Guignet-Emo, Jean-Baptiste, Louis (et aussi Guignemot sur les listes du Bulletin des lois et Guiguemot sur celles du Constitutionnel)

Biographie


Relieur chez Chapron, chez lequel il travaillait depuis trois ans après y avoir été apprenti. Il fut blessé d’un coup de feu reçu dans la cuisse droite, le 28 juillet quai des Quatre-Nations. Amputé le 25 août, à l’hôpital de la Charité, il mourut des suites de l’opération le 28. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Xe arrondissement. Le 14 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) Xe arrondissement, comparurent : Chapron, Jean-Louis, Victor, papetier-relieur, demeurant 30, rue de Seine-Saint-Germain ; Huet, Pierre, Alexandre, marchand de vin, demeurant 7, rue de l’Egout ; Barthelemy, Charles, Alexandre, marchand corroyeur, demeurant 8, Petite-Rue-Taranne. Ils attestèrent que Guignet-Emo, Jean-Baptiste, Louis « a été blessé le 28 juillet 1830 sur le quai des Quatre-Nations et a eu par suite des blessures la cuisse amputée le 25 août et est mort le 28 août 1830 à l’hospice de la Charité des suites de l’opération » ; ils attestèrent accessoirement le nom véritable de Guignet-Emo, Jean-Baptiste et non Guignemot comme d’ailleurs lui-même signait et comme il était inscrit dans son acte de naissance ; la faute en incombait à sa mère, précisaient-ils, qui ne savaient ni lire ni écrire ; de la même manière, ils attestèrent que cette dernière se prénommait Jeanne, Françoise et non Marie, Françoise. Il laissait une mère, Guignet-Emo, Jeanne, Françoise, née le 6 janvier 1785 à Paris (elle-même fille de Guignet-Emo, Philibert, domestique, et de Cochepin, Marie, Jeanne, son épouse), qui reçut un secours de soixante-dix francs et un autre de cent soixante-cinq francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le 16 mars 1831, le maire du (ancien) Xe arrondissement lui délivra un certificat pour attester qu’elle était « dans un état nécessiteux et a perdu tous ses moyens d’existence depuis qu’elle n’est assistée par son fils ». Elle produisit les deux certificats suivants. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, déclare par le présent que dame Guignet-Emo demeure dans ma maison, Petite-Rue-Taranne n° 8, depuis cinq ou six ans ; qu’elle est dans un état de misère absolue depuis la mort de son fils, qui était son unique soutien. » Signé, le 11 mars 1831 : illisible. Le second certificat, ainsi rédigé : « Je déclare que je ne connaissais à la dame Guignet-Emo que son fils pour soutien ; qu’il a été pendant quatre années apprenti chez moi et qu’il y a travaillé à la suite trois années sans interruption ; qu’il est mort à la suite des blessures qu’il a reçues dans les journées de Juillet. » Signé : Chapron, Victor. Suivait l’apostille d’Aumont (voir Marie dit Aumont, Joseph, Bonaventure), demeurant 55, rue de Seine. Elle fut pensionnée de deux cents francs et sans doute aussi reçut une rente auprès de la Commission de la souscription nationale selon Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, dossiers individuels. Il était aussi le soutien d’une tante. En octobre 1831, malade à l’hospice de la Charité, la mère donna procuration à sa sœur, Gochepin, Augustine, pour toucher en son nom « la somme de seize francs qui lui était accordée chaque mois à titre d’indemnité comme mère de Louis, Baptiste Guinemot ». Il demeurait chez sa mère, 8, Petite-Rue-Taranne depuis 1824 ou 1825 ; sa mère, toujours 8, Petite-Rue-Taranne en 1831. Le nom de Guignet-Emo (J.-B.-L. Guignet-Emo) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 63 ; Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 68 ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, Etat nominatif des ascendants dont les bulletins individuels ont été remis le 4 octobre 1831 au bureau de la souscription nationale à la préfecture de la Seine (sous le nom de Guignemot), une feuille volante avec la liste des ascendants du Xe arrondissement, idem dossiers individuels, idem Citoyens dont les noms sont inscrits au Panthéon ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/57 ; Archives nationales F/1dIII/82 état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (sous le nom de Guignet-Emo, Jean-Baptiste, Louis) et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Xe arrondissement, ascendants ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 82 (sous le nom de Guignet-Emo, Jean-Baptiste, Louis), liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

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