Guichard, Jean-Michel
Biographie
Né le 13 mars 1788 à Chaillot (ancienne commune plus tard rattachée à Paris). Ancien militaire. Un rapport de la mairie relatait ainsi sa participation aux combats : « Dès le 28 au matin, ce vieux soldat d’Aboukir et de Waterloo, renvoyé du service pour cause d’opinion, revêtit l’uniforme de la vielle garde. S’est trouvé à la rue du Temple au moment où le 50e de ligne a fait feu. Il a coopéré au désarmement des postes et a combattu à la place Baudoyer. Il a combattu le 29 dans les rues Saint-Honoré, Croix-des-Petits-Champs et de Rohan. A tué un sous-officier suisse, il s’est emparé de sa croix. A la rue de Rohan, il fut blessé d’un coup de feu à l’épaule droite et d’un coup de baïonnette à la jambe gauche. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il reçut un secours de vingt-cinq francs, le 23 février 1831, à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il reçut un total de cent trente-cinq francs de secours auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il est répertorié (sous le numéro 1283) dans la liste des demandes diverses posées auprès de la mairie de cet arrondissement, après la révolution. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 27 janvier 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 29, à la rue du Temple, au moment où le 50e a fait feu ; au désarmement des postes à la place Baudoyer. Le 29, à la rue Saint-Honoré, Rohan, Croix-des-Petits-Champs ; a tué un sergent-major suisse décoré, s’est emparé de sa croix ; blessé à la rue de Rohan d’un coup de feu à l’épaule droite et d’un coup de baïonnette à la jambe gauche. Soldat depuis Aboukir jusqu’à Waterloo. Renvoyé du service pour opinion, se remit en uniforme de la vieille garde dès le 28. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 27 janvier 1831, à cinq voix pour la croix, deux voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Dans sa séance du 13 avril 1831, le comité des renseignements, chargé de recueillir des informations sur les différents candidats aux récompenses honorifiques et sur les contestations qu’il pouvait y avoir sur chacun des cas, demandait, sur proposition de Villeret (voir Villeret Antoine Médéric) l’ajournement de toute décision de récompense honorifique à son égard. Dans sa séance du 15 avril 1831, le même comité des renseignements levait la mesure d’ajournement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de cent vingt francs auprès de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il apostilla la demande de Broca, Jean, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des réclamants de la rue Bourg-Labbé, précisant qu’il était décoré et totalisait vingt-huit années de service. En 1830, il était sous-officier sédentaire à la 4e compagnie (mais à la 11e compagnie in Archives nationales F/1dIII/33), caserné rue de l’Estrapade. Il reçut, en 1833 à l’occasion de l’anniversaire des journées de Juillet, une gratification de vingt-cinq francs à titre de décoré de Juillet. Il avait un fils, Noël, Désiré, né le 2 février 1826 (ou le 30 janvier 1826 dans son certificat d’exemption parce qu’il était frère d’un militaire) de son mariage avec Dupuis, Marie-Louise, qui fut enfant de troupe pendant dix ans à la 4e compagnie des vétérans, puis monteur en bronze. En 1848, il était employé au théâtre historique et sollicita une place de surveillant dans un château ou un jardin national, tel que le jardin des Tuileries ou le Jardin des plantes. Il se présentait comme le seul soutien d’un « vieux militaire et décoré de Juillet » qui n’avait d’autre soutien que lui. Il joignait à sa demande plusieurs certificats. Le premier certificat ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que le citoyen Guichard, Noël, Désiré, a à sa charge son père, ancien militaire, retiré sans pension, couvert de blessures, décoré de Juillet, qui est hors d’état de pourvoir à sa subsistance. Nous certifions en outre que ce jeune homme est digne d’obtenir l’emploi qu’il sollicite, tant par sa bonne conduite et sa sagesse dont il fait l’admiration dans le quartier du Temple qu’il n’a jamais quitté et que ses père et mère habitent depuis trente-trois ans, qu’il a été un des premiers à travailler aux barricades et qu’à celle de la rue Forez il a été blessé par un pavé qui lui a écrasé les deux pouces. Par suite de cet accident, il est resté vingt jours sans pouvoir se servir de ses mains. Sa modestie aurait laissé ignorer ce fait s’il s’agissait ici de récompense, nous n’en faisons mention que pour faire honneur aux sentiments patriotiques. » Signé, le 3 avril 1848 (pour les signatures lisible) : Garnier, demeurant 6, rue Beaujolais ; Choichilion ; Petit ; Bernard ; Douvel ; Bourdet-Deslongchamps ; Leclerc ; Beauvais, demeurant 7, rue Beaujolais ; Bordeaux ; Marin père ; Marin fils. Sa lettre était suivie de deux apostilles. La première apostille, ainsi