Guichard, Dominique
Biographie
Né le 18 février 1808 à Varsovie (Pologne). On peut lire dans le manuscrit de Victor Crochon le passage suivant le concernant : « [Samedi 31 juillet] Dès le matin, les citoyens réunis à l’Hôtel de ville ou sur la place de Grève purent se convaincre que les troupes de ligne qui, entourées de régiments de la garde, avaient été obligées de suivre le mouvement de retraite du maréchal Marmont, sympathisaient avec le peuple et saisissaient toutes les occasions d’abandonner à elle-même une dynastie pour laquelle ils avaient combattu pendant deux jours avec tant de répugnance. A son arrivée à Saint-Cloud, le 50e avait été détaché à la Ville-d’Avray . Le colonel, M. de Maussion, voyant son régiment dans une désorganisation complète, se décida, le lendemain au soir, à retourner à Saint-Cloud pour remettre le drapeau au roi : il fut accompagné par quelques volontaires et plusieurs sous-officiers. Un détachement de gardes du corps s’apercevant que le gros du régiment ne suivait pas son colonel, veut faire preuve de zèle, le charge et somme le capitaine Vieillecazes de rendre ses armes ; mais ce brave, se plaçant contre un mur, tire son sabre, et leur crie, en les provoquant Venez le prendre si vous l’osez. Le général Vincent, ayant paru au même instant, ordonne aux gardes du corps de s’éloigner. Leur conduite avait exaspéré au dernier point les sous-officiers et soldats du 50e qui attendait avec impatience le moment de se ranger sous les couleurs nationales. L’adjudant Choisy (voir Choisy, François ), Les sergents Binet (voir Binet, Augustin), Guarry (voir sans doute Guari, Jean), Garcin (voir Garcin, Joseph) et Liévin, le fourrier Guichard (voir Guichard, Dominique) se décident à retourner à Paris : ils réunissent deux cent cinquante soldats environ qui applaudissent avec enthousiasme à leur résolution. MM. Dubrat (voir Dubrat, Claude, Louis), capitaine depuis le 4 février 1814, Coulon (voir ce nom) lieutenant de grenadiers d’Anterroches et Desplas (voir Desplas, Joseph, Sébastien) sous-lieutenant se trouvant un peu de distance ces braves sous-officiers leur proposent de se mettre à leur tête : ils acceptent cette offre patriotique avec le plus vif empressement. Le capitaine Dubrat prend le commandement et se met aussitôt en marche pour Montrouge, où il arrive à 10 heures du soir. Les habitants les accueillent en frères et, le lendemain matin, samedi, le maire de cette commune, M. Armand Leullier (voir Leullier, Armand), harangue cette petite troupe et l’accompagne avec un peloton de gardes nationaux jusqu’à la place de Grève. Il était de 7 à 8 heures du matin. On peut se figurer la joie qu’excita la présence de ces officiers et soldats car c’étaient les premiers qui, de leur propre volonté, venaient se placer sous le drapeau tricolore. Le capitaine Dubrat et ses frères d’armes furent présentés au général Lafayette qui les embrassa et leur dit : “Allez fraterniser avec un général qui a versé plus d’une fois son sang pour la patrie.” » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. En 1831, il était fourrier au 50e de ligne. Il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur le 17 janvier 1852, officier le 15 octobre 1855 ; il était capitaine au 58e de ligne en 1852-1855. Il mourut le 26 décembre 1891. Bibliothèque historique de la Ville de Paris, manuscrits, 8-ms-1025, ouvrage de Victor Crochon, f° 774-775 ; Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, Le Moniteur universel 2 mai 1831 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIIe arrondisseéent et liste supplémentaire des décorés de Juillet ; base leonore de la L&gion d’honneur, dossier LH/1227/65.