, Guérin, Pierre est indiqué comme laboureur, demeurant à Belliardais, commune de Lapenty ; Jehenne, Louise, Madeleine est indiquée comme fille feu de Jehenne, Louis (décédé le 2 prairial an XI à Saint-Hilaire-du-Harcouët dans la Manche), comme étant aide cultivatrice, domiciliée à Saint-Hilaire-du-Harcouët, et de Pioline, Madeleine (ou Pioline, Marie, Madeleine dans l’acte de naissance de Jehenne, Louise, Madeleine) (décédé le 26 novembre 1825 à Saint-Hilaire-du-Harcouët dans la Manche). Le 25 novembre 1830, une lettre de Jouault, était ainsi rédigée : « Monsieur, Je prends la liberté de vous écrire au sujet de la veuve Guérin. Ayant eu affaire dans le pays, je lui ai remis moi-même la somme que vous m’avez remise. Elle m’a dit que si elle avait à espérer un secours plus conséquent, qu’on lui rendrait un grand service, dans le moment-ci, à l’entrée de l’hiver, où elle pourrait avoir quelques provisions. Son mari rentrait vers ce mois-ci, toujours avec cinq ou six cents francs de son travail de huit mois, et son père et sa mère très âgés avaient part au fruit de ses économies. Monsieur, j’entre dans ces détails, ne pouvant m’expliquer de vive voix. Je vous assure que soulagement ne sera pas donné avec plus d’utilité. […] » La veuve fut pensionnée de cinq cents francs (sous le nom de Jelsenne, Louise, Madeleine sur les listes du Bulletin des lois). Il n’avait pas d’enfant. Le nom de Guérin (P. Guérin) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Guérin, Pierre demeurait à la Belliardais en 1829 ; à Lapenty et 6, place de Grève, en garni chez Lebreton, logeur en 1830 ; sa veuve, à Lapenty en 1831. Histoire de ce qui s’est passé dans cet hôpital pendant et après les trois grandes journées, suivie des détails sur le nombre, la gravité des blessures et les circonstances qui les ont rendues fatales, Prosper Ménière, docteur en médecine de la faculté de Paris, ancien chirurgien interne des hôpitaux et hospices civils de la même ville, Heideloff et Canel, Paris, 1830, p. 291 ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 76 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves auxquelles il a été accordé des inscriptions de rentes du IXe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 106 (par erreur sous le nom de Jehenne, née Guérin, Louise, Madeleine) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831, par la mairie du (ancien) IXe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) ; Archives nationales F/1dIII/57 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IXe arrondissement, veuves (par erreur sous le nom de Jehenne, née Guérin, Louise, Madeleine) ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 82, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.