Guillemot, Pierre
Biographie
Né le 12 mai 1799 à Festalemps (Dordogne). Médecin, reçu le 9 août ou le 4 septembre 1824 à la faculté de Paris. Il adressa, le 30 août 1830, à la Commission des récompenses nationales le récit suivant sur le fonctionnement de l’ambulance qu’il avait ouverte à la Halle aux draps pour soigner les blessés : « Nous avons l’honneur de vous transmettre l’état des blessés qui ont été recueillis à l’ambulance de la Halle aux draps depuis le 29 juillet jusqu’à ce jour (état absent du dossier, N.D.A.). En vous rendant compte du service de cet établissement et de la mission dont nous nous sommes chargés, nous vous donnerons les moyens d’en connaître l’importance et de juger de sa valeur. Placée au centre des quartiers théâtres de nos sanglantes luttes, la halle aux draps devait devenir un précieux asile pour nos blessés. Aussi lorsque sa destination fut connue, un grand nombre s’y transportèrent-ils ou furent apportés pour y recevoir les secours de l’art. De cette affluence des malades, il a dû résulter d’involontaires omissions dans l’inscription de leurs noms et il n’a été possible de prendre note que des blessés qui ont séjourné au moins vingt-quatre heures. Quant à ceux qui, plus grièvement blessés, ont été évacués sur les hôpitaux, leurs noms doivent plus naturellement se retrouver sur les registres de ces établissements. La même observation s’applique à ceux qui, quoique blessés, ont continué de combattre ou ont dû se retirer à leurs domiciles. Ils doivent être désignés sur les états de leurs arrondissements respectifs. Parmi ces derniers, beaucoup ont refusé de livrer leurs noms, nous n’avons pas cherché à en apprécier le motif. Dans la deuxième classe, les blessés ont constamment reçu nos soins depuis le 29 juillet jusqu’à ce jour, soit à l’ambulance de la Halle aux draps soit à leur domicile. Créé sous l’inspiration du moment et pour les besoins d’un jour, cet établissement a reçu entre nos mains une nouvelle destination, en devenant un centre de ressources pour les blessés du quartier des marchés. L’abondance du linge et de la charpie, une pharmacie (à retrouver) et une herboristerie (à retrouver) mises à notre disposition nous ont permis de pratiquer la chirurgie et d’exercer la médecine chez les blessés avec des avantages que la fortune peut à peine obtenir. Les blessés aux membres supérieurs, lorsque la plaie était simple et sans accident, sont venus matin et soir se faire soigner à l’ambulance. La guérison en a singulièrement diminué le nombre. Deux seulement réclamèrent une prolongation de soins. L’un est le sieur Duhéron (vor Duhéront, Didier, Henri), qui a reçu un coup de feu, avec ouverture de l’articulation du coude, et l’autre est le sieur Hallé Hameth (voir Aly-Hamet), dont la main droite a été mutilée par un biscayen. Les blessés aux membres inférieurs ont été visités par nous à domicile, comme ceux dont les plaies ont été affectées de complications fâcheuses. Le service du dehors a été le plus fatigant et le danger des blessures l’a rendu encore plus pénible, par la fréquence des visites que l’état des malades réclamait chaque jour. Pour ne citer que ceux dont la vie a été le plus en péril, les sieurs Collot, Renard, Henri ont été vus jusqu’à trois fois par jour. Ils resteront encore longtemps entre nos mains. Nous avons fait plus. Des hommes célèbres dans la chirurgie militaire ont été appelés pour apporter à nos connaissances les secours de leurs lumières. Tant de sollicitude et de peines n’ont pas été perdues et nous sommes heureux d’annoncer qu’aucun de nos malades n’a succombé et que de près de quarante blessés deux seulement resteront incapables de travailler de leur profession. L’humanité doit beaucoup à M. Matheron, sous-inspecteur de la halle aux draps, d’avoir conçu et exécuté le projet de cette ambulance, d’avoir fait, non sans dangers, transporter les blessés et fourni cet établissement de linge, de charpie, soit par un atelier qu’il avait formé à cet effet soit par les nombreuses sollicitations auprès des habitants de ces quartiers