Guérinot, Pierre
Biographie
Ancien militaire, ayant quinze années de service, participé à huit campagnes et reçu neuf blessures, il fut décoré de la Légion d’honneur en 1815. Employé à l’administration générale des contributions indirectes. Il combattit toute la journée du 28 juillet sur le boulevard Bonne-Nouvelle et dans la rue d’Hauteville ; à la fin de la journée, il fit avec Camescasse établir des barricades dans les rues du Faubourg-Poissonnière, Richer, des Petites-Ecuries. Dans la nuit du 28 au 29 il fit partie du poste établi aux Menus-Plaisirs, où il a « concouru au maintien de l’ordre et à la conservation des propriétés ». Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, négociant, demeurant rue de Richelieu n° 91, certifie qu’il est à ma parfaite connaissance que M. Pierre Guérinot, employé au ministère des Finances, demeurant aux Batignolles, rue Lemercier n° 3, s’est trouvé pendant toute la matinée du jeudi 29 juillet dans la rue de Richelieu, où il s’est battu contre l’ex-garde royale. » Signé, le 16 septembre 1830 : Grandcher, demeurant 91, rue de Richelieu. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Les soussignés, habitants des Batignolles-Monceau, certifient que M. Pierre Guérinot, employé à l’administration générale des contributions indirectes, fut un de ceux qui s’armèrent le 29 juillet 1830 pour rétablir le bon ordre et préserver les propriétés du pillage. » Signé, le 5 juin 1831 : Aubry, capitaine de grenadiers ; Quémy aîné, sergent de grenadiers ; Lemercier, médecin ; Roy, A. (voir Roy, Aubin), capitaine adjudant-major ; Chevalier, capitaine des sapeurs-pompiers, chevalier de la Légion d’honneur ; Helaine, propriétaire ; Lemarié, propriétaire ; Remy, Frédéric ; Gaugé ; Guyot fils ; Barbier ; Magnier ; Lathuille, propriétaire ; Billacoy, sergent de grenadiers ; Camescasse (voir Camescase, Victor), décoré de Juillet ; Faverel, capitaine de la 1re compagnie de chasseurs ; Plusot. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, atteste que M. Guérinot, employé à l’administration générale des contributions indirectes, est un de ceux qui s’empressèrent de se rendre à Rambouillet pour en chasser le despotisme qui de là semblait vouloir revenir sur Paris pour nous imposer de nouveau son régime de tyrannie, que, parti le 3 août de Paris, il fut du petit nombre de ceux qui le lendemain arrivèrent à Rambouillet peu après le départ des troupes qui entouraient encore le digne successeur de Charles IX [l’auteur des massacres de la Saint-Barthélemy, N.D.A.]. Il doit déclarer que pendant ces deux jours il a été témoin de plusieurs actes qui témoignent des sentiments de patriotisme et d’humanité dont M Guérinot a toujours été animé. » Signé, le 4 juin 1831 : Symon (voir Simon, Jean-Louis), demeurant aux Batignolles. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, employés de la liste civile, certifions qu’il est à notre parfaite connaissance que M. Pierre Guérinot, employé au ministère des Finances, demeurant aux Batignolles, rue Lemercier n° 3, s’est battu pendant toute la journée du 28 juillet sur le boulevard Bonne-Nouvelle et dans la rue Hauteville contre l’ex-garde royale ; qu’à la fin de la journée il a établi conjointement avec M. Camescasse des barricades dans les rues Faubourg-Poissonnière, Richer, des Petites-Ecuries et qu’enfin il a fait partie du poste qui s’est établi aux Menus-Plaisirs, où il a concouru à maintenir l’ordre et la conservation des propriétés pendant la nuit du 28 au 29. » Signé, le 16 septembre 1830 : Carler, F. (voir Carlier, François, Félix, Gustave, Cornélis), employé à la maison Audry de Puyraveau ; Marguet, garde-magasin du mobilier de la Couronne ; Waseige, employé au mobilier de la Couronne ; Briquet, négociant en produits chimiques, demeurant 6, rue des Messageries. En septembre 1830, il fut nommé receveur particulier des contributions indirectes à Tourcoing (Nord). Le 1er juillet 1831, il écrivit pour solliciter l’obtention de la croix. En effet, sa nomination à Tourcoing l’avait empêché de faire ses démarches auprès de la Commission des récompenses nationales et il voyait tous ses camarades de combat décorés, alors que lui ne l’était pas. Il était père de quatre enfants en 1830. Il demeurait 3, rue Lemercier aux Batignolles en 1830, puis à Tourcoing. Archives nationales F/1dIII/57.