Guilhemané, Jean-Baptiste
Biographie
Né le 28 mars 1813 à Montfort (Landes), fils de Guilhemané, Dominique, tailleur d’habits, et de Ducasse, Catherine, son épouse. Domestique chez Caussade, 27, rue du Martrois. Son patron, lui délivra, en date du 21 décembre 1830, le certificat suivant pour attester les circonstances dans lesquelles il avait été blessé : « Je, soussigné, certifie que Jean-Baptiste Guilhemané, mon domestique, ayant été envoyé par moi faire une course le 28 juillet, fut entraîné par l’enthousiasme qui régnait dans ce moment parmi la classe ouvrière, se réunit à une troupe de citoyens et se porta avec eux le jour même dans différents endroits et, le lendemain, se dirigeant à l’attaque du Louvre, reçut une blessure sur la place Saint-Germain-l’Auxerrois (ou rue de l’Arbre-Sec in Archives de Paris VD6 172 n° 6). N’ayant pu être dirigé chez moi, vu le danger qu’il y avait, on le transporta à l’Hôtel-Dieu, où il a été soigné. » La scène se passait vers 9 heures du matin : il eut la jambe droite traversée par une balle et fut transporté sur le parvis de l’église. Le certificat suivant attestait aussi les circonstances dans lesquelles il avait été blessé : « Nous certifions que le nommé Jean-Baptiste Guilhemané a eu la jambe droite traversée par une balle venant de la colonnade du Louvre, le 29 juillet à 9 heures du matin ; il a été ramassé sur la place Saint-Germain-l’Auxerrois. C’est chez nous que le premier appareil a été posé sur sa blessure. Il a été ensuite transporté à l’Hôtel-Dieu. » Signé, le 20 décembre 1830 : Vallé et Bourmiche (voir ce nom), marchands de couleurs, demeurant 3, rue de l’Arbre-Sec. Il fut soigné à l’Hôtel-Dieu, jusqu’au 3 septembre, date où il sortit sur sa demande. Aîné d’une famille de huit enfants, il sollicita auprès du roi, en novembre 1830, quelques secours afin de venir en aide à son père : « Mon père est sans fortune et sans emploi, il n’avait d’autres ressources que de moi-même, en lui apportant le fruit de mon travail pour subvenir à élever à l’entretien de notre famille. Les trois journées de Juillet m’ont fourni l’occasion, quoique jeune, d’être utile à ma patrie, le 29, pour la prise du Louvre. Cette journée, j’ai été blessé grièvement à la jambe droite, d’une balle qui m’a mis hors de combat. Transporté à l’hospice de l’Hôtel-Dieu, sans connaissance, où j’y ai resté un mois ; de là, transporté à l’ambulance de Saint-Cloud, où j’y ai encore resté deux mois. Ma blessure est incurable, sans pouvoir me livrer à aucun travaux pénible à pouvoir soulager l’infortune de mon père, afin de pouvoir alléger le poids de son infortune […]. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Admis dans la 3e classe des blessés, il fut pensionné de trois cents francs. Soigné par le docteur Fischer, Antoney, Lax, il signa un certificat en sa faveur. Son père reçut un secours de soixante-quinze francs en 1853, au titre de père d’un médaillé pensionne de Juillet. Il demeurait 27, rue des Martyrs en 1830 (17, rue des Martyrs in Archives de Paris VD6 172 n° 6 mais aussi 18, rue du Cherche-Midi en novembre 1830 toujours in Archives de Paris VD6 172 n° 6 et surtout in Archives nationales F/1dIII/39 ; demeurait 27, rue des Marthois in Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension) ; 3, rue des Vieilles-Tuileries en 1831 ; son père 24, rue Buffault en 1853. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 68 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la 3e classe auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 95 ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 (sous le nom de Guilmanet, Jean-Baptiste bien son dossier à Guilhemané, Jean-Baptiste), idem in dossier Fischer, Antoney, Lax ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 7 décembre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement et par la caisse municipale, pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/57 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IIe arrondissement, blessés de 3e classe ; Archives de la préfecture de police AA 369, Proposition d’accorder à soixante-deux décorés et veuves de décorés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 3.425 francs, minutes 266-268, en date du 10 février 1853.