et des cours Batave et Venise illisible. Ces mêmes sentiments de reconnaissance publique doivent également se reporter sur M. Lecanu, pharmacien, et M. le nom est absent, herboriste. L’un et l’autre ont rivalisé de tous leurs moyens pour le bien-être des blessés. En descendant dans une autre sphère, nous n’avons trouvé partout qu’un concours de volontés, d’efforts et de sacrifices. A côté de ces hommes dévoués, doivent se placer surtout Mlle Fanny Barriol (voir ce nom), sa tante et ses cousines, le sieur Abril et son épouse, et Mlle Dumas qui, la première, a soigné les blessés et passé auprès d’eux la nuit du 29 au 30 juillet. Nous avons le regret, Monsieur, de ne pouvoir vous transmettre les noms de deux jeunes élèves en médecine, qui, après avoir vaillamment combattu dans les journées des 27, 28 et 29 juillet, n’ont déposé leurs armes que pour venir offrir les secours de leurs talents. L’un appartient au département de la Haute-Saône et l’autre à celui de la Charente. Dans le tableau que nous venons de vous soumettre, nous aurions désiré confondre nos travaux mais la faveur ayant entre nous marqué une différence nous oblige à les séparer. » Ce récit était apostillé comme « d’une parfaite exactitude », par Matheron, André, sous-inspecteur de la halle aux draps et aux toiles. Il adressa la lettre de recommandation suivante à la Commission : « Lors de ma dernière visite, j’ai saisi l’occasion de vous désigner comme méritant une récompense nationale M. Barret (voir Barret, Claude, Théodore), rue des Déchargeurs n° 10, qui a eu la modestie de ne pas présenter ses droits. Le souvenir que vous avez eu de son nom lorsque je vous en ai parlé m’avait fait espérer qu’on avait déjà appelé votre attention sur lui. Mais il paraît qu’il y a eu oubli à son égard, il n’a point été appelé au jury des récompenses nationales. Je vous prierai donc de réparer l’omission qu’on a commise dans les renseignements qu’on vous a donnés des illisible qui ne se sont point fait connaître. » Guillemot sollicita une place de médecin au Bureau central d’admission dans les Hôpitaux de Paris. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie de cet arrondissement. Il signa un certificat pour attester la blessure et les soins qu’avait reçus Tourtay, François, à l’ambulance de la halle aux draps. Il signa un certificat en faveur de Verdier, Jean, Etienne, pour attester la blessure de ce dernier et les soins qu’il lui avait donnés. Il signa le certificat suivant en faveur de Robert, Pierre : « Le sieur Robert mérite tout l’intérêt de la Commission. Par son zèle à recueillir les blessés dans la journée du 28 juillet dernier, il n’a pas craint d’ouvrir sa maison comme refuge pour les blessés, à une heure où chaque citoyen se renfermait dans sa maison pour sa sûreté. » Il signa un certificat en faveur de Persat, pour attester que ce dernier avait été blessé par une balle morte et soigné à l’ambulance de la halle aux draps. Il signa un certificat en faveur de Romanson, Louis, pour attester que de dernier, atteint d’un coup de feu au poignet, avait été soigné à l’ambulance de la halle aux draps. Il signa un certificat en faveur de Dacheux, Louis, Victor, ainsi rédigé : « Je, soussigné docteur en médecine, certifie que M. Dacheux est venu dans les journées des 29 et 30 juillet dernier offrir des secours à l’ambulance de la halle aux draps et nous apporter de la charpie et quelques médicaments pour nos blessés. » Il signa, le 2 août 1830, un certificat en faveur de Kertz, Jean, ainsi rédigé : « Je pense que le sieur Kertz, Jean, tailleur, âgé de vingt-sept ans, demeurant rue de la Grande-Truanderie n° 49, ne peut se livrer à son travail à cause de la blessure qu’il a reçue à la main droite devant le Louvre et qu’il mérite les secours destinés aux blessés, pendant quelque temps. » Il signa, le 26 août 1830, le certificat suivant en faveur de Jeanson, Alexandre : « Je, soussigné, docteur en médecine, certifie à tous qu’il appartiendra que le sieur Jeanson, Alexandre, père de deux enfants, maçon, demeurant rue de la Verrerie