rédigée : « Je, soussigné, médecin de la faculté de Paris, délégué des décorés de Juillet du (ancien) VIe arrondissement, certifie que le citoyen Guichard, Noël, Désiré, a été blessé dans nos mémorables journées de Février, ce qui le recommande tout particulièrement à nos amis politiques. » Signé : Parent-Aubert (voir Parent-Aubert, Philippe, Joseph). La seconde apostille, ainsi rédigée : « Je certifie la réalité du contenu. Je me joins donc de grand cœur pour appuyer le pétitionnaire qui m’est connu pour un homme digne et honorable. Jamais rien de défavorable ne m’est parvenu sur son compte. » Signé : Lesage-Picoux, J., pharmacien, administrateur du bureau de bienfaisance de la Caisse d’épargne. Un certificat de bonne vie et mœurs et comme quoi il jouissait d’une excellente réputation, lui fut délivré par le commissaire de police du quartier du Temple. « Je, soussigné, contrôleur général du Théâtre historique, certifie que le sieur Guichard, Noël, Désiré est employé depuis un an comme contrôleur audit théâtre et que je n’ai jamais eu qu’à me louer de son zèle et de sa probité. » Signé, le 3 avril 1848 : Merle. Il fut recommandé par la Commission pour un emploi de surveillant dans un jardin national. Son fils demeurait 1, rue du Puits-Vendôme, quartier du Temple, en 1848 (et sans doute depuis vingt ans selon un certificat de police). Il reçut un secours en 1849, un secours de soixante francs en 1850, en 1851 et en 1852, à titre de décoré de la Croix de Juillet. Il mourut en 1856 ; sa veuve, née Dupuis, toucha un secours de quarante francs chaque année entre 1857 et 1860, cinquante francs en 1861, de nouveau quarante francs chaque année entre 1862 et 1870. Il demeurait 6, cité Boufflers dans le quartier du Temple en 1849-1850 ; 3, enclos du Temple en 1851-1852. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du XIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 88 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) XIIe arrondissement (qui ne sont pas des listes définitives) (sous le nom de Guichard, Jn, Ches) ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, liste nominative des blessés de la 1re classe qui ont reçu de la douzième mairie le secours définitif de cent vingt francs provenant de la répartition des fonds de la souscription nationale ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, liste des demandes diverses ; Archives de Paris VK3 18, liste nominative des blessés de la 1re classe qui ont touché à la douzième mairie le secours définitif de cent vingt francs provenant de la répartition des fonds de la souscription nationale ; Archives de Paris VK3 19, Liste nominative des blessés de la 1re classe qui ont touché à la douzième mairie le secours définitif de cent vingt francs provenant de la répartition de la souscription nationale ; Archives de Paris VK3 22, relevé des quittances remises à M. le pair de France, préfet de la Seine, par M. Delestre, délégué de la Commission des récompenses nationales, à l’appui des paiements faits aux blessés de Juillet, veuves et orphelins, depuis le 2 février 1831 jusqu’au 31 mai inclusivement ; Archives de Paris VK3 29, séance du 13 avril 1831, séance du 15 avril 1831 (sous le nom de Guichard, Jn, Ches) ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 27 janvier 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 27 janvier 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F/1dIII/33, Commission des récompenses nationales, liste générale de présentation et de nomination de sous-officiers (sous le seul nom de Guichard) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés et non blessés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/57 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) XIIe arrondissement, blessés de la 1re classe ; Archives de la préfecture de police AA 369, Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 10.545 francs pour être répartie entre 210 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, ladite somme imputable sur le budget du ministère de l’Intérieur, exercice 1849, minute 43 et minute 46, idem Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet 1830, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 20 mai 1850, minutes 105-109, idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199, idem Proposition d’accorder à 130 décorés, veuves et blessés de juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 225-229, en date du 19 juin 1852 ; Archives de la préfecture de police AA 375 in dossier Broca, Jean ; Archives de la préfecture de police AA 391 ; Archives de la préfecture de police AA 420, Préfecture de police, août 1833, Etat nominatif des brevets déposés à la caisse de la préfecture de police par MM. les décorés de Juillet qui ont reçu une gratification de vingt-cinq francs, lesquels brevets leur ont été rendus ainsi qu’il est justifié par les émargements des titulaires.