n° 12, a reçu un coup de feu au bras gauche à son tiers inférieur et postérieur dans la journée du 28 juillet dernier, sur le marché Saint-Jean. Cette blessure, qui comprend la masse charnue du triceps brachial, rend les mouvements de l’avant-bras très douloureux et difficiles, que cette difficulté dans le jeu de l’articulation pourra subsister longtemps après la guérison de la plaie, que le susnommé après avoir reçu les soins de l’ambulance du cloître Saint-Merri, a été obligé après vingt jours de séjour dans cet hospice, d’en sortir et qu’il est venu réclamer nos soins à l’ambulance de la halle aux draps, que nous lui continuerons jusqu’à la guérison. » Il signa, le 21 septembre 1830, le certificat suivant en faveur de Lauvel, Victor, Joseph : « Je, soussigné, docteur en médecine, certifie à tous qu’il appartiendra que M. Lauvel, Victor, Joseph, demeurant rue du Jardinet n° 4, clerc en médecine, s’est présenté à l’ambulance de la halle aux draps, le 29 juillet dernier, pour nous aider dans les pansements des blessés, qu’il s’est acquitté avec zèle et activité des devoirs qu’il s’était imposé relativement à ce service pendant les trois jours suivants. » Il comparut, le 14 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIe arrondissement, pour attester connaître parfaitement Henrycoul, Pierre et savoir qu’il avait « été blessé le 29 juillet dernier à l’attaque du Louvre, au pied gauche, d’une balle de fusil, en combattant contre la garde royale pour la cause de la liberté ». Il signa, le 9 juillet 1831, le certificat suivant en faveur de Robert, Joseph, Alexandre, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Je, soussigné, docteur en médecine, certifie à tous qu’il appartiendra, que M. Robert, Joseph, Alexandre, élève en médecine, demeurant rue Saint-Dominique-d’Enfer n° 10, s’est présenté à l’ambulance de la halle aux draps, le 29 juillet 1830, pour donner, comme élève en médecine, des soins aux blessés des 28 et 29 ; que nous avons accepté cette offre ; que nous avons eu lieu d’applaudir à son zèle et à son talent dans la nuit du 29, 30, 31 juillet ; que nous avons vu avec regret toute la négligence de M. Robert à faire valoir les droits incontestables qu’il avait acquis dans ces journées auprès de la Commission des récompenses nationales. » Il soigna Pradeau, Jean à l’ambulance de la Halle aux draps. Il délivra, en 1835, un certificat qui constatait que la blessure qu’avait reçue en juillet 1830 ce dernier « ne lui a pas permis de travailler comme auparavant de son métier de maçon ». En 1837, il attestait que la balle morte que le même Pradeau avait reçue sous la clavicule droite, avait « produit dans les organes de la respiration des désordres assez graves pour avoir détruit sa santé ». Il demeurait 6, impasse des Bourdonnais en 1830-1833 ; 3, rue Bertin-Poirée en 1838. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 277, idem in dossier Dacheux, Louis, Victor ; Archives de Paris VD6 278 in dossier Tourtay, François, in dossier Verdier, Jean, Etienne, in dossier Romanson, Louis ; Archives de Paris VD6 281 n° 1 in dossiers Robert, Pierre et Persat ; Archives de Paris VD4 11 pièce 3161 Liste des médecins et chirurgiens, docteurs en médecine et en chirurgie, officiers de santé et sages-femmes qui ont fait enregistrer leurs titres aux secrétariats de la préfecture de la Seine et des deux sous-préfectures du département de la Seine, jusqu’au 31 mai 1833, idem pièce 3164 Préfecture du département de la Seine, Liste des médecins et chirurgiens, docteurs en médecine et en chirurgie, officiers de santé et sages-femmes, dressée le 31 décembre 1838 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/58 in dossier Henrycoul, Pierre ; Archives nationales F/1dIII/59 in dossier Jeanson, Alexandre ; Archives nationales F/1dIII/73 in dossier Pradeau, Jean ; Archives de la préfecture de police AA 395 in dossier Kertz, Jean ; Archives de la préfecture de police AA 397 in dossier Lauvel, Victor, Joseph ; Archives de la préfecture de police AA 411 in dossier Robert, Joseph, Alexandre.